dimanche 6 mars 2011

Tunisie : La duplicité des médias français.


Avec la révolution tunisienne, les médias français ont battu des records de bêtises et d’hypocrisie qui dépassent l’entendement et qui donnent le tournis.
Nous avons pu lire et entendre des centaines de fois que la France avait lamentablement raté le début de la révolution tunisienne en ne prévoyant pas les évènements qui allaient survenir et pire encore, on lui a reproché ses bonnes relations avec l’ancien président Ben Ali.
Bref, la France serait subitement devenue un pays aveugle, sectaire, qui se compromettrait avec les dictateurs de la planète et sa diplomatie serait à la rue.
Je souhaiterais bien savoir où étaient ces médias française ces vingt cinq dernières années, alors que Ben Ali était le maitre incontesté de la Tunisie et que les relations avec la France étaient considérées, à l’unanimité, en tout point excellentes.
Où se trouvaient donc ces fameux professionnels de l'information qui aujourd'hui critiquent tant leur pays, lorsque Ben Ali était reçu à Paris avec tous les honneurs dus à son rang ou lorsque ce dernier invitait nos dirigeants, en grandes pompes, dans ses palais palais de Tunis ou d'ailleurs.
Je me souviens parfaitement du ton enivrant des médias hexagonaux qui ne cessaient de vanter les relations exceptionnelles qui prévalaient entre la France et la Tunisie, entre le président Ben Ali et le président français du moment.
Je me rappelle parfaitement les mots dithyrambiques de tous ces médias qui se félicitaient de l’excellence des relations franco-tunisiennes.
En revanche, je n’ai pas gardé en mémoire une quelconque inquiétude concernant le peuple tunisien qui, pourtant, subissait bien ces deux dernières décennies le joug impitoyable de Ben Ali.
Même après le sacrifice de Mohamed Bouazizi, jusqu’à ce que Ben Ali quitte précipitamment la Tunisie, tout allait bien dans le meilleur des mondes et la tyrannie du pouvoir tunisien sur son propre peuple, les médias français, si vertueux, si prompts à condamner l'immoralité, feignaient toujours de l’ignorer.
En l’espace de quelques heures, la presse et les télévisons, sans honte, sans scrupules, ont joué les outragés, les offusqués, les vierges effarouchées, en balayant sans vergogne toutes ces nombreuses années d’excellents rapports entre les deux nations, pour s’attaquer subitement à leur propre pays jusqu’à en faire le paria de la révolution tunisienne, devant même Ben Ali.
Ce comportement, pour le moins troublant, me rappelle amèrement celui des résistants de la “dernière heure“ lors de la libération, à la fin de la seconde guerre mondiale.
Ceux-là même qui, lorsqu'ils n'ont pas joyeusement collaboré avec l'ennemi, ont fermé les yeux sans broncher sur les exactions des nazis et qui, soudainement, s'égaraient dans de piteux excès de zèle, destinés à montrer leur grand amour de la liberté.
Certes, les faits sont différents mais la relative similitude des attitudes comparées me semble édifiante.
Certains grattes papiers ou journalistes de seconde zone, dont beaucoup passent leurs journées assis le derrière dans un fauteuil en parfaite sécurité, se complaisent dans une malhonnêteté intellectuelle qui confine à l’écœurement.
Plusieurs médias français et la presse en particulier, véhiculent de plus en plus des informations au raz des caniveaux, qui égrènent un relent d’égout donnant la nausée.
On assiste désormais régulièrement à une désinformation des faits traités par une manipulation à grande échelle des évènements qui parsèment notre monde.
On part d’un sujet d'actualité réel en falsifiant une partie de la vérité pour allécher le lecteur ou l’auditeur afin de mieux vendre l’information et de créer du sensationnel.
L'objectif principal n’est plus obligatoirement d’informer mais d’émouvoir et de choquer.
Et pour y parvenir, tous les moyens sont employés, les omissions comme les mensonges, pourvus qu'ils soient gobés par la fibre sentimentale du lecteur et de l'auditeur.
On me reprochera, peut-être à juste titre, une trop grande sévérité et de placer l'ensemble de l'univers médiatique sous le sceau de la suspicion.
Je sais qu'il existe d'excellents journalistes qui, chaque jour, risquent leur vie sur le terrain et dont la seule motivation est d'effectuer un travail de grande qualité, dans l'impartialité la plus absolue.
Cependant, dans le traitement de la révolution tunisienne spécialement, il ne me semble pas évident de  mettre en exergue quelques éléments de valeur, à l'intérieur de ce panier de crabes où se débat une forte minorité d'individus qui s'affiche en donneuse de leçons mais qui est dénuée de tout sens déontologique, se moquant de la véracité des renseignements projetés, et dont le seul objectif est de fabriquer de l’audimat ou de vendre son  torchon à tout prix.
Je ne terminerai pas sans défier quiconque de me donner le nom d’un grand pays qui a prévu la révolution tunisienne et qui n’a pas entretenu de bonnes relations avec Ben Ali, donc avec la Tunisie.
En politique et en économie, il n'y a jamais eu de "Madame soleil" mais du pragmatisme, rien que du pragmatisme, confirmant si besoin en était encore, que les pays n'ont pas foncièrement d'amis mais uniquement des intérêts.
Aussi, quelque soit le cinéma que les médias français tentent de nous imposer, souvent non sans arrières pensées politiques, les relations entre la France et la Tunisie continueront de demeurer excellentes malgré  les quelques couacs passés.
Leurs intérêts réciproques sont d'une importance trop vitale pour qu'il en soit autrement.

7 commentaires:

  1. Quel coup de gueule contre le monde journalistique Phemga !
    Il a de plus de plus de fouilleurs de poubelles dans cette profession dont la déontologie est régulièrement mise à rude épreuve.
    Prends garde quand même. On a fait des procès en diffamation pour bien moins que ça. Le monde médiatique est vaste et puissant. C'est vrai que les accusations des médias contre la France sont d'une hypocrisie à vomir.
    Il faut surtout y voir une attaque directe contre Sarkozy qui, il faut l'avouer, a le don de rassembler contre lui toutes les animosités.
    Aujourd'hui, la moindre mémé écrasée sur une route est de la faute à Sarko.
    C'est sans doute la raison pour laquelle, il sera réélu l'année prochaine.....sans ma voix pardon.

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  2. Oui, c'est étonnant cette attaque en règle contre le gouvernement français qui a agi exactement comme les autres gouvernements occidentaux, ni plus ni moins. On sait que la France est le pays de l'auto flagellation. On adore ces guerres internes venues de l'époque de la Gaulle et cela fait bien rire les étrangers. Je suis un peu de l'avis de Rogange lorsqu'il dit que c'est d'abord Sarkozy qui est attaqué dans toutes ces critiques. Vous parlez d'ailleurs vous mêmes d'arrières pensées politiques et je pense que vous faites déjà allusion à cette attaque personnelle. Je regrette tout de même votre trop grande sévérité envers les médias où effectivement vous auriez tendance à généraliser même si vous écrivez bien : "Certains médias"
    Je crois que les journalistes peu scrupuleux, voire véreux sont une minorité en France et non une majorité comme vous sembler l'indiquer.
    J'en conviens néanmoins que dans ce métier il est très facile de manipuler l'information en fonction de ses convictions politiques. Et on peut se demander si la presse française aurait été aussi virulente envers son propre pays si quelqu'un d'autre que Sarkozy était au pouvoir.

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  3. Lorsque des gens ont le pouvoir d'informer il y a souvent des dérives inévitables. Par exemple un journal de gauche ne dire jamais du bien d'un président de droite et vice versa. Or quelque soit le président en place, il y a forcément des choses bien et des mauvaises. En fonction de la tendance politique du journal, il omettra les bonnes choses ou les appuiera. Je crois qu'en fait c'est au lecteur de se faire une idée réelle de ce qui est bon, moins bon ou mauvais en consultant les divers médias de toute tendance confondue et surtout en ne se limitant pas à un seul média dont on sait bien qu'il véhiculera qu'une seule tendance. Pour cela, il faudrait encore que les gens aient suffisamment de lucidité pour être capable de s'informer dans diverses sources et non pas de focaliser sur une seule. Or lorsqu'il s'agit d'ouverture d'esprit, on trouve peu de monde.

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  4. Vous paraissez découvrir que le monde des médias n'est que manipulation. Les médias ont toujours décidé pour les gens de ce qui est bien ou mal. On se laisse manipuler ou on n'est pas dupe, cela dépend beaucoup de l'instruction des gens. On manipulera toujours beaucoup plus facilement les couches populaires que les gens dont le niveau d'instruction est élevé. Attention, je n'ai rien contre les couches populaire. Vous mêmes Phemga dans votre blog vous essayez de faire passer un message. On y adhère ou pas mais votre but est de décrire vos opinions en espérant sans doute que les gens soient en accord avec vous. Consciemment ou inconsciemment vous participez à la manipulation des gens. Je ne dis pas cela méchamment car j'apprécie souvent vos articles mais ceux-ci délivrent, qu'on le veuille ou pas, des idées qui pourraient influencer les gens. Nous sommes donc tous des manipulateurs par excellence. Et qui sait si ici, moi même n'essaie pas de vous manipuler?

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  5. Il faut être gonflé pour oser comparer les médias aux résistants de la dernière heure. Je n'aurais jamais osé. Je reconnais tout de même que la comparaison se discute et qu'elle n'est pas sans fondement. Mais si vous sortiez un tel commentaire au journal de 20 heures, vous iriez droit devant les tribunaux pour diffamation. Dans un pays où la liberté d'expression est entre les mains des associations des droits de l'homme, vous n'auriez pas fini d'être cloué au pilori.

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  6. Vero333, vous n'oseriez tout de même pas me manipuler ?
    Vos commentaires sont très sensés.

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  7. Comme dirait le fils de Kadhafi lorsque le régime est solide on a beaucoup d'amis qui viennent chercher des faveurs mais lorsqu'il y a un problème il n'y a plus personne.
    L'hypocrisie, c'est un pan important de l'histoire de l'humanité.
    Surtout ne voyez pas là une opinion favorable de ma part aux régimes dictatoriaux mais une certaine idée de ce que vaut l'être humain.

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