vendredi 28 janvier 2011

Gabon : La pantalonnade d'André Mba Obame


Il faut avouer que Monsieur Mba Obame aura surpris tout le monde en s'autoproclamant président de la République Gabonaise le 25 janvier dernier et en formant un gouvernement parallèle.
On peut se demander qu'est-ce qui est passé par la tête de cet homme, pourtant très intelligent,  pour procéder à un tel acte presque un an et demi après le résultat du scrutin présidentiel qui a désigné Monsieur Ali Ben Bongo président de la République Gabonaise.

Pour rappel, les résultats que l'on dit officiels des 3 principaux acteurs politiques, entérinés par la Cour constitutionnelle étaient les suivants :
Mr Bongo 41.79%
Mr Mamboundou 25.66%
Mr Obame 25.33%

Il paraît évident que les évènements en Côte d'Ivoire et en Tunisie auront donné quelques idées saugrenues à Monsieur Bma Obame.
Mais c'est surtout un documentaire de France 2 sur la françafrique qui aura exacerbé toutes les attentions de celui-ci puisqu'un personnage haut placé de la diplomatie française aura reconnu que les résultats des élections présidentielles avaient été inversés au profit de Monsieur Bongo qui n'aurait obtenu que 37% des voix contre 42% pour Monsieur Bma Obame.
André Mba Obame a toujours crié qu'il était le vrai gagnant des élections présidentielles gabonaises en août 2009 mais, en toute objectivité, s'autoproclamer président de la République, 17 mois après les faits, n'est pas sérieux et donne l'impression qu'on assiste à une véritable mascarade qui pourrait faire sourire s'il ne s'agissait pas des destinés d'un pays.
Monsieur Mba Obame aurait été beaucoup plus crédible et moins ridicule aux yeux de la communauté internationale si cette auto proclamation s'était décidée quelques jours ou quelques semaines après la tombée des résultats alors que les voies légales de recours sont désormais épuisées depuis fort longtemps.
A cette période troublée du Gabon, en août et septembre 2009, qui a vu surgir des émeutes, essentiellement à Port-Gentil, son combat contre une éventuelle magouille électorale aurait trouvé des oreilles bien plus attentives.
En agissant de la sorte, André Mba Obame s'est montré totalement contre productif.
Son parti, l'Union Nationale, vient d'être dissout par le gouvernement gabonais et il a donné par la même occasion toutes les armes au président Bongo pour se débarrasser de l'un de ses principaux opposants politiques, laissant ainsi les mains encore plus libres à ce dernier sur la scène nationale.
Beaucoup rétorqueront que le président Bongo avait déjà les mains libres pour faire ce que bon lui semble dans le pays sans trouver aucune contestation mais tout de même, André Mba Obame représentait un semblant d'opposition qui pouvait titiller de temps à autre l'homme actuellement au pouvoir.
Il est donc difficile de comprendre comment un homme réfléchi et mesuré comme Monsieur Mba Obame a pu se laisser entraîner dans une aventure aussi grotesque et sans lendemain.
Le voilà désormais considéré comme un renégat, dépossédé de son immunité parlementaire et passible d'un procès pour crime de haute trahison.
Certes, il est possible que là où il a trouvé refuge actuellement, dans les bureaux des Nations Unies, un arrangement soit trouvé avec le gouvernement gabonais pour éviter qu'André Mba Obame soit considéré comme un martyr.
Le président Bongo a peut-être tout à gagner sur la scène nationale et internationale en faisant preuve de clémence envers son opposant, tout en lui imposant des directives plus ou moins draconiennes sur la conduite à tenir à l'avenir.
Il faudra donc attendre les jour prochains pour connaître le sort qui sera réservé à André Mba Obame.
Dans notre pays le Gabon, en général, les choses finissent toujours par s'arranger pourvu que certains reviennent à la raison.
Je ne terminerai pas sans reconnaître que l'attitude d'André Mba Obame nous conduit tout de même à nous poser de nouveau des questions sur le résultat réel des élections présidentielles au Gabon en 2009.
Nous avons tous notre idée sur le sujet !
Et même s'il est bien trop tard pour argumenter en la matière, on peut se demander si le peuple gabonais, souvent muet et trop servile, n'a pas raté en août et septembre 2009 l'occasion unique d'entrer dans l'histoire et de faire la révolution de l'okoumé avant celle que nous connaissons bien désormais, celle du jasmin.
Le Gabon a toujours été un havre de paix, contrairement aux pays voisins.
Et sans doute qu'il y a un prix à payer pour préserver cette quiétude qui nous est chère à tous.
Ceci, au nom de la concorde qui ne doit souffrir d'aucune pantalonnade.

11 commentaires:

  1. Cette histoire est quand même bien surprenante tant de mois après les élections. En fait Mba Obame n'est peut-être pas aussi intelligent que ça ou alors extrêmement rusé. On le saura bien assez tôt. En tout cas mon cher Phemga, tu écris de nouveau entre les lignes. Il y a toujours un prix à payer pour tout même si parfois il faut savoir accepter un petit brin de déshonneur pour préserver cet havre de paix dont tu parles.

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  2. Chacun sait que la France a placé Bongo au pouvoir pour préserver ses intérêts stratégiques. Mais la francafrique demeure malgré tout et si Bongo dérape trop, les barbouzes de Sarko se chargeront de le mettre au chômage technique.
    Tout le monde sait qui a gagné les dernières élections, en l'occurrence André Mba Ombame. Bongo le sait aussi et il va devoir calmer le jeu avec Mba Obame. Le mettre en taule risque de lui poser des problèmes avec l'ethnie Fang dont Mba Obame est originaire. Et cette ethnie là est majoritaire au Gabon. On verra donc s'il va commettre cette erreur qui risque de lui couter cher.

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  3. Mba Obame a tenté de créer le désordre dans le Gabon et il faudra qu'il paye la note pour ça. Si on commence à tolérer des choses comme ça tout peut arriver alors. Il faut donc faire un exemple et le punir impitoyablement tout en lui assurant un procès correct quoi.

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  4. Mba Obame est un rigolo. Il va rentrer dans le droit chemin de gré ou de force.

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  5. Ce n’est pas parce que le temps est passé qu’il faut fermer les yeux sur les malversations de Bongo. Le type là a triché et la cour constitutionnelle à sa botte a dit ce qu’il a demandé qu’elle dise un point, un trait. Tout cela n’est pas un mystère et le reportage de france2 dont vous parlez n’a pas révélé des choses que nous ne savions pas avant.
    Vous vous rendez compte, toutes ces décennies sous l’emprise d’une seule famille qui est devenue multi milliardaire en pillant les ressources des gabonais avec la complicité de l’état français. Ce n’est plus acceptable à notre époque.
    La chance de Bongo est que le gabonais n’est pas un combattant. Il supporte encore et encore et croit à toutes les promesses. Il suffit de lui donner un peu de grain à moudre pour calmer ses timides colères. Ce qu’on a vu en Tunisie ne se produire jamais ici.

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  6. Je ne connais pas assez le Gabon pour juger de ce qui se passe mais on n’entend jamais parler de ce pays dans les actualités qui relatent les violences dans la planète.
    Comme vous l’écrivez, le Gabon semble être un havre de paix et il est important de le préserver. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il faut truquer les élections pour cela mais l’Afrique a tellement souffert des guerres que lorsqu’il existe un pays où la paix est bien présente, il est préférable de ne pas tenter le diable.

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  7. Nous assistons tout simplement au résultat survenu suite aux complots de la france en afrique. Elle même est responsable de tout cela et il faudra bien un jour qu’on lui demande des comptes au niveau de l’onu. Le bordel de l’afrique c’est le bordel de la francafrique avant tout et des intérêts occultes de petites et grandes frappes. La famille Bongo n’est que le produit des manigances françaises sur ce continent.

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  8. Vous parlez de pantalonnade.
    Mais la plus grande des pantalonnades n'est elle pas celle que nous a imposé la france depuis 50 ans en désignant les présidents au gré de ses intérêts? Le reportage de france 2 est très éloquent à ce sujet.

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  9. Dans le désert de l'opposition Gabonaise André Mba Obame vient de se mettre hors jeu lui meme au grand plaisir d'Ali Bongo qui n'en demandait pas tant.
    C'est triste pour le Gabon de s'être sabordé de la sorte.

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  10. Ndolé, la france n'est pas responsable de tous les malheurs de la terre. Il faut cesser de tout mettre sur le dos des autres. Le mot pantalonnade est parfaitement adapté à la mise en scène de Mba Obame et pour une fois laissons la france là où elle est. Que vient elle faire dans les conneries de Mba Obame? Il a fait une énorme bourde et il est seul responsable de ses sottises.

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  11. Effectivement il est trop tard pour se lamenter et surtout pour s’autoproclamer président du Gabon.
    C’est bien avant qu’il fallait agir et maintenant la rivière doit suivre son cours.
    On sait comment se passent les élections en Afrique. Rien n’est transparent et c’est celui qui aura le plus de moyens qui parviendra à magouiller le mieux.
    Je vois que par rapport aux chiffres des élections que vous indiquez si les Bma Obame et Mamboundou avaient eu l’intelligence de s’entendre pour désigner un seul candidat, s’en était fini de la saga Bongo au Gabon. Quoique, ce n’est même pas certain puisque le truquage des élections semble être un peu le sport nationale dans le pays comme dans les autres à côté aussi.

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