jeudi 8 mars 2012

Elections présidentielles françaises : Nicolas Sarkozy ou la chronique d'une défaite annoncée


Lorsque Nicolas Sarkozy a été élu en 2007, je me souviens que les espoirs fondés par la majorité des français étaient immenses.
Le brio de ses discours et ses projets accrochaient les esprits et frappait le cœur.
Son enthousiasme, son hyper activité, ce besoin d'être partout, à toute heure du jour et de la nuit, impressionnaient le monde entier.
On sentait que son engagement et son implication dans tous les problèmes de la société et sur les évènements extérieurs à la France étaient quasi illimités et on éprouvait cet étonnant sentiment d'être quelque peu épuisés par tant de dynamisme.
Jamais un chef d'état n'avait montré une telle débauche d'énergie et malgré le bling-bling inhabituel qui a tant été décrié par la suite, dans l'euphorie générale, on avait réellement envie de croire qu'il était l'homme providentiel que la France attendait.
L'omnipotence d'un personnage véritablement monté sur piles était même inquiétante, car elle reléguait les principaux responsables des partis de l'opposition à de simples figurants, qui paraissaient anesthésiés par ce petit Napoléon qui ne tenait pas en place.
Cette situation incongrue, où l'opposition était devenue aphone, me semblait d'ailleurs nuire aux principes de la démocratie mais après tout, Nicolas Sarkozy n'était pas arrivé au pouvoir par le force des baïonnettes, ni par une quelconque magouille politique, mais par la vérité des urnes.
En ce mois de mars 2012, que reste-il donc de toutes ces aspirations, de cette folle espérance qui a tant animé une grande partie des français, alors qu'ils ont dû subir, ces 4 dernières années, une crise inattendue dont l'ampleur est sans précédent depuis les années 30 ?
Il faut reconnaître aujourd'hui que pour beaucoup de gens, la déception est à la hauteur des attentes de 2007 ; forte et profonde.
Tout en tenant compte des déboires engendrés par la crise qui ont certainement changé la donne politico- économique, l'attitude quotidienne de Monsieur Sarkozy, souvent hautaine, trop sûre d'elle même, aura particulièrement favorisé l’émergence d'un rejet profond au sein d'une grande partie de la population, alors en proie à de multiples difficultés.
Un rejet que les différentes réussites à l'international ne seront pas parvenues à modérer.
Et le lourd échec sur le problème chronique du chômage dont la promesse de baisse significative était un argument fort de la campagne de 2007, allié à la perte constante du pouvoir d'achat des français, aura contribué à exacerber les sentiments les plus vindicatifs à son encontre.
D'autre part, alors que Monsieur Sarkozy aura besoin de tout son électorat pour tenter de se maintenir au pouvoir, le peu d’engouement que suscite la présidentielle, à moins de 2 mois du premier tour, ne risque pas d'arranger les choses en cas d'abstention importante.
Il faut reconnaître que lorsqu'on constate qu'un sujet comme la viande halal est placé sur le devant de la scène dans une campagne présidentielle, au moment où les français s'inquiètent terriblement pour leur avenir, il y a de quoi désespérer de ces hommes et femmes politiques de tout bord qui perdent leurs nerfs au moindre incident et dont le niveau de réflexion, parfois, ne dépasse pas celui de la cour de récréation d'une école primaire.
A cet effet, on pourra sans doute regretter l’absence d'un homme qui, s'il n'avait pas eu pour habitude de déboutonner sa braguette chaque fois qu'il croisait une dame de bonnes ou de mauvaises mœurs, aurait certainement su élever, en matière de politique j'entends, les débats bien au dessus de la ceinture.
On a d'ailleurs cru que son absence était une très bonne nouvelle pour Monsieur Sarkozy qui, secrètement, a dû bénir pour un temps la profession de femme de chambre.
Il n'en sera rien, car dans l'opinion publique, l'antipathie envers le président Sarkozy semble tellement importante, que même si le PS avait choisi un autre candidat que François Hollande, celui-ci serait également en tête des intentions de vote.
Il semble donc que globalement ses réserves de voix paraissent très largement insuffisantes alors que les électeurs de Marine Le Pen et de François Bayrou sont très partagés sur leur choix de vote au second tour.
Je n'irai pas jusqu'à dire que tout est perdu pour Nicolas Sarkozy, car celui-ci possède une telle capacité à retourner les situations compromises et une si grande énergie dans les combats qu'il entreprend, qu'un mince espoir subsiste encore.
Mais il faut garder un minimum de lucidité.
Les sondages, même s'ils doivent être considérés avec beaucoup de réserves, donnent une avance au second tour, en faveur de Monsieur Hollande, jamais obtenue par un candidat à une élection présidentielle à quelques semaines de l'échéance.
Cela tendrait à démontrer que les français pourraient d'abord voter plus pour se débarrasser de Monsieur Sarkozy que pour voir François Hollande à la tête de l'état.
Cette élection présidentielle de 2012 a de grandes chances d'être avant tout un référendum contre Nicolas Sarkozy.
Ne nous voilons donc pas la face ; si Nicolas Sarkozy a vécu l'exaltation d'Austerlitz un soir de mai 2007, il est probable qu'il connaisse l'ambiance des mornes plaines de Waterloo dans 2 mois.
La question qui se pose donc, est de savoir si, en cas de victoire, un homme comme François Hollande, fade et sans saveur, à qui il n'a jamais été confié la moindre responsabilité au sein de l'état, serait en mesure de réussir, dans la présente conjoncture, là où Monsieur Sarkozy a connu tant d'embûches et de contrariétés ?
Sans aucune hésitation, je réponds non.
Dans la situation de crise dans laquelle est plongée la France, rien ne saurait remplacer l'expérience du terrain lorsqu'on aspire aux plus hautes fonctions de l'état.
Le seul homme de gauche qui avait les capacités de redonner des couleurs à la France, a ruiné sa carrière politique dans une luxueuse chambre d'hôtel de New-York.
Certes, il est probable que dans plusieurs mois le gros de la tempête soit passé et que Monsieur Hollande, s'il était élu, récupère le gouvernail d'un navire qui aura déjà traversé les plus fortes intempéries.
La gestion de la France devrait s'en trouver alors heureusement plus aisée.
Malgré le fait que je ne partage pas le projet de Monsieur Hollande qui ne me semble pas répondre à la crise et dont les discours ne m'interpellent pas, je souhaite sincèrement qu'en cas d’élection, la situation économique lui soit plus favorable car je n'ose pas imaginer ce qui arriverait s'il devait tenir la barre du navire France au milieu d'une nouvelle tempête où, comme cela a été le cas pour Nicolas Sarkozy, tous les éléments étaient déchaînés.
En aucune manière je n'espèrerai l'échec d'un homme politique, même si je ne ressens strictement aucune affinité à son égard, dès lors qu'il tient entre ses mains l'avenir de mon pays.
Comme beaucoup de gens en 2007, j'ai adhéré aux idées de Monsieur Sarkozy.
Le 22 avril et je l'espère le 6 mai prochain, sans réelles illusions, je lui renouvellerai mon suffrage, faisant fi de mes propres déceptions.
Et mes espoirs, plus mesurés, seront de 2 ordres : 
Qu'en cas de victoire, que je qualifierai de miraculeuse, les leçons des échecs passés soient tirées pour que tout soit réellement mis en œuvre afin de stopper l'hémoragie du chômage et la baisse constante du pouvoir d'achat de la majorité des français.
Qu'en cas de défaite, celle-ci ne soit pas d'une ampleur telle qu'elle confèrerait à la victoire de François Hollande des allures de triomphe à la Jules César revenu de sa campagne gauloise.
Mais quel que soit le vainqueur, je lui souhaiterai bonne chance pour ramener la France sur le chemin de la reprise économique.

10 commentaires:

  1. Et bien Phemga, tu n'es pas très optimiste pour Sarko mais les sondages ne plaident pas en sa faveur, c'est le moins qu'on puisse dire. Le désamour avec les français est important et à moins d'une magouille à la russe ou à l'africaine pratiquement impossible dans une démocratie comme la France, le seul espoir est d'aller prier longtemps, très longtemps. Et à Lourdes si possible, la ville des miracles.

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  2. Et oui Phemga,les aventures de maitre Sarko se termineront certainement en mai prochain et ce n'est pas moi qui le regretterai. Hollande n'est pas vraiment l'idéal et j'aurais préféré Dsk mais en ce qui me concerne, ça sera tout sauf Sarko. Je dois avouer que je n'ai jamais voté à droite et ce n'est pas demain que cela arrivera. Votre dernière phrase prouve votre fair-play et cela correspond bien à l'image que je me fais de vous.

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  3. Je crois qu'il ne faudrait pas enterrer trop vite Nicolas Sarkozy. Je fais partie des indécis mais plus j'écoute les discours de François Hollande et plus je me rends compte qu'il n'est pas celui qui sera capable de redresser la France. Tous les sondages montrent que François Hollande est ultra favoris et celui-ci se voit déjà président pour 5 ans avant même que les français aient voté. Quand on sait combien les français sont imprévisibles, la méfiance devrait être de mise car les jeux sont loin d'être faits. Ceux qui pleureront le 6 mai ne sont pas obligatoirement ceux qu'on croit.

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  4. Vos quelques lignes sur Dsk sans le nommer m'ont bien fait rire Phemga. Je vois que vous ne vous faites pas beaucoup d'illusions sur les chances de Sarkozy. Il en a peu effectivement mais il est bien prématuré de le voir perdant tant son dynamisme est capable de soulever des montagnes. Votre pessimisme me surprend mais peut-être est-il trop aligné sur les sondages.
    La perspective de voir Hollande au pouvoir me chagrine beaucoup car rien dans ce qu'il dit ne fait apparaître la stature d'un chef d'état.

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  5. Les français en ont assez de ce président bling bling qui pense avoir toutes les réponses aux questions et qui donne des leçons à la terre entière mais qui a fait tant d'erreurs qu'on pourrait écrire un livre. Sa soudaine modestie et son mea culpa ne trompent personne. On ne change pas le naturel d'un homme. Pendant près de 5 ans, nous avons eu tout le loisir de le juger et la sentence tombera le 6 mai à moins que cela ne soit dès le premier tour. Vivement le mois d'avril.

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  6. C'est sur Phemga, le climat de ces présidentielles est assez malsain et cela ne va pas encourager les indécis à se rendre dans les bureaux de vote. Pourquoi voter pour des imbéciles dont la préoccupation essentielle est de détruire les arguments des concurrents? Le niveau est très bas et perso, je passerai mon chemin. Sarkozy ou Hollande ne changeront pas mon destin ni même mon niveau de vie. Quelque soit celui qui sera élu, il ne tiendra pas ses promesses et enverra tout le monde se faire cuire un œuf. Donc, comptez pas sur moi pour faire mon devoir de citoyen.

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  7. Nicolas Sarkozy est perdu et je suis persuadé qu'au fond de lui il le sait déjà. Vous aussi Phemga vous le savez. L'espoir que vous formulez à la fin de votre article est on ne peut plus clair.
    Au second tour, avec les reports de voix il n'aura aucune chance de victoire. Sarkozy n'a plus la victoire en lui et le combattant qu'il était n'a plus la même foi. Pour lui, une défaite ne sera pas obligatoirement une mauvaise nouvelle. Il va enfin pouvoir s'occuper de sa femme et de son nouvel enfant. Après tout, la démocratie c'est aussi l'alternance. Le problème est que Hollande ne m'inspire pas plus confiance que Sarkozy. La France a bien du soucis à se faire pour l'avenir et cette histoire de DSK avec cette femme de chambre du Sofitel aura des conséquences finalement très importantes pour la France qui tenait en l'homme du FMI un véritable chef d'état en puissance.

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  8. Waterloo mornes plaines pour Sarko mais le soleil d'Austerlitz sera cette fois ci pour Hollande.
    A moins qu'un vilain petit canard remporte la mise en dehors de toute logique?
    Avec le peuple français il faut s'attendre à tout.

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  9. Et bien moi, je suis vraiment impatiente d'arriver aux élections présidentielles car, sans vouloir vous froisser Phemga, Nicolas Sarkozy m'insupporte. Rien qu'en le voyant à la télé mon humeur devient belliqueuse. Je n'affirmerai pas que si François Hollande avait été élu président en 2007 il aurait fait mieux que Sarkozy.
    Cela aurait été même peut-être pire.
    Je reproche principalement à Sarkozy son attitude continuellement arrogante, parfois méprisante qui a fini par me dégoûter. Je ne veux plus voir cet homme à la tête de la France dans 2 mois. le 22 avril et le 6 mai, ce n'est pas pour Hollande que je vais voter mais contre Sarkozy.

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  10. J'ai exactement les mêmes sentiments que les vôtres Phemga. J'ai voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 et je vais de nouveau voter pour lui cette année mais sans illusions sur ses chances de remporter la victoire. L'homme m'a beaucoup déçue mais ce François Hollande je ne le sens vraiment pas. N'est-il pas à la place où il se trouve parce qu'il a bénéficié du forfait de Dsk? Nicolas Sarkozy gère aussi bien que mal une crise très grave et je crois qu'il ne serait pas bon de le voir partir au milieu des turpitudes économiques du moment.

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