lundi 26 novembre 2012

UMP : Le désordre et le chaos



Il est des désastres qui laissent des cicatrices indélébiles.
Il existe des champs de ruine où, en l'état, il ne sera plus jamais possible de construire l'avenir.
La situation abracadabrantesque qui prévaut au sein de l’UMP, depuis l’élection à la présidence de Jean-François Copé, a peut-être sonné le glas des espoirs de ses sympathisants de peser plus significativement sur la vie politique française, après les différentes déroutes électorales de ces dernières années.
La chienlit qui sévit a donné aux français une bien triste image de la politique et de ceux qui sont aux affaires.
Et la gauche au pouvoir, qui n'a pas oublié le fameux congrès de Reims, se montre relativement discrète mais on l'imagine se frotter vigoureusement les mains devant les farces de l'UMP.
Quant aux 265 000 électeurs de l’UMP, même dans leur pire cauchemar, ils n'auraient jamais pensé qu'une telle mascarade d'élection soit possible.
Le combat fratricide entre Copé et Fillon s’est transformé en guerre de clans qui a vu le grotesque et le pathétique noyé le plus grand parti d’opposition de France dans une pantalonnade indicible.
Les très nombreuses personnes qui se sont plaintes d'avoir du patienter des heures dans les files d'attente, avant de pouvoir exprimer leur choix, n'imaginaient pas un seul instant que le pire restait encore à venir.
Les suspicions de Copé sur de prétendues irrégularités lors du scrutin à Nice annonçaient déjà des difficultés sérieuses au cas où Fillon aurait remporté la mise.
Les revendications hallucinantes de victoire, tour à tour, des deux prétendants à la présidence, avant même l'annonce officielle des résultats, a confirmé l’extraordinaire virulence de la guerre des chefs entre Copé et Fillon et la présence incroyable d'une pagaille monumentale au sein de l'UMP.
Mais le surprenant oubli de 1 300 voix dans les DOM-TOM qui auraient soi-disant permis à Fillon de l'emporter d'une très courte tête, alors qu'il avait fini par reconnaître sa défaite, aura constitué le summum de la bêtise et de l'incompétence en matière d'organisation d'élections.
Et au-delà de cette pitoyable bouffonnerie, où pugilats, claquements de porte et langues de bois se sont succédés, la grande perdante de ce scrutin maudit est avant tout la démocratie.
Aussi, ce n'est pas la commission des recours de l'UMP qui proclamera ce lundi après midi le résultat définitif des élections, en entérinant sans nul doute la victoire de Copé, qui redorera le blason d'un parti à la dérive et au bord de l'implosion.
On sait déjà que Fillon, qui ne manquera pas de dénoncer un coup de force, portera certainement l'affaire en justice, ce dernier n'ayant nullement confiance en une commission comportant, selon lui, une majorité de gens favorables à Copé.
Nous nageons incontestablement dans le glauque et le sordide.
Et lorsque les valeurs d'une nation, même au niveau d'un simple scrutin de parti politique, sont bafouées avec autant de légèreté, il convient de prendre des décisions exemplaires pour essayer, autant que faire se peut, de sortir du chaos et de redonner un minimum de dignité à une élection qui ne peut inspirer que frustration, désappointement et consternation.
Or, compte tenu de la situation inextricable dans laquelle se trouve l'UMP, pour éviter une probable scission, la seule décision véritablement salutaire serait d'organiser un nouveau vote des militants dans les tous prochains mois.
C'est à mon sens le seul et unique chemin envisageable pour permettre à des millions de français de retrouver une droite républicaine, unie autour d'un chef qui, à défaut d'être fort, serait au moins légitime.
La question qui se pose également est de savoir comment peut-on désormais octroyer la moindre parcelle de confiance à des hommes qui nous on montré un spectacle aussi indigent ?
Certes, j’aurais tendance à ressentir plus d’indulgence pour Fillon, dont l’ego me semble moins démesuré que celui de Copé et l’honnêteté plus crédible, mais l’image projetée par les deux hommes reste affligeante. 
Un chose demeure certaine, le spectacle rocambolesque servi par Copé et Fillon, aura sans doute éclairé notre lanterne sur les raisons pour lesquelles l’UMP est devenu en deux ans une gigantesque machine à perdre les élections, y compris celles qu’elle organise.
Si demain il y avait une élection présidentielle, à la lumière des derniers évènements survenus, il serait pour moi hors de question de voter pour l'un de ces deux hommes.
Alors que le risque d’une disparition de l'UMP se profile dangereusement à l'horizon, contrairement à ce que certains croient, il est fort peu probable que Nicolas Sarkozy reprenne les gouvernes de sa famille politique.
Tout au plus, agira-t-il dans l'ombre pour tenter de remettre de l'ordre dans la maison mais, à moins d'un miracle, pour lui, l'avenir se situe ailleurs.
Ce dernier parait fort heureux dans sa nouvelle vie où il engrange les dizaines de milliers d'euros grâce aux conférences qu'il donne aux quatre coins du monde.
Pourquoi irait-il donc se salir les mains dans une aventure qui a toutes les chances de mal tourner ?
Le grand gagnant de ce combat de petits gladiateurs minables entre Copé et Fillon, pour l'heure, n'est  pas seulement le PS mais aussi, surtout, le Front National de Marine Le Pen qui, je l'imagine aisément, doit ressentir des crampes d'estomac à force de rire des turpitudes de l'UMP.
En effet, il existe des chances non négligeables pour qu'à terme, de nombreux adhérents déçus de l'UMP et désemparés rejoignent le Front National.
Pire encore, les faiblesse futures de l'UMP ne permettront peut-être plus à ce parti de constituer un rempart contre les avancées du FN.
Marine Le Pen est très consciente de ces perspectives qui pourraient lui donner des capacités de nuisance politique considérablement accrues.
Malheureusement, ce n'est pas demain que nous connaitrons l'avènement d'une opposition constructive, capable de reprendre le pouvoir à la gauche.
Ce qui vient de se passer ces 8 derniers jours aura indubitablement des répercutions graves pour l'avenir de l'UMP qui s'est durablement discréditée aux yeux de ses sympathisants et des français.
Le duel Copé-Fillon étant visiblement loin d'être terminé, la descente aux enfers va donc se poursuivre pour l'UMP, avec des conséquences actuellement incalculables mais certainement catastrophiques dans les prochains mois.
La gauche a donc de très beaux jours devant elle, malgré la crise économique.
Aussi, sans opposition forte, cohérente et respectable, avec l’extrême droite en embuscade, c'est la démocratie qui risque d'être piétinée.
Et avec elle, une partie des fondements de la République.
Car c'est toujours lorsque le désordre et le chaos règnent en maitres que l'intolérance trouve les meilleures armes pour s'approprier les sommets.

19 commentaires:

  1. Quel triste exemple donné au monde.
    Cette histoire de vote raté est une vraie honte pour la France.

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  2. Je ne savais pas que L'ump se trouvait dans un pays du tiers monde.
    Entre les accusations de bourrage d'urnes et autres magouilles, on a du mal à croire qu'on se trouve dans un pays de droit.
    Quel scandale.

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  3. Une lamentable histoire.
    C'est à être dégoûté des politiques.
    On ne peut plus avoir confiance après une telle affaire. Fillon comme Copé sont totalement discrédités. Le mieux serait qu'ils quittent l'UMP tous les deux. Cela laverait un peu la honte qui est tombée sur ce parti.

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  4. S'il y avait une médaille décernée aux langues de bois, Copé aurait l'or à tous les coups. Ce type me sort par les yeux. Nous allons peut-être assister à la fin de l'UMP dans sa forme actuelle. Ce sont les socialistes qui doivent bien rigoler en ce moment.

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    1. S'il n'y avait que les socialistes.
      C'est toute la planète qui se marre en ce moment.
      Elle est belle la France donneuse de leçons.

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  5. Vous êtes bien pessimistes Phemga.
    La France s'est relevée de situations bien plus périlleuses que ce triste épisode politique entre Fillon et Copé.
    Ce qui est dommage, c'est que le monde entier se paie notre tête.
    Il a bien raison en fait.

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  6. C'est à pleurer. D'ailleurs je pleure.
    Je vais finir socialiste si ça continue.
    Pardon, pas la mère Le Pen.
    PAS ELLE.
    Pitié...

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  7. Pourquoi dites vous en parlant du FN : Capacités de nuisance politique considérablement accrues?
    Moi je vois plutôt des capacités d'influence politique considérablement accrues.
    Et pour moi c'est une bonne nouvelle.

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    1. C'est un peu de cette manière que les nazis sont arrivés au pouvoir en Allemagne non?

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  8. On pensait qu'une telle chose arrivait que sous les tropiques et bien non. Même un pays qui pratique la démocratie depuis si longtemps peut connaitre la pagaille et le désordre dans une élection.
    Les américains du temps de Bush ont connu pareil mésaventure lors d'une élection présidentielle et voilà que c'est le tour de la France, pays des droits de l'homme. Ok, ce n'est qu'une élection dans un parti politique mais l'UMP ce n'est pas n'importe quoi. C'est un grand parti censé maitriser l'organisation d'un élection.
    Heureusement pour l'UMP, la honte et le ridicule ne tuent pas. On espère seulement que les Copé et Fillon ne viendront pas un jour en Afrique nous donner des leçons de bonne gouvernance. Ces deux là sont grillés.

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  9. Devant un tel spectacle, on ne peut être que dégoûté de la politique. Pour l'UMP, l'avenir s'annonce très incertain et Copé et Fillon semblent irréconciliables. C'est triste pour la droite dont les édifices s'écroulent comme un château de cartes.
    La gauche compte les points et dans quelques semaines ou quelques mois, l'extrême droite comptera de nouveaux adhérents. Quelle gâchis.

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  10. Et oui Phemga, un jour il faudra peut-être choisir entre l'extrême droite et l'extrémisme religieux. On assistera à une guerre des extrêmes qui se règlera à coups de fusils.

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  11. Ce spectacle est consternant et le pire c'est qu'il n'est pas fini.
    C'est un petit peu Dallas avec l'affreux JR, sauf qu'ici il y a deux affreux.

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  12. Tout ça me rappelle la fameuse émission de Pierre Sabbagh à la télé, "au théâtre ce soir", dans les années 70.
    La seule différence est que les acteurs de 2012 sont minables et qu'on a envie de leur balancer des tomates.

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  13. Vous avez raison Phemga, les déboires de l'ump font surtout les affaires du fn. Pourtant parler de démocratie piétinée en faisant allusion à l'avancée du fn c'est le diaboliser à l'extrême. Or, je rappelle que ce parti évolue dans une sphère républicaine et que plusieurs millions de gens ont voté pour lui. Et ces gens là, dans leur très grande majorité, montrent un esprit tolérant. Avoir peur pour son pays et oser avouer ses craintes et l'origine de ses craintes n'est pas obligatoirement une forme d'intolérance. Je ne suis pas un sympathisant du fn mais pour moi ce parti est essentiel à la démocratie au même titre que le ps, l'ump ou le pc car il permet d'ouvrir les yeux sur des dérives dont personne n'ose parler mais qui interpellent tout le monde.

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    1. Pour moi le FN est une grave insulte à la démocratie et ceux qui votent pour lui sont totalement inconscients. C'est clair qu'ils doivent bien rigoler avec la guerre des chefs à l'UMP mais la récréation n'a toujours qu'un temps.

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  14. Je regrette d’avoir été dans l’obligation de ne pas valider certains commentaires qui n’ont pas leur place sur ce blog.
    Je suis navré de constater que des sujets comme le Front National ou l’extrémisme religieux, engendrent continuellement des remarques d’une violence inouïe, sans aucun rapport avec un débat d’idées qui peut être ferme, intransigeant, voire même virulent mais en aucune manière s’accompagner de propos dégradants, humiliants et haineux.
    Cela n’est pas ma conception de ce que doit être la liberté d’expression.

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    1. Phemga il corrige même les fautes d'orthographe dans les commentaires mais le problème, s'il y a des insultes il ne sait jamais comment les mots s'écrivent, donc il balance les commentaires à la poubelle.
      Pitié, pas de censure...

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  15. Copé et Fillon sont politiquement grillés. Ils doivent renoncer tous les deux à leurs ambitions et rentrer dans le rang pour laisser la place à d'autres.

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