mardi 16 octobre 2012

14e Sommet de la Francophonie : La rupture !




Le 14e sommet de la Francophonie de Kinshasa qui vient de s’achever, a revêtu une teneur toute particulière, qui dénote que le temps de la Françafrique semble révolu et sombre, peu à peu, dans les abysses du passé.
Jamais sans doute, les dirigeants qui malmènent continuellement les droits de l’homme, n’ont été dénoncés avec autant de fermeté et de clarté.
La République démocratique du Congo, qui accueillait ce sommet, n’a pas échappé aux critiques, au grand dam de son hôte, le président Kabila, dont le bilan sur le respect des libertés individuelles est déplorable alors que les accusations de fraude électorale paraissent de plus en plus avérées.
François Hollande aura donc incontestablement mis un terme brutal à plusieurs décennies d’hypocrisie que la raison d’état maintenait sans vergogne, alors que les précédents présidents de la république française poursuivaient, bien mollement, leur œuvre de donneurs de leçons sur la prétendue absolue nécessité d’appliquer le fameux principe des droits de l’homme, véritable chimère dans la plupart des pays africains.
Cinq mois après son élection, François Hollande ne m’inspire toujours pas confiance pour conduire les affaires de la France, mais je reconnais humblement que son comportement, au dernier sommet de la Francophonie, m’aura dupé.
Son discours sur la bonne gouvernance, l’état de droit et la démocratie était dénué de toute ambiguïté.
Son attitude, d’une froideur ostensible à l’égard de Joseph Kabila, dictateur par excellence, aura véritablement marqué ce sommet, envoyant de fait un message très clair aux autres chefs d’états dont le comportement n’est pas plus reluisant.
Une ère nouvelle s’annonce après ce 14e sommet de la Francophonie.
Mais les déclarations, motivées par l'orgueil, de Monsieur Kabila qui, pour répondre à François Hollande, estime sans aucune honte que la RDC est fière de la démocratie exercée dans le pays et qu'elle est pratiquée par conviction, démontre que le chemin qui mène à la liberté est encore très long et semé d’embûches mortelles.
Aussi, il n'y a pas matière à se montrer exagérément optimiste, car au delà des bouffonneries émises par Monsieur Kabila, je ne crois pas un seul instant que la realpolitik cessera de diriger complètement les actions des états qui prônent l'avènement de la démocratie.
Il est néanmoins rassurant d’observer que les grandes accolades chaleureuses et complices entre les dictateurs mal élus, dépouilleurs de leur peuple et les représentants des états de droit ne sont plus de mise.
La barrière érigée, pour mettre à nue les divergences, est sûrement la première phase d’un changement qui, au fil du temps, devrait imposer à ceux qui bafouent impunément les droits de l’homme, une ligne plus concordante avec les réelles aspirations de leur peuple.
Si le choix porté sur la République démocratique du Congo pour organiser ce 14e sommet de la Francophonie restera toujours discutable, tant il y a de choses à dire sur les violations permanentes des libertés individuelles, la prochaine rencontre qui se tiendra à Dakar au Sénégal en 2014, est une formidable manière de rendre hommage à la vraie démocratie pratiquée dans ce pays.
Il y sera certainement distiller une saveur moins amère et plus empreinte de chaleur humaine.
Il ne faut pas oublier cependant que la démocratie en Afrique reste une conception extrêmement fragile et qu’en deux ans, bien des choses peuvent évoluer.
Le Mali, qui partage une frontière commune avec le Sénégal, nous rappelle chaque jour que rien n’est définitivement acquis et que tout peut basculer dans le néant, dès lors qu'on se risque à baisser la garde ou à manipuler la démocratie au gré des ambitions personnelles.

14 commentaires:

  1. J'ai écouté le discours de Kabila. C'était hallucinant. Ce type ne sait pas ce que veut dire démocratie mais il en parle comme s'il était un grand expert. La Rdc est mal engagée avec ce genre de phénomène. Pauvre pays, pauvre peuple congolais.

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  2. Hollande a mis un terme définitif à la françafrique par son attitude envers Kabila. Le message est clair et il n'est plus question de se compromettre avec des dictateurs. On l'aime ou on ne l'aime pas mais lors de ce sommet de la francophonie Hollande a marqué les esprits.

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  3. Nous avons constaté que les choses ont changé lors de ce sommet, du moins en public et devant la presse mais qu'en est-il vraiment en coulisse? Comme vous le dites Phemga, la realpolitik sera toujours de mise entre les états et on se saura jamais ce que mijotent les présidents même s'ils ne montrent aucune sympathie réciproque en public.
    La raison d'état a toujours prévalu face aux nombreuses violations des droits de l'homme. Je pense donc qu'il faut encore attendre et rester prudent avant de parler de la fin de la Françafrique.

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  4. Adieu les mallettes et les centaines de milliers d'euros?
    Non, je n'y crois pas, ce n'est pas possible.
    Qui va financer les prochaines campagnes présidentielles françaises?

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    1. Et bien Ndolé, peut-être que nous n'aurons plus d'élections présidentielles en France, faute de mallettes.
      Cela tombe mal car moi, Hollande, il me donne la migraine. Je le voyais bien dégager en 2017, à coups de mallettes.

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    2. Si Seulement Kabila avait eu la bonne idée de garder Hollande dans ses geôles...
      Ce n'est pas parce qu'il a décidé de jouer au grand justicier redresseur de torts que je vais m'extasier devant Hollande.

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  5. Il faut souhaiter que cette nouvelle attitude ne se transforme pas en pétard mouillé, justement pour cause de raison d'état.

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  6. L'ambiance était plutôt glaciale au sommet. La longue récréation pour tous ces présidents africains qui continuent de bafouer la liberté des peuples s'est peut-être achevée pendant ce 14e sommet de la francophonie. L'avenir nous éclairera mais il est évident que le président Hollande ne va pas fermer les yeux sur ceux qui se prennent pour des dieux alors qu'ils ne devraient être qu'au service de leur peuple. Les relations entre l'Afrique et la France sont en train de changer dans le bon sens. Le signale envoyé par le président français ne souffre d'aucune contestation malgré le baroud d'honneur de Kabila qui vit sur une autre planète que celle où souffre son propre peuple.

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  7. Je crois qu'un plus grand signale aurait été envoyé à la communauté francophone si Mr Hollande n'avait pas participé à ce sommet. Là, il n'y avait vraiment pas d’ambiguïté possible.

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  8. Tshisekedi le principal opposant de Kabila est aussi dangereux que lui. Si demain il parvenait au pouvoir, il ne serait pas moins cruel que celui qu'il critique actuellement.
    Ces types là, c'est comme on dit blanc bonnet et bonnet blanc.

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  9. Hollande ou pas Hollande, les histoires de gros sous seront toujours déterminantes pour infléchir la politique de certains pays. Regardons cette histoire bizarre du Qatar devenu membre associé au sein de la francophonie. Ou parlent-ils français ces gens là?
    C'est du foutage de gueule tout ça.
    Comme quoi, avec de l'argent on obtient tout.

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    1. Je suis bien de votre avis Seb.
      C'est étonnant que Phemga n'ait pas fait un petit article sur le sujet.
      Allez, combien a t'il touché des qataris pour se taire, lol ??

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    2. Vero333, Phemga est un supporter de l'OM.
      Et comme il espère bien que les qataris achètent l'OM comme ils l'ont fait avec le PSG, pour qu'on voie des grands joueurs arrivés à Marseille, il se montre prudent lol.

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  10. Il sert à quoi ce sommet de la francophonie?
    En plus il y a de plus en plus de pays dont l'écrasante majorité des habitants ne parlent pas un mot de français.
    A quand la France dans le Commonwealth?

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