mercredi 13 avril 2011

Gbagbo est tombé

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Laurent Gbagbo aura donc fini par renoncer, malgré lui, à un pouvoir qu'il avait usurpé après des mois de tergiversations politiques, de massacres qui restent encore à quantifier et une guerre plus ou moins éclaire des forces du président Ouattara. 
L'homme, défait, a été contraint de se rendre et les images d'un ex président, en maillot de corps, les yeux hagards, humilié par ses vainqueurs, on fait le tour du monde. 
On peut naturellement se réjouir de l'épilogue de cette épopée meurtrière où le sang aura beaucoup coulé et où l'image du continent Africain ne sera pas sortie grandie, bien au contraire.
Je regrette cependant quelque peu l'humiliation médiatique qui a été imposée à un homme qui, voici encore quelques mois, était le chef d'état reconnu d'un pays souverain.
La côte d'Ivoire respire enfin et peut désormais se projeter vers un avenir que l'on souhaite meilleur.
Mais le sera t'il réellement dans les jours, les semaines ou les mois à venir ? 
Ce pays meurtri depuis tant d'années, gangréné par la corruption et dont 47% des Ivoiriens auraient voté pour Laurent Gbagbo ne va pas devenir du jour au lendemain un havre de paix.
Il n'est pas déraisonnable d'affirmer que pour le président Ouattara, le plus dur commence après la chute de Laurent Gbagbo.
Sa tâche s'annonce gigantesque, voire démentielle car elle n'est constituée que d'urgences un peu partout dans le pays.
Au delà de la situation sanitaire qui est catastrophique et qu'il va falloir résoudre dans les plus brefs délais, le président Ouattara va devoir œuvrer pour reconstruire l'économie de la Côte d'Ivoire, lui donner des institutions solides, réconcilier le peuple qui reste malgré tout très divisé, mais aussi faire montre d'une extrême impartialité en poursuivant ceux qui ont commis des crimes contre l'humanité et ce, quelque soit le camp auxquels ils appartiennent.
Dans cette guerre fratricide, qui pourrait encore perdurer avec des actes ponctuels de guérilla, les bourreaux auront sévi des deux côtés et il est bien évident que le camp de Laurent Gbagbo n'a pas eu le monopole des viols et des tueries à la chaine.
Mais cela ne signifiera pas qu'il faille profiter de la nécessité de procéder à des enquêtes, afin que justice soit faite, pour régler des comptes qui ne seraient pas directement liés aux massacres perpétrés par les deux parties.
Le désir qui anime Monsieur Ouattara d'unir tous les Ivoiriens, devra se concrétiser par des actes qui tendent à empêcher des représailles contre les vaincus ou d'autres crimes qui pourraient être commis par des bandes incontrôlées, qui  profiteraient de la situation encore chaotique qui règne actuellement.
A cet effet, la communauté internationale et les forces de l'Onu auront sans doute un grand rôle à jouer pour aider Monsieur Ouattara à sécuriser et à pacifier l'ensemble du pays.
Quant à l'avenir de Laurent Gbagbo, il dépendra beaucoup des reproches que la justice, qu'il faut espérer juste et impartiale, formulera à son encontre.
Il en va de même pour son épouse, Simone, qui s'est souvent montrée impitoyable et qui aura peut-être plus de comptes à rendre que Laurent Gbagbo.
Je ne peux m'empêcher de songer au tristement célèbre Blé Goudé, le "chef tonton macoute" de ces prétendus patriotes, bandits sans foi ni loi, qui ont excellé dans les exactions de toute sorte depuis de nombreuses années.
Il est bien difficile de savoir si, actuellement en fuite et activement recherché, il survivra à la chute de son maitre, trop de gens lui vouant une haine féroce.
Je ne doute pas que Monsieur Ouattara aura donné des instructions fermes pour que cet individu soit capturé vivant et qu'il réponde, devant la justice de son pays, du rôle qu'il a joué dans les crimes commis contre une partie du peuple Ivoirien.
Le chemin qui mène à la paix est encore long et semé d'embuches plus dangereuses les unes que les autres.
Aussi, il est fort peu probable que la fonction du président Ouattara soit enviée par qui que ce soit en l'état actuel des choses, sauf peut-être par Laurent Gbagbo.
Il reste à espérer, en dehors de toutes les bonnes choses que l'on peut souhaiter à la Côte d'Ivoire, que cette fin de règne mouvementée aura constitué un message sérieux envoyé en direction de certains chefs d'états mal élus, qui ont truqué les élections de leur pays et qui continuent de croire qu'ils pourront indéfiniment et impunément s'octroyer les gouvernes de leur nation comme si elles étaient leur propriété privée.
A bon entendeur, salut !

4 commentaires:

  1. Et oui Gbagbo est enfin tombé et c'est certainement une bonne nouvelle pour tout le continent noir. Mais comme vous l'avez souligné, le travail à accomplir par Mr Ouattara est énorme et l'insécurité ne disparaitra pas du jour au lendemain vu les centaines d'armes qui doivent se trouver dans la nature. L'Onu n'est pas prête de quitter la CI ni la force Licorne d'ailleurs. Tous les regards seront donc désormais tournés vers le président Ouattara et effectivement, je ne crois pas qu'il y ait grand monde pour envier son poste actuellement.

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  2. Vous n'avez pas évoqué dans votre article le rôle essentiel qu'ont joué les soldats français qui en intervenant directement ont pris une part décisive dans la chute de Gbagbo.
    On en revient à cette réputation qu'avait la France de jouer les gendarmes en Afrique. Dans le cas de la Côte d'Ivoire elle a agi sous un mandat clair de l'Onu mais j'aurais tout de même préféré que ce soit une force africaine qui intervienne. J'ai quand même du mal à croire qu'il n'existe pas sur ce continent la possibilité de former un contingent de 3 000 à 4 000 soldats d'élite capables d'intervenir partout sans qu'on fasse appel à des militaires français ou européens. Le manque de volonté politique doit y être pour beaucoup.

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  3. En attendant Ouattara n'est pas au bout de ses peines car les violences ne vont pas s'arrêter comme ça lorsqu'on sait que les milices des uns et des autres continuent de trainer par ci et là. Sans doute que la presse va moins focaliser sur la Côte d'Ivoire à présent et les règlements de comptes qui vont s'instaurer un peu partout passeront plus ou moins inaperçus. C'est vrai Phemga, le chemin de la paix est encore long et bien des gens vont encore mourir au pays du cacao. J'ai bien apprécié ton: A bon entendeur salut.

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  4. Personne ne semble avoir de nouvelles de ce sale type qu'est Blé Goudé. Peut-être est-il déjà mort, exécuté discrètement par les pro-Ouattara et enterré dans un champs.
    On ne le pleurera pas et il ne manquera pas à la C.I.
    L'idéal serait qu'il soit quand même jugé. J'aimerais bien voir sa tête devant ses juges lui qui à toujours cultivé l'arrogance et le mépris à outrance.

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