mardi 5 juillet 2011

Maroc : Le changement dans la stabilité


La monarchie marocaine, solidement installée depuis 4 siècles et représentée aujourd'hui par le roi Mohammed VI,  a senti ces derniers mois le vent du boulé révolutionnaire venu de Tunisie, d'Egypte et de Libye.
Et contrairement à ces pays dont les dirigeants n'avaient peut-être pas le recul suffisant pour apprécier  et analyser l'envie irrésistible de leur peuple de vivre dans une réelle démocratie et de desserrer l'étau du pouvoir, le roi du Maroc, en présentant son projet de constitution au mois de juin et en organisant dans la foulée un référendum le 1er juillet dernier, a quelque peut coupé l'herbe sous le pied des manifestants qui rêvaient de faire une nouvelle révolution dans le monde Arabe.
Face à la pression, le roi n'avait sans doute pas d'autre choix que d'ouvrir quelques vannes s'il tenait à préserver la stabilité de son royaume et fort de l'expérience malheureuse des pays frères, Mohammed VI aura donc préféré l'évolution à la révolution populaire et il faut lui en être fort gré pour cela.
C'est donc sans surprise que le peuple marocain aura plébiscité le oui à 98.5% lors ce référendum pour le projet de cette nouvelle constitution.
Aussi, avec un taux de participation dépassant les 73%, on peut affirmer sans risque que l'avancée du Maroc vers un état plus moderne est un choix populaire formulé par une très grande majorité des marocains avec le consentement de leur roi.
Les marocains, exigent plus de démocratie et de liberté dans leur pays, resté trop longtemps enfermé dans des règles passéistes, parfois moyenâgeuses, qui trouvent désormais difficilement leur place au milieu d'une jeunesse de plus en plus occidentalisée et surtout de mieux en mieux informée dans ce monde médiatique dans lequel nous évoluons.
Certes, la nouvelle constitution marocaine qui, incontestablement, pose les fondations d'un état moderne, ne ressemble  tout de même en rien à une monarchie parlementaire à l'espagnole ou à la britannique puisque le roi, malgré le fait qu'il délèguera plus à l'avenir, notamment au premier ministre, garde pratiquement tous ses pouvoirs.
Cela dit, ma compréhension de cette nouvelle constitution me laisse penser que, dans les faits, le roi ne devrait pas avoir beaucoup plus de pouvoir que le président de la république française.
Mais entre ce qui est inscrit dans les textes et ce qui sera suivi d'effet, la marge de manœuvre peut être fort grande, laissant ainsi la place à diverses interprétations, en fonction d'une situation donnée et des intérêts du moment.
Cependant, ce premier pas vers une démocratie accrue reste incontestable et appelle des espoirs nouveaux pour tout un peuple qui désire lui aussi entrer dans l'histoire.
Il reste à savoir combien de temps faudra-t'il  pour que cette constitution, remplie d'espérance, soit transcrite dans la loi et puisse être enfin effective dans le quotidien de chaque marocain.
Le roi étant une personne fort avisée, il évitera sans doute de laisser passer trop de temps avant d'officialiser sur le terrain les termes de cette constitution car dans le cas contraire, les mouvements d'humeur d'une jeunesse qu'on ne peut plus manipuler comme autrefois, pourrait se faire bien plus vindicatifs.
Sauf dans le cas d'un rebondissement inattendu, le Maroc ne connaitra heureusement  pas les jours douloureux des tunisiens et des égyptiens et encore moins ceux des libyens.
Il demeure néanmoins difficile de comparer le royaume du Maroc avec les autres états dont les présidents ont été chassés du pouvoir où sont en passe de l'être.
En effet, contrairement aux autres pays arabes, le peuple marocain n'a jamais demandé le départ de son monarque mais s'est seulement contenté de réclamer des changements à l'intérieur du régime.
La personne du roi est extrêmement respectée et jamais son pouvoir n'a été remis directement en cause.
Il faut donc espérer que ce magnifique pays qu'est le Maroc, entrera réellement dans une nouvelle ère de démocratie où le culte de la soumission et de l'allégeance, laissera une place plus importante au respect des valeurs démocratiques, où la critique contre qui que ce soit et le débat d'idées, quelque soit le sujet, seront  enfin acceptés et apporteront une vision novatrice dans cette nécessite absolue d'aller sans cesse de l'avant.
Et malgré le fait que mon envie de dire "vive le roi" soit grande, je me garderai pour l'instant de crier victoire trop vite et je me contenterai d'attendre l'application stricte de cette nouvelle constitution, seul gage de la bonne volonté royale d'accepter le changement pour se projeter vers l'avenir et le progrès.
La meilleure constitution du monde, même votée par tout un peuple, n'a aucune valeur si elle reste enfermée dans un tiroir à attendre le jaunissement du temps.

Ci-dessous, le lien menant au texte intégral de la nouvelle constitution marocaine :
www.bladi.net/texte-integral-nouvelle-constitution-marocaine.html

5 commentaires:

  1. Cette nouvelle constitution peut-être un pas de géant vers la démocratie mais il faudrait quelle soit appliquée dans les plus brefs délais et non pas dans 1 ou 2 ans car il y a une grande impatience au Maroc. Vous le dites vous mêmes Mr Phemga en écrivant que la meilleure constitution n'a aucune valeur si elle reste dans un tiroir. En attendant les actes, il n'y a pour l'heure que de l'espoir.
    Et l'espoir fait vivre.

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  2. Phemga, vous êtes comme St Pierre,vous ne croyez que ce que vous voyez. Prudence quand même car la méfiance est parfois interprétée comme une offense, surtout lorsqu'il s'agit d'un roi.
    Personnellement je suis persuadée que cette constitution sera appliquée rapidement car la demande du peuple marocain est très forte et le roi a très bien compris les besoins des gens.
    Soyez certain que cette constitution ne restera pas lettre morte.
    Cordialement à vous.

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  3. Nouveau projet de constitution au mois de juin et référendum début juillet, Mohammed VI était très pressé de calmer les esprits qui commençaient à s'échauffer. Il reste à savoir combien de temps il mettra pour que cette constitution arrive de plein pied dans la vie des marocains. Là c'est une autre paire de manches. Du projet à l'acte, il peut se passer beaucoup de temps mais comme on dit : Qui vivra verra.

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  4. Je rebondis un peu sur ce qu'à écrit Larissa au sujet de la prudence qui pourrait être interprétée comme une offense. Il ne faudrait pas oublier que le Maroc est un pays très archaïque sur le plan de la démocratie, malgré sa culture très riche. Tout ne va pas changer du jour au lendemain et cette nouvelle constitution va mettre du temps à s'appliquer. Le roi a donné une preuve de bonne volonté en organisant ce référendum et je ne serai pas étonnée qu'il souffle un peu avant de poursuivre dans la voix démocratique. Personne ne demande son départ ou ne manifeste pour qu'il se retire donc le temps ne joue pas contre lui et je pense qu'il prendra tout son temps pour donner le dernier coup de fouet à l'instauration de cette nouvelle constitution.

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  5. Le Maroc, je le connais comme beaucoup d'entre nous pour y avoir fait du tourisme mais sur le plan politique j'aurai du mal à donner un avis éclairé sur la situation. Les gens ont voulu leur part du gâteau des révolutions arabes et cela est bien normal mais visiblement, le roi a étouffé les contestations avec son projet de constitution élaboré très vite. Comme Phemga je resterai prudent sur le devenir de cette constitution tant que ne sera pas constaté sur place la mise en application de celle-ci.
    Le roi malgré tout le respect que nous devons à sa personne reste un homme politique qui applique une stratégie politique. Et chez les politiques d'où qu'ils viennent, on ne compte plus les fausses promesses donc, prudence.
    Inch Allah, le Maroc deviendra bientôt une démocratie.....royale.

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