samedi 5 novembre 2011

Charlie Hebdo et la vengeance de l'obscurentisme


Les 100 coups de fouet promis par la caricature de Mahomet devront sans doute être infligés à tous les employés de Charlie Hebdo car il est certain qu'aucun d'entre eux n'aura trouvé matière à rire dans l'incendie criminel qui a ravagé leurs locaux et détruit leur outil de travail ce mercredi 2 novembre 2011.
Les probables représailles qui ont été pratiquées en réponse à la parution du dernier numéro de Charlie Hedbo consacré à la charia, où le prophète Mahomet est brocardé, constituent un acte criminel d'une gravité absolue. 
Il convient cependant de demeurer relativement prudent quant à l'identité des auteurs de cet incendie et surtout de ne pas procéder à des amalgames hasardeux qui tendraient à stigmatiser une religion en particulier et à faire le procès d'une certaine catégorie de la population qui vit paisiblement en France.
On se doute bien que, sauf colossale surprise, les auteurs de cette acte insensé ne sont pas des catholiques ou des juifs intégristes mais en aucune manière on ne peut se permettre de viser particulièrement telle ou telle religion sous prétexte que des "déchets de l'humanité" ont cru bon de transformer les 100 coups de fouet en feu de l'enfer contre ceux dont l'exercice de la satyre est le métier.
L'enquête qui a été ouverte se chargera peut-être de nous éclairer sur l'identité des responsables de ce forfait afin qu'ils soient châtiés avec la plus extrême des fermetés, eux et leurs éventuels commanditaires.
Si ceux-ci étaient retrouvés, il appartiendra à la justice de procéder à un exemple exceptionnel dans la sévérité de la peine car le message doit être parfaitement clair pour ceux qui se complaisent dans l’obscurantisme moyenâgeux et qui n'ont comme seul discours que celui de la violence.
Cette triste affaire relance naturellement le vieux débat sur la liberté d'expression de la presse face à une minorité d'individus intégristes qui n'a pas sa place au sein de la République et qui, malheureusement, continue de se répandre insidieusement et dangereusement parmi nous chaque jour.
Dans tout pays démocratique, la liberté d’expression est un droit inaliénable et elle ne saurait faire l'objet d'une quelconque négociation.
Cependant, cette fameuse liberté d'expression que nous invoquons à toutes les sauces, ne signifie pas qu'on soit autorisé à dire ou à dessiner tout et n'importe quoi, sans tenir compte d'un certain nombre de principes auxquels on ne devrait jamais déroger.
Dans le domaine de la religion, il serait avisé de se référer à l'histoire de l'humanité pour encourager un minimum de retenue sur des sujets susceptibles d’exacerber les passions les plus violentes.
Depuis que les religions existent, les hommes ont impitoyablement massacré leurs semblables au nom d'un prétendu dieu et d'une foi qui ont engendré tellement de haine de par le monde qu'une prudence systématique devrait être de rigueur dans l'expression de certaines idées.
Et au regard de l'histoire des religions, composée trop souvent de fleuves de sang et de larmes, certains journalistes ne peuvent pas sans cesse revendiquer la liberté d'expression pour s'engager sur des chemins de traverse qui les amènent à franchir trop régulièrement les frontières du blasphème et de la provocation.
On peut condamner sans ambages les prêtres pédophiles, critiquer vivement le port ostentatoire de signes religieux, dénoncer l'ostracisme de quelques comportements et obliger les intégristes de tout bord à se conformer aux lois en vigueur, par la force si nécessaire, mais on doit éviter de tourner en dérision certains symboles religieux et encore plus d'insulter ceux qui sont considérés comme des prophètes.
Si au nom de la liberté d'expression, tout doit être permis et si aucune limite n'est tracée, comment identifier les repères qui imposent un minimum de sens déontologique, de respect de l'autre et de savoir vivre ?
Le fait de refuser d'entendre ceux qui s'indignent sincèrement devant des atteintes trop lourdes portées à leur sensibilité religieuse, n'est-il pas en soi un manque flagrant de tolérance ?
En conséquence, ne pourrait-on pas évoquer une forme de dictature de la démocratie au même titre que nous dénonçons le despotisme de certaines religions ?
Si l'intolérance religieuse est liberticide, la liberté telle que nous la concevons en occident peut-elle survivre durablement à ses nombreux excès ?
Bien des questions demeurent en suspend lorsqu'il s'agit de faire cohabiter nos valeurs occidentales avec des valeurs différentes mais qui ne sont pas forcément aux antipodes des nôtres.
En s'attaquant à ce qui est foncièrement sacré pour certains et en s'autorisant toutes les outrances, Charlie Hebdo a pris des risques connus mais non mesurés.
Et dans ce domaine, il est très rare de semer le vent sans récolter la tempête.
Qu'on ne s'y trompe pas; Je ne cherche pas à relativiser l'acte inqualifiable des auteurs de l'incendie des locaux de Charlie Hebdo mais tout simplement à expliquer que des provocations trop zélées, dénuées de toute décence et du moindre respect, peuvent attiser les feux de la haine.
Les gens de Charlie Hebdo, peut-être un peu trop arrogants dans leur attitude, s'estimant protégés par le boulier de la liberté d'expression, n'ont sans doute jamais apprécié, à leur juste mesure, les nombreuses menaces perpétrées contre leur journal
Et à cet effet, la mise à exécution de celles-ci ne constitue pas en l’occurrence une réelle surprise.

8 commentaires:

  1. Je suis bien d'accord avec vous Phemga. La liberté d'expression est un droit qui comporte aussi des devoirs. Or, sous prétexte de cette liberté, des journalistes franchissent des limites parfois inacceptables. Bien-sûr, rien ne peut excuser l'incendie volontaire du siège de Charlie Hebdo et j'espère que les coupables seront attrapés et sévèrement punis.

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  2. 100 coups de fouet, c'est ce qu'il faudrait infliger aux pourritures qui ont commis ce crime avant de les envoyer en prison.
    Je respecte toutes les religions mais il faut bien avouer que l'humour n'est généralement pas leur qualité première.
    Les journaux satyriques sont donc des ennemis redoutables pour elles et je suis certaine que beaucoup de gens qui ont condamné officiellement l'incendie, au fond d'eux mêmes, ne sont pas mécontents de ce qui est arrivé à Charlie Hebdo.

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  3. Nom d'un prophète Phemga, tu as osé charger sur ton blog la caricature de Mahomet!!
    Tu as intérêt à raser les murs mon frère car ça risque d'être encore ta fête....comme celle du mouton, lol.

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  4. Si on ne réagi pas très sévèrement contre les gens qui ont brûlé Charlie Hebdo, on laisse la porte ouverte à d'autres exactions de ce genre et il faut effectivement que la justice fasse un exemple en infligeant une peine très dure, même disproportionnée aux auteurs de ce qu'il faut appeler un attentat.
    Pour cela il faudrait déjà que ces personnes soient arrêtées et ça ne va pas être évident.

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  5. Lorsqu'on touche à la religion, qu'on se moque des symboles les plus sacrés ou qu'on provoque sans limites, il faut s'attendre un jour ou l'autre à recevoir des coups de bâton. Comme vous le dites Phemga, ce qui est arrivé n'est pas vraiment une surprise car cela devait arriver un jour. Heureusement, il n'y a pas eu mort d'homme et je pense que les auteurs de l'incendie ont choisi une heure où il ne risquait pas d'y avoir des victimes. Personnellement j'ai toujours détesté ce journal qui ne vit que par la dérision et l'irrespect de gens. Je ne vais donc pas pleurer sur son sort même si je condamne avec force les auteurs de l'incendie. Personne n'a le droit de s'exprimer en détruisant le bien d'autrui. La liberté d'expression comme vous l'écrivez Phemga ne doit pas être l'argument perpétuel qui permette de dire tout sans aucune retenue. Vous posez des questions très pertinentes dans votre article et je me permettrais d'en poser une nouvelle déjà bien connue de tout le monde:
    Trop de liberté ne tue-t-elle pas la liberté ?

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  6. Je suis tenté de dire que les mécréants ont été punis car on ne peut pas indéfiniment cultiver l'insulte sans subir les foudres de ceux qui se sentent insultés et méprisés.

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  7. Ce qui vient de se passer avec l'incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo démontre une nouvelle fois que la cohabitation entre l'ISLAM et un état de droit sera toujours très compliquée.
    Et oui Phemga, je ne crains pas moi d'employer les mots qui doivent être employés.
    Quoi qu'on puisse dire des musulmans, leur religion est tout sauf une religion tolérante.
    Mais quel exemple de tolérance pourrions-nous invoquer en décrivant l'islam?
    L'islam est un dogme qui peut s'avérer dangereux à certaines occasions et les exemples dans ce domaine ne manquent pas.
    Comme le fait comprendre Aurore, qui comme vous Phemga, n'ose pas appeler un chat un chat, tous les musulmans devant les caméras de télévision condamnent l'incendie de Charlie Hebdo mais au plus profond d'eux mêmes, sournoisement, beaucoup doivent jubiler et remercier Allah qui aura permis qu'une telle chose survienne.
    Ce n'est quand même pas un hasard si une majorité de gens en Europe craint l'islam qui brille bien trop souvent pour ses débordements que pour sa tolérance.
    Et tant pis si vous me censurez pour mes commentaires que j'estime pourtant mesurés.
    Vous au moins les aurez lus.

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  8. Rogange votre commentaire chargé d'humour, comme d'habitude, lorsque vous vous "attaquez" à Phemga ne peut cacher certaines intentions non avouées de votre frère blogueur. Je ne doute pas qu'en accompagnant son article de la caricature de Mahomet, Phemga veuille défier à son tour ce qu'il appelle à juste titre l’obscurantisme.
    N'est-ce pas là une manière détournée de dire : "Il ne faut jamais céder au totalitarisme?".

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