jeudi 28 juillet 2011

Le carnage norvégien ou le croisé de la haine


Dans le domaine de l'horreur, de tout temps, l'humanité aura déploré en son sein la présence d'individus qui ont débordé d'imagination, sans cesse renouvelée, lorsqu'il s'est agi d'exterminer leurs semblables
Et lorsque des être humains peuvent engendrer de telles pourritures, on peut tout de même se poser la question de savoir si près de nous ne sommeille pas un Anders Behring Breivik qui s'ignore.
Les attentats du 22 juillet dernier en Norvège constituent l'une des plus sanglantes attaques jamais menées en Europe contre une population civile en tant de paix.
Le plus surprenant est que pour une fois, nous n'avons pas eu à faire ici à un groupe terroriste intégriste islamiste mais à un simple marginal, certes très intelligent mais déséquilibré, se définissant comme fondamentaliste chrétien, islamophobe, fustigeant l'immigration.
On peut tout de même se demander comment un seul homme a t'il pu tuer, aussi tranquillement, autant de monde sans qu'il soit véritablement dérangé dans sa basse besogne.
Comment a t'il été en mesure, seul, d'organiser l'attentat d'Oslo et juste après le massacre de l'ile d'Utoya ? 
En général, une organisation aussi bien ficelée demande un minimum de soutien.
Quant aux autorités locales, dont les principaux responsables félicitent les forces de police pour la qualité de leur travail, on croit rêver, elles seront intervenues dans l'ile d'Utoya 50 minutes après que l'alerte ait été donnée.
La tuerie sur l'ile d'Utoya aura duré 80 minutes environ, soit le temps complet d'un match de rugby, sans qu'aucune aide extérieure ne soit en mesure de mettre un terme à la rage meurtrière du forcené.
Les premiers secours ont tenté de rejoindre l'ile en bateau mais trop chargé celui-ci a failli couler et l'embarcation a dû rester à quai avec les sauveteurs, donnant ainsi encore du temps supplémentaire au tueur pour poursuivre son carnage.
Je pensais qu'un tel incident pouvait survenir dans un pays sous développé, dénué de tout moyen mais certainement pas dans un état considéré comme l'un des plus riches d'Europe.
L'ile d'Utoya se situe seulement à 30 kilomètres à vol d'oiseau de la capitale Oslo, soit à quelques courtes minutes d'hélicoptère.
Or, aussi incroyable que cela puisse paraître, il semble qu'aucun moyen aérien n'était disponible pour intervenir d'urgence sur zone et mettre fin aux agissements du tueur.
L'explosion spectaculaire de la bombe à Oslo a totalement désorganisé les autorités locales qui n'ont sans doute pas analysé comme il se devait la gravité de la situation à Utoya.
Les lignes téléphoniques étaient très encombrées et la priorité a incontestablement été donnée aux évènements d'Oslo.
Ces faits démontrent l'extrême minutie du tueur dans l'organisation des 2 attentats puisque le premier, par l'explosion de la bombe à Oslo, a détourné l'attention des autorités, lui laissant ainsi les mains pratiquement libres pour perpétrer son carnage à Utoya, son second objectif.
Une telle organisation, quasi militaire, dont j'ai du mal à imaginer qu'elle ait pu se mettre en place par l'action d'un seul homme, a sans aucun doute demandé des mois de travail et d'observation.
Tout était remarquablement planifié, révélant ainsi une capacité exceptionnelle à mettre en œuvre une attaque en règle dans un pays somme tout peu préparé aux attentats terroristes.
Je conviens que lorsque qu'une bombe explose au milieu d'une ville, la seule chose qui s'impose, dans un premier temps, est d'organiser les secours aux victimes le plus rapidement possible mais ne pas avoir été en mesure d'envoyer prestement un hélicoptère à Utoya, avec des tireurs d'élite, constitue une faute majeure inqualifiable dont de nombreuses personnes innocentes auront payé le prix fort.
L'inexpérience de la gestion de ce genre de crise ne peut en aucune manière excuser la lenteur extrême de la police norvégienne à porter secours aux victimes d'Utoya.
Les arguments pathétiques des autorités locales pour justifier le retard des secours ne convaincront certainement jamais les familles des victimes qu'il n'était pas possible de faire bien mieux en la matière pour sauver des vies.
J'admets que ce drame aurait pu survenir dans n'importe quel pays européen mais il  me paraît certain que de nombreuses vie auraient été épargnées dans d'autres états où la police locale possède une capacité de réaction plus prompte, plus efficace.
Et aujourd'hui, ce n'est pas seulement au tueur que les familles éplorées doivent demander justice mais aussi aux autorités norvégiennes qui, par leurs graves insuffisances, auront permis à un seul homme de perpétrer le plus grand massacre de l'histoire du pays depuis la seconde guerre mondial.
J'imagine que si de tels manquements étaient survenus en France, pays où la polémique inutile est un sport national, c'est un véritable tremblement de terre auquel nous aurions assisté et ce, pour une fois, à juste titre.
Au pays des gaulois on a vu des chefs de la police, des préfets ou des ministres se voir remercier  pour des faits infiniment moins graves. 
Anders Behring Breivik, ce sanguinaire croisé des temps modernes, animé par une haine implacable, restera sans doute une énigme qui marquera pour longtemps les consciences.
Son attitude très méthodique, son sang froid hors du commun dans l'exécution de ses victimes, son comportement serein, calme et parfaitement contenu après son arrestation laissent pétri d'effroi.
Il reste à espérer que ce tueur de masse ne fasse pas des émules dans notre société malade en devenant pour d'autres individus égarés une référence ou une icône.
Les partis d'extrême droite européens auront peut-être l'occasion, après ce terrible drame, d'engager une réflexion sur le sens de certaines idées qu'ils véhiculent, parfois sans prendre conscience des conséquences qui pourraient en découler.
Si ces partis politiques ne sont pas directement responsables de la folie de certains dégénérés, à tout malheur il y a des leçons à tirer.
La manière dont on projette les mots, dont on transmet les idées doit toujours s'accompagner de mesure et de prudence qui laissent le moins de place possible aux interprétations erronées, dont certains esprits détraqués pourraient se servir afin de commettre d'autres actes de folie meurtrière.

6 commentaires:

  1. On peut craindre effectivement que l'acte insensé de ce fou finisse pas faire quelques émules. Pour une fois les islamistes n'y sont pour rien mais ils doivent quand même bien apprécier l'action de cet assassin et ont surement trinqué à sa santé.
    Les flics de Norvège n'ont pas l'air d'être des foudres de guerre, c'est le moins qu'on puisse dire. Quand on assiste à un tel évènement et qu'on s'en sort indemne il y a de quoi rester traumatiser à vie et faire des cauchemars toutes les nuits.

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  2. C'est les vacances et comme beaucoup je ne suis pas trop sur le web ces temps ci même si le soleil ne brille pas souvent. J'ai quand même suivi à la télé cette horreur en Norvège. On n'arrive pas à croire qu'une telle chose soit possible, en plus un bon norvégien.....
    Le plus impressionnant est l'absence totale de regrets de ce sale type qui en fin de compte n'est qu'une bête abominable.

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  3. Et oui Véro333 je suis moi aussi en vacances et je ne consulte pas trop internet ces temps derniers.
    Il faut croire qu'on s'est donné le mot aujourd'hui.
    Quelle triste affaire que ce massacre. Cela pourrait arriver n'importe où et on doit se sentir totalement impuissant devant une situation comme celle-là. Bon la police norvégienne n'a sans doute pas fait fort dans son délai d'intervention mais il ne faut pas oublier que les norvégiens ne sont pas habitués à gérer des attentats terroristes et je pense qu'ils ont du tirer quelques enseignements précieux pour l'avenir. C'est sûr Phemga que si en France on avait mis 50 minutes pour secourir les victimes de ce fou furieux, c'est aussi le premier ministre qui sautait et Sarko pouvait dire définitivement adieu à son second mandat.
    La gauche se serait goulument emparée de l'affaire et on aurait vu tour à tour à la télé tous les gens de gauche crier au scandale et à l'incompétence du gouvernement.
    Tu es dur avec les gaulois phemga quand tu dis que la polémique inutile est un sport national. La polémique n'est jamais inutile puisqu'elle permet le débat et l'échange d'idées.
    Fais comme moi, pars en vacances pour décompresser un peu mon frère.

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  4. L'inexpérience de la police norvégienne à gérer les attentats a sans doute couté des vies supplémentaires et il faut espérer que ce retour d'expérience évitera les erreurs commises à l'avenir.
    Mais quel choc terrible que ce drame sans précédent en Europe.
    J'aime bien la photo de votre article. Pour une fois, sur ce sujet, ce n'est pas la tête de l'assassin qu'on peut voir comme partout ailleurs mais une scène de recueillement qui est plus représentative de la douleur et du chagrin. La tête du tueur je la verrai plutôt tranchée.

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  5. Il parait que le tueur ne risque que 20 ans de prison en Norvège pour son exploit.
    Il y a de quoi avoir envie de passer à l'action et de se faire justice soi même.

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  6. Phemga, vous semblez porter des accusations plus ou moins dissimulées contre les partis d'extrême droite. Cela est votre droit mais les idées qu'ils transmettent tant qu'elles n'incitent pas à la haine ont tout à fait leur place dans la société. Je crois que les partis d'extrême droite n'ont pas plus de responsabilité dans le drame qui s'est passé en Norvège que le fabriquant de l'arme qui a servi à tuer ces pauvres gens.

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