mardi 21 juin 2011

Mourir à 13 ans



On savait depuis longtemps qu’en France, il n’y avait plus d’âge pour devenir un meurtrier.
A 13 ou 14 ans, on peut tuer de ses propres mains ou avec une arme sans que cela n’étonne plus personne aujourd’hui.
En revanche, on n’imaginait pas encore en 2011 qu’une jeune fille de 13 ans pouvait mourir terrassée par des coups de poings pour une simple histoire de cœur.
Le terrible drame survenu à Florensac aura constitué une escalade supplémentaire dans la violence régulièrement rencontrée aux abords des collèges et des lycées, confirmant si besoin était, que l’école n'est en fait que le reflet de notre société.
La violence, omniprésente, a été banalisée au fil des années à un tel point qu’elle fait désormais partie intégrante de notre quotidien.
On l'observe sans qu'elle nous gène particulièrement tant que nous n'en sommes pas victimes.
Nous évoluons dans un univers où de nombreux adolescents de 12 ans éprouvent du plaisir à regarder à la télévision des flots d’hémoglobine se déverser sur l’écran et trouvent déjà ringard la diffusion d'un film dont le sujet est une histoire d'amour.
Nous pouvons donc légitimement nous demander si notre société, dite moderne, n'aurait pas emprunté un chemin où "les règlements de comptes à Ok Corral" deviendraient les seules sources de dialogue possible pour mettre un terme aux différents.
Dans le monde d'aujourd'hui, on peut mourir pour un simple regard appuyé ou un motif d’une futilité consternante.
A l'ère de la communication tout azimut, il y a là un non sens qui échappe à ma compréhension.
L'ignoble individu de 15 ans qui aura tué cette jeune fille pour venger sa sœur, qui avait un différent sentimental avec la victime, n’a pas hésité un seul instant à se servir de ses connaissances en boxe anglaise pour extérioriser ses instincts bestiaux.
La violence dans les écoles n’est pas récente mais l'état semble totalement impuissant à contrecarrer  efficacement le flux croissant des agressions de toute sorte.
Il est certes facile d’accuser le gouvernement de toutes les dérives enregistrées dans la violence à l'école alors que beaucoup de parents ont renoncé, depuis des lustres, à éduquer leurs enfants, faute de moyens, de volonté et de courage.
J’ai conscience  que dans certaines familles, ce sont les adolescents eux-mêmes qui font la loi et qui instaurent un climat de terreur contre leurs propres parents ou frères et sœurs.
Mais aucun pays ne peut se substituer aux parents dans l'éducation de base des enfants.
Que penser cependant d’une société plus encline à jeter au pilori un professeur qui aura botté le derrière d’un sale gamin impoli et arrogant, qu'à protéger nos enfants à la sortie des écoles ?
Que dire d’un système où les professeurs sont insultés et frappés par des “pitbulls“ en culotte courte sans que ces derniers ne soient punis avec la plus extrême sévérité ou directement envoyés en prison en cas de violence physique ?
Ou est donc cette politique de répression indispensable pour mettre hors d’état de nuire ces hordes de voyous qui ont réussi, sous le regard des autorités, à instaurer des zones de non droits, non seulement dans des quartiers entiers mais aussi à la sortie de certains collèges et lycées ?
Ou se trouve le fameux "kärcher" promis avant les élections présidentielles de 2007 ?
Le tueur de cette gamine de 13 ans, vu son jeune âge, sera sans doute inculpé de coups et blessures ayant entraîné la mort...SANS INTENTION DE LA DONNER.
Lorsqu'une personne pratique la boxe dans un club, même à 15 ans, elle connait parfaitement les coups qui peuvent faire le plus grand mal et ceux qui sont plus anodins.
Et lorsqu'une jeune fille de 13 ans seulement sert de punching-ball à ce genre type, même s'il ne dispose que d'un QI faible, il reste en mesure de comprendre qu'il peut donner la mort à n'importe quel moment.
Vu son jeune âge, la justice enverra surement ce vaurien une dizaine d’années, grand maximum, dans les geôles de l’état, histoire de méditer sur son acte insensé.
Il en ressortira sans doute au bout de 6 ou 7 ans, soit à l'âge de 21 ou 22 ans environ, avec encore tout l’avenir devant lui et tout le loisir de devenir un "bon" père de famille qui aura purgé légalement sa peine et payé sa dette aux yeux de la justice.
Six années pour avoir pris une vie à coups de poings...???
Si j’étais le père de cette malheureuse gamine, cette perspective me paraitrait intolérable, absolument ignoble, au-delà du supportable.
Et on en revient à ces fameux débats sur la prétendue irresponsabilité de ceux qui ne sont pas encore considérés comme des adultes mais qui savent parfaitement comment donner la mort et sur la signification de cette sanction, dite à perpétuité, qui n'est jamais appliquée en France au sens le plus strict du terme.

3 commentaires:

  1. C'est vrai qu'en ayant 15 ans et n'étant pas considéré comme majeur, celui qui a tué la gamine ne risque pas de longues années de prison. 10 ans seront vraiment le super maxi, maxi. Je pense qu'il prendra moins surtout s'il est avéré qu'il n'avait pas l'intention de donner la mort. Et c'est vrai, en sortant il aura 21 ans par là et il pourra construire sa vie comme s'il ne s'était jamais rien passé. Cette idée m'est également insupportable.

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  2. Cette histoire, c'est l'horreur à l'état pur.
    Je crois qu'en ayant tué la jeune fille à coups de poings, cela sera considéré comme un fait aggravant étant donné que le meurtrier faisait de la boxe.
    Il faut atteindre quand même les sommets de la lâcheté pour qu'un garçon utilise ses poings pour frapper une fille. Cela prouve qu'il a surtout vraiment voulu lui faire mal. Son souhait est allé bien au delà de ses espérances.
    Quel gâchis.

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  3. Cette histoire a fait beaucoup de bruit et interpelle effectivement chacun d'entre nous sur cette soi-disant irresponsabilité des adolescents qui en savent bien plus sur la violence que la majorité des adultes. Il ne reste qu'à espérer que la justice ne permettra pas à ce garçon de ressortir dans quelques petites années pour refaire sa vie comme si rien ne s'était passé. Le châtiment doit être exemplaire et on ne peut se contenter d'une peine de principe sous prétexte que l'âge de l'assassin le rend irresponsable de ses actes.

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