samedi 22 janvier 2011

Céline, cet écrivain maudit


50 ans après sa disparition, revoilà Luis-Ferdinand Destouches, dit Céline, qui revient hanter l’univers littéraire français.
Alors que son nom figurait sur la liste des célébrations nationales pour 2011, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand, au nom des valeurs de la république, a décidé de retirer l’auteur des prochaines commémorations.
Ceci, afin de stopper la polémique qui enflait de jour en jour, au risque de nous replonger dans les heures les plus sombres de l’histoire de France.
Qui était donc cet écrivain que certains qualifient d’auteur de génie et d’autres de pourriture infâme ?
Jamais sans doute un auteur n’aura suscité à la fois autant d’engouement et d’indignation.
Son extraordinaire premier roman publié en 1932, “Voyage au bout de la nuit“, lui aura valu une immense notoriété et une vague de commentaires sans précédent dans la critique littéraire française.
La description d’un monde dominé par l’abject, la boucherie et l’absurdité de la première guerre mondiale, la colonisation et ses travers immondes, la misère et la médiocrité humaine dans son sens le plus absolu, et l’emploi d’un vocabulaire ordurier, révolutionne l’univers littéraire des années 30.
Dans le contexte de l’époque, le choc est terrible et il est impossible de rester indifférent ou en marge du sujet.
On prend violemment parti pour ou contre Céline.
Cependant, il n’y a là pas encore matière à lui vouer une haine tenace, provenant du fin fond des entrailles.
C’est à l’aube de la seconde guerre mondiale, que Céline va révéler une personnalité immonde par la publication de nombreux pamphlets marqués par un antisémitisme d’une violence inouïe.
Son attirance pour les milieux d’extrême droite française pro-nazis, son soutien indéfectible à l’Allemagne pendant la guerre et son plongeon dans la collaboration à outrance avec Pétain et l’occupant en feront un paria de la pire espèce.
Céline sera obligé de quitter la France pour éviter des représailles mortelles.
Son étrange amnistie par la suite lui permettra de revenir alors, qu’à mon humble avis, sa place était devant un peloton d’exécution pour avoir encouragé à la haine raciale contre des français et pour avoir trahi son pays en adulant l’ennemie de l’époque et en souhaitant ouvertement la victoire d'Hitler.
On comprendra donc par la suite, au fil des décennies, les nombreuses polémiques que cet homme, somme toute peu recommandable, aura suscitées.
Ceci dit, à quoi bon le nier, d’autres romans parus dans les années 50 auront une nouvelle fois démontré l’immense talent d’écrivain de Céline.
Mais ce génie de l’écriture, qui était un parfait salaud, ne pourra jamais faire oublier son odieux passé.
Dans ce cas bien précis, la mémoire demeure toujours indélébile.
De ce fait, quelques soient les qualités littéraires de cet homme, même si la flamme de la haine ne mène jamais nulle part, commémorer un tel individu aurait été une insulte insupportable à la mémoire de ceux qui ont été massacrés pour leur appartenance à une certaine communauté, et aux hommes et aux femmes qui ont donné leur vie pour libérer leur pays du joug nazi.
Monsieur Serge Klarsfeld, inlassable défenseur de la cause juive, aura sans doute œuvré avec, comme d’habitude, beaucoup de passion pour influencer le ministre de la culture dans sa prise de décision.
Si je soutiens sans réserve son combat dans cette affaire, je regrette néanmoins que Monsieur Klarsfeld, grand flic de la pensée s’il en est, soit beaucoup moins regardant lorsqu’Israël commet des crimes contre le peuple palestinien.
Et ce silence coupable, qui dénote un art certain pour l’indignation sélective, amoindri considérablement le crédit qu'on pourrait lui accorder.
Mais cela est un autre débat et Céline restera, heureusement, à la place qui est la sienne, six pieds sous terre.

7 commentaires:

  1. Ton portrait de Céline me semble juste même si je ne serais peut-être pas allé jusqu'à l'envoyer devant un peloton d'exécution comme tu l'aurais souhaité.
    L'homme était franchement détestable mais s'aimait-il vraiment lui même ? On ne pourra malheureusement jamais rien contre le fait que ce soit Céline qui ait écrit un aussi fabuleux roman JUSQU'AU BOUT DE LA NUIT.
    J'ai bien aimé ton petit commentaire sur Klarsfeld. Les seules causes que ce monsieur ait jamais su défendre avec âpreté est la cause juive. Le reste, pour lui ce n'est qu'un point de détail de l'humanité comme dirait un fameux homme politique qui vient juste de prendre sa retraite.

    RépondreSupprimer
  2. Céline, ce génie de l'écriture qui était un parfait salaud, c'est exactement comme ça que j'aurais qualifié ce triste personnage qui reste quand même une sacrée épine dans la littérature.

    RépondreSupprimer
  3. Klarsfeld grand flic de la pensée ??
    C'est sur qu'avec un tel personnage, si on le laisse faire, nous n'aurons même plus le droit de lire "Jusqu'au bout de la nuit".

    RépondreSupprimer
  4. Oui, Céline était un auteur de génie mais il est impossible de dissocier son sublime roman, Voyage au bout de la nuit, de ses terribles opinions politiques et raciales avant, pendant et après la seconde guerre mondiale. Dans beaucoup de pays autre que la France il aurait fini ses jours en prison.

    RépondreSupprimer
  5. De tout façon la polémique n'a plus de raison d'être puis que le ministre de la culture a décidé que Céline était viré.

    RépondreSupprimer
  6. Céline était un écrivain fabuleux et en toute honnêteté son comportement envers les juifs et sa sympathie pour Hitler et les allemands, je m'en moque comme de ma première chemise. Ce qui m'interesse c'est le talent de l'auteur et celui ci il est vrai et exempt de toute polémique et arrière pensée. Il est de bon ton de critiquer Céline, de s'indigner sur son comportement et de l'insulter pour respecter le politiquement correct mais le politiquement incorrect c'est aussi jouissif à certaines occasions. Il permet de dire réellement ce qu'on pense et sans ambiguité. Bon Mr Phemga, si vous avez un esprit libéral, vous ne me censurerez pas. Au nom du droit à donner son avis sur les choses de la vie.

    RépondreSupprimer
  7. Israël commet des crimes contre le peuple palestinien? Méfiez vous, on a taxé des gens d'antisémite pour moins que ça. Il y a des tabous qu'il est préférable de ne jamais franchir même s'ils constituent une vérité indiscutable.

    RépondreSupprimer