lundi 10 octobre 2011

Lorsque les primaires socialistes donnent une leçon de démocratie

 

Le premier tour des primaires socialistes s’étant achevé avec les résultats que nous connaissons, ma toute première impression est qu’il est fort probable qu’il aura précipité dans un gouffre sans fond les ambitions politiques de Ségolène Royale.
Ses larmes émouvantes, touchantes, après sa lourde défaite, ont mis à nu l’immense et légitime déception d'une femme dont l’heure de gloire restera sans doute à jamais gravée dans le rôle majeur qu’elle a tenu chez les socialistes lors des élections présidentielles de 2007.
Cela dit, il ne m'a jamais semblé qu'elle ait jamais eu les épaules assez solides pour lutter contre une bête politique comme Nicolas Sarkozy et encore moins pour devenir chef de l’état.
Quant à Arnaud Montebourg dont les 17% de voix obtenues le rendent  incontournable pour le second tour, son rôle de futur "faiseur de roi" va attirer les convoitise des deux finalistes que sont François Hollande et Martine Aubry.
Mais au-delà des clivages droite-gauche, des ambitions politiques des uns et des autres, l’organisation de ces primaires socialistes, quelque soit le vainqueur final, aura tout de même démontré la bonne santé de la démocratie en France.
Je n’ai encore jamais voté pour un candidat ou un président socialiste, les accointances douteuses avec le parti communiste, même actuellement plus que moribond, ayant toujours constitué pour moi un rejet radical et viscéral, mais je dois reconnaitre que ces primaires inédites sont une réussite et  imposent à la droite de tirer des leçons le plus rapidement possible.
Je pense particulièrement à la nécessité de réunir pour la droite tout son électorat dès le premier tour des prochaines présidentielles et d'œuvrer pour dissuader les habituels votes de défiance dont le FN tire toujours avantage.
En effet,  l'expérience malheureuse de Lionel Jospin en avril 2002 doit toujours demeurer dans les esprits.
Quant au secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, en ne retenant du premier tour de ces primaires  que seuls quatre français sur cent ont participé, sa mauvaise foi et son manque d'humilité m'ont semblé affligeantes et son état d'esprit m'est apparu particulièrement indigent.
La droite ferait une énorme erreur en sous-estimant la portée de ce scrutin où les 2 millions et demi de gens qui ont voté représentent environ 6% de la totalité des électeurs français inscrits sur les listes électorales.
Monsieur Copé, trop souvent arrogant, devrait mieux s’instruire de l’histoire politique américaine où les primaires, depuis longtemps intégrées dans le paysage politique local,  ne mobilisent en moyenne que 8% des inscrits sur les listes électorales.
Est-il nécessaire de rappeler le triomphe de monsieur Obama, issu lui-même de ces primaires américaines ?
Certes, il est de bonne guerre pour la droite de tenter de minimiser la portée des primaires socialistes et de  feindre d'ignorer la leçon démocratique infligée, mais ce n’est pas en tentant de tromper les futurs électeurs sur la réalité politique actuelle qu’elle parviendra à maintenir Nicolas Sarkozy à la présidence du pays.
J’aurais véritablement préféré que Jean-François Copé, décidément bien antipathique, reconnaisse humblement que les primaires socialistes étaient au moins un relatif succès et qu’il appartenait désormais à la droite d’en tirer des leçons en vue des élections présidentielles de 2012.
Mais nous n’avons rien entendu de la sorte sinon des propos navrants qui indiquent en fait surtout le désarroi dans lequel se trouve l’ensemble de la droite à 6 mois des présidentielles.
Que cela plaise ou non, au mois d’avril prochain, Nicolas Sarkozy aura en face de lui un candidat socialiste porté par un électorat puissant dont il n’aurait aucune chance de résister si les présidentielles se déroulaient aujourd'hui.
Il n’est pas possible que monsieur Copé, malgré sa suffisance, ne se rende pas compte de ce qui se passe actuellement dans le monde politique français.
Cet homme ne peut pas être stupide au point de s'affubler volontairement d'œillères !!
Aussi, si je ne voterai pas pour un homme ou une femme de gauche en avril prochain, je pense tout de même que l’alternance en matière politique est aussi une preuve de la bonne santé démocratique d’une nation.
Me situant avant tout comme un simple républicain et n’ayant pas de sensibilité politique particulière pour tel ou tel parti, une victoire socialiste en avril prochain, si elle me décevrait de par la qualité de l'homme ou de la femme qui serait élu, ne constituerait pas une catastrophe.
En effet, il ne serait pas inintéressant d’observer la manière dont les socialistes se débrouilleraient pour gérer la crise économique et quelle politique ils adopteraient pour tenter d’enrailler les maux de la France alors qu’ils ont passé leur temps à décrier systématiquement toutes les initiatives de Nicolas Sarkozy qui, force est de le reconnaître, n’étaient pas toujours bien avisées.
En se retrouvant de l’autre côté de la barrière, la donne serait différente et ce n’est pas sans déplaisir que j’observerais la gauche se débattre à son tour dans les méandres d'une crise économique mondiale dont on ne voit pas la fin mais dont, je l'espère pour la France, elle finira par s’atténuer, quelque soit l'homme, la femme et le gouvernement au pouvoir.
Dans moins d'une semaine, nous saurons donc qui croisera le fer avec monsieur Sarkozy et la tendance de l'opinion publique étant ce qu'elle est actuellement, il est probable que c'est le prochain président de la République française que nous découvrirons alors.
Malheureusement pour la France, dans la perspective d'une victoire présidentielle de la gauche, l'absence de Dsk se fera durement ressentir, même si actuellement, elle redonne une toute petite chance à Nicolas Sarkozy de se maintenir au pouvoir.
Je fais allusion à l'homme politique et économique qu'est Dsk, à ses grandes compétences professionnelles indubitables et incontestées et non pas à l'individu pitoyable qui tente de culbuter les femmes qu'il rencontre.
Cet homme là, le professionnel au sens le plus noble du terme, était une grande chance pour la France.
Il avait une réelle stature de chef d'état contrairement à François Hollande ou à Martine Aubry qui ne m'ont toujours pas convaincu quant à l'éventuel exercice d'une telle fonction, loin de là.
Et si Jean-François Copé n'a pas conscience qu'une étape extrêmement importante de la vie politique  française sera franchie dimanche prochain, il vaut mieux pour la droite qu'il se consacre à la cueillette des roses pendant les 6 mois à venir, car leur odeur risque fortement de se retrouver dans l'air du temps pour quelques longues années.

6 commentaires:

  1. Je ne suis pas de gauche mais je dois reconnaître qu'avec leurs primaires les socialistes ont donné un bel exemple de démocratie et l'ump ferait bien de s'inspirer d'une telle élection à l'avenir s'il fallait reconquérir le pouvoir. La leçon sera t'elle retenue ? Lorsqu'on observe les déclarations de Copé on peut en douter. Je me demande en plus quel pourcentage aurait obtenu l'ump dans de telles primaires. Il va sans dire que 2.5 millions de votants seraient perçus comme une très bonne participation et que c'est les socialistes qui joueraient de la mauvaise foi comme Copé. L'hypocrisie et le double langage sont malheureusement l'apanage de tous les politiques sans exception.
    Après ça on s'étonne de la progression de l'abstention.

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  2. Tu n'es pas tendre avec Copé Phemga car après tout il ne fait que son job, à savoir dénigrer les socialistes autant que faire se peut. Il ne va quand même pas leur jeter des fleurs à 6 mois des élections présidentielles. Il faut être un requin pour exister en politique et il n'y a pas de place pour les tendres dans ce monde impitoyable.
    Personnellement, j'ai trouvé les débats télévisés des primaires ennuyeux et sans intérêt. J'ai regardé le premier débat quelques minutes seulement et zappé les 2 autres pour ne lire les comptes rendus que dans les journaux. Bon, je concèderai quand même que l'idée des primaires est bonne et qu'elle pourrait être appliquée à l'ump pour désigner un futur candidat à la présidence de la république mais sans les débats s'il vous plait. Tout ces candidats qui n'osaient pas se mettre des gifles alors qu'ils rêvaient de prendre un fusil pour flinguer les autres, c'était d'une hypocrisie fétide.

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  3. Et bien cela faisait longtemps Phemga que vous ne nous aviez pas pondu un article.
    En mal d'inspiration peut-être ?
    Comme je suis un socialiste convaincu depuis de nombreuse années je dirai que votre titre me plait particulièrement mais reflète également la stricte réalité. Lorsque l'UMP aura le courage d'organiser de telles primaires, il pourra alors se permettre de critiquer et éventuellement de se montrer condescendant par le biais de son triste secrétaire général qu'est le sieur Copé dont les airs supérieurs m'indisposent fortement. Je pense que beaucoup de gens à gauche regrettent les mésaventures de Dsk qui était, sans doute possible, le meilleur candidat socialiste aux présidentielles de 2012.
    Mais il n'est plus là et la vie doit continuer.
    Je crois que vous avez tort de douter des capacités de F. Hollande et de M. Aubry à exercer la fonction de chef de l'état. F. Hollande par exemple se prépare depuis plusieurs années à la fonction suprême et je crois sincèrement que l'année 2012 sera son année. M. Aubry est légèrement en dessous question préparation à la fonction de chef de l'état mais elle en a malgré tout l'étoffe et elle le prouvera si elle était élue dimanche prochain au second tour des primaires.
    Vous dites n'avoir aucune sensibilité politique particulière mais tout porte à croire que vous avez l'habitude de voter à droite. J'ai donc apprécié la partialité de votre article et son honnêteté.

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  4. Ps : Je disais que j'avais apprécié la partialité de votre article et je le confirme mais la photo que vous avez choisie n'est pas due au hasard.
    F. Hollande qui tourne le dos à M. Aubry...
    Pour vous lire souvent, même si je ne dépose pas régulièrement des commentaires, je sais que chez vous rien n'est du au hasard et qu'il y a souvent des messages à tirer des images que vous choisissez. Petit malin !

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  5. Phemga où aviez vous disparu? Vos articles me manquaient. Je crois effectivement que ces primaires socialistes sont une leçon à méditer pour la droite et une preuve de bonne santé de la démocratie en France. Je suis de votre avis au sujet de Copé. Ce type pue la suffisance et est particulièrement antipathique. Quand on voit son comportement, on n'a plus envie de voter à droite. Je ne voudrais pas paraitre médisante mais il est un peu à l'image de son maitre Sarko, imbu de lui même.
    Non, je ne suis pas de gauche

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  6. Moi je l'aime bien Copé. Il n'est pas toujours très agréable mais il donne des coups de tête à la gauche sans hésitation et son comportement ne me déplait pas. La politique n'est pas faite pour les gentils garçons et il faut savoir frapper l'adversaire partout où cela peut faire mal. Si vous avez le malheur d'être trop tendre, on vous mange et vous disparaissez.
    Comme Rogange, j'ai trouvé les débats sur les primaires ennuyeux mais pas forcement sans intérêt. J'avoue que l'idée des primaires pourrait être reprise par la droite à l'avenir car elle permet de se faire une idée plus précise sur chacun des candidats et cela n'est pas négligeable. C'est le seul bon point que j'accorderai aux primaires socialistes.

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