jeudi 3 février 2011

Affaire Laëtitia : Un rendez-vous dans le monde de l'horreur


Tout le monde était convaincu que Laëtitia,18 ans, était morte et qu'il n'y avait pratiquement plus aucun espoir de la revoir vivante.
Chacun savait qu'on finirait pas retrouver son corps un jour ou l'autre et, au delà de la colère et de la haine, toutes nos pensées, terriblement émues, se dirigeaient vers une famille effondrée de douleur.
Mais personne, vraiment personne ne pouvait imaginer que le monstre qui a tué Laëtitia était capable d'avoir mutilé son corps avec un tel acharnement, une telle abomination.
Il y a des atrocités que l'on ne voit que dans les films d'horreur et on n'imagine pas un seul instant que la fiction puisse rattraper la réalité.
On ne saura sans doute jamais ce qui s'est passé dans la tête de l'innommable et énigmatique Tony Meilhon le jour où il a décidé de commettre son acte insensé et inimaginable pour le commun des mortels.
Pourtant, bien avant ce drame, il était de notoriété publique que ce salopard de la pire espèce, plusieurs fois incarcéré, était excessivement dangereux pour la société. 
Sa propre famille, avant sa libération de prison, avait prévenu la justice qu'il ne fallait pas le remettre en liberté car, forcément, une tragédie allait survenir.
Au vu des antécédents de ce terrifiant personnage, il se pose donc incontestablement le problème du suivi des individus jugés dangereux au moment où ils sont relâchés par la justice après avoir purgé leur peine.
En l'occurrence, dans cette affaire, la justice a gravement failli à ses devoirs.
Cependant, avant de chercher à condamner tel ou tel magistrat ou autre homme de loi qui pourrait être accusé de laxisme,  il serait sans doute plus avisé d'analyser en profondeur le système judiciaire français qui, cela ne fait aucun doute, paraît totalement désarmé lorsque des prédateurs fous, ayant purgé leur peine, se retrouvent de nouveau en liberté.
Contrairement à ce que prétend Monsieur Sarkozy qui est toujours avide de grandes phrases chocs dans les moments d'émotion, cet horrible drame n'est pas seulement issu d'une éventuelle faute humaine mais avant tout d'un dysfonctionnement extrêmement grave d'un système judiciaire dont l'édifice actuel est devenu un réel danger pour la société.
Des réformes importantes s'imposent assurément pour redonner une certaine forme de crédibilité à cette  justice qui a été incapable d'évoluer avec son époque.
A sa décharge, le manque permanent d'effectifs dont elle souffre a considérablement aggravé les choses et ne permet pas toujours le traitement prioritaire de certains cas très sensibles.
Or, dans ce domaine bien précis, la responsabilité du chef de l'état et du gouvernement me semble plus ou moins engagée et ne saurait être ignorée.
Après ce qui vient de se passer, au regard de tant de défaillance, comment avoir confiance désormais en la capacité de la justice à rendre le droit ?
Comment ne pas avoir peur pour nos enfants lorsqu'il existe une chance, même infime, pour qu'un dégénéré, parfaitement connu des services de police et en totale liberté, attende le moment opportun pour frapper ?
Les citoyens que nous sommes, devant les carences de l'état, ne sont-ils pas totalement démunis face à de tels psychopathes au sadisme abject ?
On ne peut pas assurément empêcher nos enfants de vivre leur vie, de s'épanouir au sein même de la société parce que nous craignons sans cesse pour leur sécurité.
Cette existence serait insupportable tant pour nous que pour notre progéniture.
Il existe peu de réponses aux questions posées et malheureusement, il faut nous en remettre au destin et à la chance pour que jamais nos enfants ne croisent la route d'un nouveau Tony Meilhon qui, peut-être, rode déjà quelque part, à quelques dizaines de mètres de ses futures proies, de ce à quoi nous tenons le plus au monde.
Quant à moi, je me demande comment il me serait possible de garder un minimum de lucidité si ma famille était la victime d'un tel boucher.
Je crois qu'en de très rares occasions, la douleur, lorsqu'elle atteint un certain paroxysme, peut transformer un simple père de famille en une bête impitoyable, ivre de vengeance et que rien ne saurait arrêter.

7 commentaires:

  1. C’est terrible cette histoire et j’imagine l’horreur pour la famille qui a du supporter les détails sordides de l’affaire. C’est vrai que lorsqu’on voit une telle situation, on serait tenté de rétablir la peine de mort pour que de tels monstres soient définitivement éliminés. Une refonte du système judiciaire s’impose c’est sûr mais ça on le savait depuis longtemps et rien n’est encore fait dans ce sens. Pauvre France.

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  2. Comme elle était jolie cette jeune fille. C’est si horrible ce qui est arrivé.
    J’espère que le coupable de ce meurtre atroce sera puni comme il le mérite et qu’il ne ressortira plus jamais de prison. Je ne suis pas pour la peine de mort parce que je trouve qu’on n’a pas le droit de prendre une vie sous prétexte qu’une vie a été prise. Il suffit de juger les meurtriers avec une très grande sévérité et de ne plus jamais les laisser en liberté. Nous touchons là le problème de la prison à perpétuité qui n’est jamais à perpétuité puisque les grands meurtriers ne font que 20 ou 25 années de prison.
    Je comprends quand même qu’un père ou une mère qui a subi la perte d’un enfant dans des conditions aussi horribles puisse éprouver le besoin de se venger, surtout si le sentiment que la justice ne fait pas son travail est présent mais je réfute l’idée qu’on commette un crime pour venger un crime.

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  3. Pour moi, dans un tel cas où nous assistons au summum de l’horreur, la peine de mort devrait être rétablie.
    On ne peut pas laisser de tels sauvages vivre même dans une prison où ils sont nourris logés et blanchis par les citoyens que nous sommes grâce à nos impôts.
    Sarkozy a une grande gueule mais il ne fait pas grand-chose une fois que l’émotion est passée.
    On verra donc ce coup ci ce qu’il adviendra de ses grandes décisions à l’emporte pièce.

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  4. C’est un sentiment de dégout qui prévôt devant ce qui est arrivé à cette gamine.
    Dégout pour le meurtrier mais aussi pour la justice qui n’a pas su la protéger.
    Des réformes dans la justice doivent impérativement arriver si on ne veut pas que de telles horreurs se renouvellent souvent.
    Je suis d’accord avec vous, c’est un peu trop facile d’accuser les magistrats alors que c’est le système lui-même qui doit être remis en question.
    Sarko parle souvent trop vite sous le coup de l’émotion.
    Il est possible quand même que des gens paient pour les défaillances du système, histoire de faire un exemple.
    En attendant, il me serait très agréable de passer 5 mn seul avec ce monstre.
    J’ai une foule d’idées dans la tête pour lui faire regretter amèrement son geste.

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  5. Comme vous l'avez souligné, le manque d'effectifs de la justice n'est pas étranger aux quelques manquements enregistrées par ci et là. Mr Sarkozy a beau jeu de vouloir trouver des responsables alors qu'il en fait lui même partie. Il est vrai que le manque d'effectifs de la justice ne date pas du début de la présidence de Mr Sarkozy et qu'il existait bien avant. Il n'aura néanmoins rien fait pour améliorer la situation qui n'a cessé de se détériorer.

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  6. Oui Phemga, Tony Meilhon est comme vous le dites un salopard de la pire espèce.
    On peut comprendre les émotions des uns et des autres mais je ne crois pas que la réponse à la barbarie soit la barbarie.
    Une société moderne doit savoir traiter les cas les plus terribles avec des lois bien ficelées, sans faille. Naturellement, dans l'affaire de cette jeune femme, ce n'est pas le cas et on constate qu'il y a bien des défaillances de la justice qui reconnaissons le, manque cruellement de moyens. Vous l'avez d'ailleurs résumé en terme d'effectifs. Moi aussi je me suis posé la question sur ce que je serais capable de faire si mon enfant était massacré de la sorte par un tueur. Il faut bien avouer qu'il est alors très difficile de raisonner avec un minimum de bon sens.

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  7. Pour ce type de prédateur je ne vois qu'une seule sentence. La peine de mort.

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