jeudi 13 octobre 2011

Mayotte, ce petit coin de France qui se rebelle contre la vie chère


Mayotte, petite île de l'archipel des Comores  composée de 190 000 habitants environ, située entre Madagascar et le Mozambique, département français depuis le 31 mars 2011, est agitée depuis quelques semaines par un grand mouvement social, contre la vie chère.
Les grèves et les nombreux barrages érigés sur les principaux axes routiers par les manifestants, paralysent en partie l'île et risquent de se transformer en mouvement d'insurrection dont les conséquences pourraient s'avérer dramatiques si aucun compromis n'était trouvé dans les jours à venir.
En effet, les heurts violents entre les contestataires et les forces de l'ordre laissent présager un drame inéluctable si le calme ne revient pas dans les plus brefs délais.
Sous la pression des manifestants, les commerces sont fermés et par mesure de sécurité, les administrations et les banques gardent leurs portes closes ou n'ouvrent que très partiellement.
Peu à peu, la pénurie s'installe et la nourriture commence à manquer.
Alors que des rumeurs de coupures générales volontaires d'eau et d'électricité se font de plus en plus persistantes, que le carburant est devenu rare, la vie déjà compliquée des mahorais risque de se transformer en enfer quotidien.
Et malgré le fait que la tension semble actuellement légèrement retombée, le climat demeure explosif, tout pouvant dégénérer au moindre incident anodin.
Les raisons de la colère mahoraise sont pourtant simples et compréhensibles :
Les entreprises de la grande distribution, qui règnent en maitres absolus sur  le commerce de l'alimentation locale, appliquent des prix de plus en plus insupportables pour la population.
Cette dernière, excédée par le coût élevé de la vie, à l'initiative de la CGT de la CFDT et de certaines associations de consommateurs, réclame une baisse de prix sur une dizaine de produits de première nécessité tel que le lait, le riz, la viande et surtout les ailes de poulet rôti, le plat favoris des mahorais.
Il peut effectivement paraitre incompréhensible, pour ne donner qu'un seul exemple parmi tant d'autres, que sur l'île de la Réunion, éloignée de 1 500 km, le prix de 12 yaourts soit fixé à 2.50 euros alors que pour ce même tarif il n'est possible d'en acheter que 4 à Mayotte.
On peut difficilement comprendre pourquoi Mayotte demeure le département d'outre-mer où le coût de la vie est le plus élevé alors que le niveau de vie est le plus bas.
Certains argumenteront que Mayotte doit importer de nombreux produits alimentaires qui, par conséquent, sont taxés, qu'il n'y a pas de vols directs entre la métropole et l'île et que , de ce fait, cette importation, qui transite par la Réunion, est inévitablement onéreuse.
Si cet argument peut être concevable, il se discute car une telle différence de prix entre la Réunion et Mayotte demeure injustifiable.
Et le mouvement social, actuellement en cours, paraît donc totalement légitime tant les prix sont devenus rédhibitoires par rapport aux revenus de la population.
Pour l'instant, aucun accord n'a été trouvé avec les autorités locales pour mettre un terme aux dérives d'une grande distribution qui, sans nul doute, a dépassé la mesure du tolérable.
Les mahorais qui se sentent de plus en plus considérés par la métropole comme des citoyens de seconde zone, entendent bien défendre leur droit le plus élémentaire qui est celui de pouvoir se nourrir décemment.
Il serait assurément difficile de ne pas soutenir les revendications de la population dont le bien fondé est incontestable.
Et malheureusement, dans ce cas précis, il n'y a que dans la grève et dans les manifestations que les gens ont la possibilité de se faire entendre pour interpeler les représentants de l'état et obliger certains commerçants rapaces à lâcher du lest.
Mais les mahorais, doivent cependant prendre garde à ne pas se laisser manipuler par certains syndicalistes qui seraient plus motivés par la perspective de créer du désordre, à quelques mois des élections présidentielles, que par les justes revendications de la population locale.
Ils ne doivent pas non plus se laisser déborder par une racaille locale minoritaire, plus encline à piller les magasins, à racketter et à pousser les forces de l'ordre à commettre des bavures, qu'à s'inquiéter réellement des conséquence de la vie chère.
Il convient donc pour les mahorais de demeurer extrêmement prudents dans les mouvements de foule où sévissent des agitateurs dont les objectifs principaux sont de mettre le feu aux poudres pour  profiter des évènements.
Et lorsqu'on observe des jeunes entre 10 et 15 ans lancer des cailloux sur les forces de l'ordre, on  peut s'interroger sur le degré exact de la manipulation dont fait l'objet une partie de la jeunesse mahoraise.
On ne peut donc s'étonner par la suite, tout en le réprouvant, qu'un petit garçon ait malheureusement perdu un œil dans un accrochage avec les forces de l'ordre, si ce n'est de se poser la question sur les raisons de sa présence au milieu de manifestants qui tentaient d'encercler une poignée de policiers.
Dans ce conflit social, il est stupéfiant de constater le silence assourdissant du gouvernement qui semble adopter la politique de l'autruche ou se conformer au fameux adage : "Le chien aboie, la caravane passe"
Je ne doute pas que le premier ministre François Fillon entretienne un contact permanent avec le préfet de Mayotte mais l'absence de réaction officielle de l'état me paraît somme toute troublante et inexplicable, confinant d'ailleurs au mépris et à la faute professionnelle lourde.
Et les médias français se sont pas en reste en matière d'indifférence puisque les divers journaux télévisés n'évoquent que très peu les évènements qui se déroulent à Mayotte.
Même RFI, la prétendue radio de l'Afrique, ne donne que des informations parcellaires sur la situation locale.
Sans doute que les uns et les autres attendent le premier mort avant de s'intéresser de plus près à un conflit qui, visiblement, semble trop éloigné de la métropole pour susciter de l'intérêt.
Quant aux comoriens de Moutsamoudou, de Fomboni et de Moroni, sur les trois îles sœurs indépendantes, j'imagine qu'ils hallucinent certainement en observant leurs frères mahorais se rebeller contre la vie chère, alors qu'ils sont confrontés eux-mêmes à un profond dénuement sans aucun espoir d'avenir meilleur.
Aussi, les manifestations contre la vie chère s'ajoutant désormais aux ingérables et insolutionnables problèmes de l'immigration clandestine en provenance des Comores, Mayotte risque de devenir une épine très douloureuse dans le pied de la métropole si ce climat malsain perdure encore.
Mais il serait hypocrite de le nier,  pour la France, Mayotte représente depuis longtemps un boulet qui ne rapporte strictement rien sinon des ennuis en perspective.
En 1975, le gouvernement de l'époque, au cours du référendum pour plébisciter l'indépendance de l'archipel, a été décontenancé par le choix des mahorais de maintenir leur île au sein de la République française.
Et le nouveau référendum organisé en 1976, qui a confirmé massivement ce choix, n'a pas laissé d'autre alternative à l'hexagone que de garder Mayotte dans son giron administratif sans savoir véritablement quoi en faire.
Et même si aujourd'hui Mayotte peut être considérée comme privilégiée par rapport aux Comores indépendantes, lorsqu'on compare son niveau de développement à celui de l'île de la Réunion, on a l'impression que les deux départements ne vivent pas dans la même décennie.
Il faut bien-sûr reconnaître que la métropole subvient financièrement à une grande partie des besoins majeurs de l'île car dans le cas contraire la misère serait totale à Mayotte mais il reste encore beaucoup à faire dans le domaine économique et social pour hisser ce nouveau département d'outre-mer au niveau de la Réunion.
Mais quoi qu'il en soit, rien ne justifie que les hommes politiques de la métropole, et le gouvernement en particulier, se désintéressent de ce nouveau département qui, par son statut, doit impérativement bénéficier des mêmes attentions que n'importe quel autre département français.
Si l'île de Mayotte est devenue un département d'outre-mer, c'est aussi parce que la France n'a pas souhaité le contraire.
Il lui appartient donc de prendre ses responsabilités en intervenant directement dans un conflit que l'état doit résoudre en arbitrant avec justesse, honnêteté et impartialité.
Cela dit, la tension qui sévit actuellement à Mayotte, quel qu'en soit le bien fondé, me rappelle que j'ai toujours été opposé à l'appartenance de l'île à la France dès lors que les trois autres îles de l'archipel des Comores se sont prononcées pour l'indépendance en 1975, contrairement à Mayotte.
J'ai donc toujours pensé que les revendications régulières des divers "monarques polichinelles" de l'Union des Comores pour que l'île de Mayotte soit rattachée à leur pays, étaient on ne peut plus légitimes.
Il y a tout de même une certaine forme d'incongruité à voir ce petit archipel coupé en deux parties, l'une comorienne, l'autre française.
Une anomalie de l'histoire aura séparé et éloigné définitivement un même peuple.
Car on peut retourner le problème dans tous les sens, à Mayotte comme aux Comores, il n'y a que des Comoriens, au même titre qu'il n'y avait que des allemands des 2 côtés du mur de Berlin.
Il est donc assez affligeant de constater que les mahorais, certes logiquement exaspérés par l'immigration comorienne, oublient qu'ils sont avant tout, eux aussi, des comoriens, souvent originaires des iles d'Anjouan et des Grandes Comores.
Les mahorais possèdent la même religion, la même langue et les mêmes coutumes que les comoriens et l'appartenance de Mayotte à la France ne pourra jamais changer cette réalité.
Je regrette donc cette situation de séparation car géographiquement elle est absurde mais aussi parce que je reste convaincu que "l'amour" des mahorais pour la France est bien plus dicté par les besoins de l'estomac que par un quelconque sentiment patriotique envers la métropole.
Il suffit d'observer dans quel état économique déplorable se trouvent les Comores, dont la population misérable tente chaque jour d'émigrer sur l'ile sœur de Mayotte au péril de sa vie, pour comprendre l'extrême motivation des mahorais à rester français à tout prix, même si beaucoup d'entre eux maitrisent encore bien mal la langue de Molière et n'entendent rien à l'histoire de leur pays...la France.
Mais comment agirions-nous à leur place ?
Poser cette question, c'est déjà y répondre.
Et vu sous cet angle, nous sommes tous des mahorais !

10 commentaires:

  1. Ho là là Phemga. En confondant un mayottien avec un comorien je connais quelques malouins, pardon mahorais qui te feraient bien ta fête à la récréation.
    Un mahorais est FRANCAIS et pas comorien. Si tu ne comprends pas cela, tu vas avoir de sérieux ennuis avec les associations anti racisme. Essaie de dire à un écossais qu'il est en fait un anglais...
    Bon, je te laisse car j'ai une bonne aile de poulet rôti à dévorer.
    Au fait, on n'est quand même pas tous des mahorais. Il ne faudrait pas nous prendre pour des billes en plus.

    RépondreSupprimer
  2. C'est vrai que Mayotte, ça ne nous parle pas contrairement à la Réunion qui fait rêver. On fait très peu de pub sur cet endroit dont on dit qu'il y a de belles plages et des lagons merveilleux. Souvent lorsqu'on parle de Mayotte c'est pour signaler des problèmes sociaux. Je ne connais rien aux problèmes locaux donc je ne risque pas de donner un avis éclairé sur votre article mais je constate encore une fois que vous maniez la carotte et le bâton avec une certaine dextérité. Votre article donne l'impression que vous soutenez fermement les mahorais dans leur démarche et cela doit être le cas mais lorsque vous leur rappelez certaines vérités qui ne doivent pas faire plaisir, vous prenez tout le monde à contre pied.

    RépondreSupprimer
  3. Pour avoir vécu 1 année entière à Mamoudzou je peux vous confirmer que les grandes enseignes d'alimentation ne se privent pas pour faire monter le prix des produits. Quelques cts d'euro par ci quelques cts par là.
    A la longue ce sont des augmentations insupportables qui ne visent qu'à consolider les marges de groupes déjà ultra bénéficiaires. Les mahorais ont donc parfaitement raison de se battre car cela ne peut plus durer.
    Une partie de votre article ne fera sans doute pas plaisir aux insulaires qui pourraient vous lire mais je pense comme vous.
    Il n'y a aucune différence entre un comorien et un mahorais. Les bégaiements de l'histoire ont permis la séparation d'un seul peuple. Une minorité reste malgré tout favorisée alors qu'une majorité se débat dans la pauvreté sans aide de qui que ce soit.
    La logique aurait voulu que l'ensemble des Comores devienne indépendant mais on ne refait pas l'histoire.

    RépondreSupprimer
  4. On se demande si les photos qui accompagnent votre article ne proviennent pas plutôt du Libéria ou de la Somalie. Mayotte, est-ce bien la France ?
    Bon, mon cousin qui est près de moi me dit que dans certaines banlieues de Paris on peut obtenir exactement les mêmes images.
    Vous auriez quand même pu choisir des photos un peu plus paradisiaques histoire de nous donner envie de visiter le pays. On ne peut pas dire que vous faites de la pub pour Mayotte.

    RépondreSupprimer
  5. Sarahly a raison les images de l'article donne l'impression qu'on se trouve dans une démocratie bananière du tiers monde.
    Je crois d'ailleurs que le tiers monde se trouve à quelques dizaines de kilomètres au large de Mayotte. Excepté ce mouvement social important, le plus grand problème de Mayotte est l'immigration clandestine. D'après ce que j'ai pu lire sur le web, c'est comme le dit Phemga un problème insolutionnable. La seule solution qui me vient à l'esprit serait de remettre toute l'archipel des Comores sous le contrôle de la France. Au moins, on stopperait net l'immigration clandestine même si ça coûterait beaucoup d'argent. Je sais que ce n'est pas le sujet de l'article de Phemga qui était plus orienté sur le conflit social et sur l'appartenance de Mayotte à la France mais je crois qu'on ne peut pas dissocier Mayotte du grave problème de l'immigration clandestine qui finira un jour par devenir un danger gravissime pour l'existence même de cette petite ile considérée malgré tout comme un oasis où il fait encore bon vivre.

    RépondreSupprimer
  6. Phemga je pense qu'il est très maladroit de remettre en cause le patriotisme des mahorais vis à vis de la France. Vos commentaires pourraient être mal interprétés et considérés comme racistes. Comme j'ai l'habitude de lire vos articles, je sais que vous n'êtes jamais animé d'un tel sentiment mais j'aurais préféré un peu plus de retenue sur ce sujet très sensible. Je reste également très déçu par votre opinion sur Mayotte qui selon vous n'aurait jamais du être française. L'anomalie de l'histoire dont vous faites allusion n'est pas autre chose qu'un vote massif des mahorais pour rester sous l'influence de la France. Votre terme, anomalie, est donc très blessant, je dirai même humiliant.
    Pour ce qui est du conflit social, depuis toujours les grandes surfaces ont fait leur beurre sur le dos des mahorais, cela n'est donc pas nouveau. Mais comme vous l'avez dit elles ont dépassé la mesure et s'il n'y a pas de retour en arrière, il faudra s'attendre à des jours sombres car les mahorais ne vont plus se laisser faire.
    Je constate quand même avec soulagement que vous soutenez les revendications mahoraises.
    Voici au moins une bonne nouvelle.

    RépondreSupprimer
  7. Edou a sans doute mal interprété l'article de Phemga qui, comme d'habitude, ne mâche pas ses mots, sans jamais faire preuve pourtant de manque de respect pour ce qui est respectable, comme le sont bien entendu les mahorais et leur belle ile de Mayotte.
    Pour ce qui est de Mayotte en tant que département français, on peut quand même s'interroger sur cette séparation en 2 parties de l'archipel des Comores. Cette situation ne pouvait qu'exacerber les tensions entre comoriens et mahorais vue la misère qui règne aux Comores.
    Mais si les comoriens ont fait le mauvais choix, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux mêmes. Ils souhaitaient l'indépendance et cela était normal. Ils doivent désormais en assumer le prix et les responsabilités. Il faut avouer qu'ils n'ont pas été aidés par leurs différents dirigeants qui comme le dit si bien phemga ne sont que des monarques polichinelles.
    Pour ce qui est du fameux conflit social, c'est vrai qu'on n'entend pas grand chose sur les radios ou sur les télévisions. Nous avons donc peu d'éléments qui permettraient de se faire une idée sur les motivations des uns et des autres. On comprend quand même que les abus des grandes surfaces sur les prix à la consommation sont devenus insupportables pour les gens qui disposent de petits revenus et qu'il est nécessaire de se faire entendre par tous les moyens lorsqu’il n’y a plus d’espoir de trouver une solution dans le calme.
    Il faut espérer que la raison finira par l’emporter sur les égoïsmes et la cupidité.
    Les photos de l’article sont assez troublantes. On ne croirait jamais qu’on se trouve en France, même sous les tropiques. C’est à se demander si Phemga ne s’est pas trompé dans le choix des photos.

    RépondreSupprimer
  8. Mayotte coûte très cher à la France et c'est un vrai poids pour le pays. Que se passerait-il si demain la France décidait de donner son indépendance à Mayotte?
    Comoriens et mahorais: Même combat
    Bon je sais qu'on n’a jamais vu la France donner son indépendance à l'un de ses départements mais si une telle chose devait arriver, les mahorais auraient certainement plus de raisons de se plaindre qu'ils en ont actuellement. Je ne dis pas qu'ils ont tort de manifester, au contraire mais il y a dans le monde de nombreux pays qui n'ont pas la chance des mahorais et cela il ne faut pas l'oublier. Les comoriens sont là pour le rappeler tous les jours et je ne parle pas des somaliens et de bien d'autres pays sur le continent africain. Et à Madagascar, sont-ils plus heureux que les mahorais?

    RépondreSupprimer
  9. Phemga, vous déplorez l'indifférence de l'état mais cette indifférence n'est-elle pas volontaire et n'aurait-elle pas pour but de laisser pourrir la situation pour créer des divisions chez les contestataires. Vous dites que la pénurie s'installe peu à peu sur l'ile mais justement, c'est sans doute ce qu'attend le gouvernement de Sarkozy. Lorsque tout le monde aura faim, des dissensions entre les manifestants apparaitront et ils finiront par se battre entre eux, faisant l'affaire de ces grands magasins véreux qui se fond des fortunes honteuses. La stratégie de Sarkozy est peut-être d'attendre les divisions pour avoir les mains libres et agir une fois que tout le monde sera épuisé. Le petit Napoléons a plus d'un tour dans son sac.

    RépondreSupprimer
  10. En fait Phemga, si je résume bien votre article, vous soutenez les revendications des manifestants Mahorais mais vous estimez que Mayotte ne devrait pas être Française car les habitants sont aussi patriotes que moi je suis président de la république. Votre article est très intéressant mais vous n'aviez pas besoin d'écrire toutes ces lignes pour formuler vos idées sur la question.
    Que de temps perdu!

    RépondreSupprimer