dimanche 23 juin 2013

L'Eglise et la Franc-maçonnerie : Dans la lumière de deux philosophies antinomiques




 









 



  
En démettant de ses fonctions le père Vesin, curé de la paroisse de Megève, en Haute-Savoie, pour son appartenance à la Franc-maçonnerie, l'Eglise a replacé en pleine lumière ses rivalités ancestrales avec la fraternité des "frères trois points".
Pour le Vatican, cette double appartenance est moralement et philosophiquement inacceptable.
Dans une lettre expliquant la décision de l'Eglise, le diocèse d'Annecy a indiqué que : "le fait d'adhérer à la Franc-maçonnerie met en cause les fondements de l'existence chrétienne".
Dénoncé par un courrier anonyme parvenu au diocèse d'Annecy en 2010, le père Vesin avant sa destitution, s'est vu demander par l'Eglise de quitter la Franc-maçonnerie pour se consacrer uniquement à son ministère de prêtre.
Mais le curé de Megève a opposé à cette demande sa "liberté absolue de conscience".
Et l'Eglise, après plusieurs tentatives de conciliation, a donc pris sa décision qui, toutefois, n'est pas encore irréversible.
En effet, la peine dite "médicinale" peut être levée si le père Vesin venait à manifester clairement sa décision de se consacrer uniquement à l'Eglise.

Puisque cette affaire a récemment fait la une de l'actualité, il me paraît opportun de profiter de l'occasion pour tenter de comprendre les raisons pour lesquelles il existe un tel antagonisme entre l'Eglise et la Franc-maçonnerie, alors que de très nombreux chrétiens catholiques vivent harmonieusement leur choix de suivre simultanément ces deux enseignements philosophiques que tout semble opposer.
La question principale qui se pose donc, est de savoir si on peut être catholique et franc-maçon.
Si du côté de la Franc-maçonnerie, cette dualité n'a jamais posé le moindre problème, la liberté absolue de conscience demeurant une prérogative inaliénable, il en est tout autrement au sein de l'Eglise romaine.
Pour l'Eglise, il existe une forte incompatibilité entre la foi catholique et l'appartenance à la Franc-maçonnerie, cette dernière étant accusée d'exercer des activités subversives en propageant des idées philosophiques et morales contraires à la doctrine ecclésiastique.
Les catholiques qui appartiennent donc à une loge maçonnique sont considérés comme en état de péché grave et ne doivent en aucune manière accéder à la Sainte Communion.
L'Eglise est donc catégorique : Il ne saurait y avoir le moindre lien entre un catholique et la Franc-Maçonnerie.
Mais quelles sont donc ces idées philosophiques et morales prônées par la Franc-maçonnerie qui seraient contraires à l'enseignement de l'Eglise et qui mettraient en cause les fondements de l'existence chrétienne ?
Contrairement à l'Eglise qui affirme que Jésus est le seul Chemin, la Vérité et la Vie, la Franc-maçonnerie nie toute connaissance objective de la vérité. 
Pour celle-ci, il n'y a ni vérité définitive, ni vérité universelle. 
Pour la Franc-maçonnerie, il convient de rechercher sa propre vérité dans un cheminement personnel, en apprenant à se connaître soi même, dans un univers d'hommes libres, dirigé par son propre ressenti mais soumis à aucun dogme. 
En toute chose, c'est l'autonomie de la raison et de la nature humaine qui garde tout pouvoir et qui reste souveraine face à tout dogme où à toute vérité révélée et imposée.
C'est pourquoi, la Franc-maçonnerie tient à ce concept particulier qui déplaît tant à l'Eglise : "la liberté absolue de conscience".
Or, en encourageant cette conception de la vie, la Franc-maçonnerie, qui ne reconnaît la présence d'aucun Dieu en tant qu'Etre personnifié, mais qui conçoit l'existence d'un Grand Architecte de l'Univers, créateur du cosmos, permettant à tout homme, de différentes confessions religieuses, d'introduire sa propre représentation de Dieu, se trouve en contradiction totale avec la philosophie intrinsèque de l'Eglise.
La Franc-maçonnerie a toujours évité toute position dogmatique qui vise à exercer une contrainte sur la foi alors que la doctrine séculaire de l'Eglise impose une vérité unique, indiscutable et absolue sur l'existence d'un Dieu à l'origine de tout, représenté par son fils Jésus-Christ, créé à l'image de l'homme.
Pour l'Eglise, la revendication par la Franc-maçonnerie de cette "liberté absolue de conscience" est une forme de doctrine relativiste insupportable qui s'imposerait progressivement à l'insu même des maçons.
D'autre part, le fameux secret maçonnique, qui inspire tant de fantasmes, a toujours été âprement rejeté par l'Eglise. 
Cette dernière pense que ce secret porte gravement atteinte à la dignité de la personne humaine, empêchant l'homme de s'engager consciemment et librement.
Pour l'Eglise, le fait qu'un franc-maçon ne doit jamais révéler à un profane l'identité de ses frères, qu'il lui soit interdit de divulguer le contenu des travaux auxquels il a pris part dans sa loge, qu'il ne peut faire connaître à ses frères de grades inférieurs les mots de passe, les signes ou les symboles propres à son grade, induit une dimension occulte extrêmement inquiétante d'un ordre qui ne serait finalement qu'une superposition de loges secrètes.
Enfin, autre secret qui ne peut être dévoilé, l'initiation maçonnique, censée conduire à une révélation illuminant celui qui en est l’objet, au fur et à mesure qu'il avance sur la voie de la connaissance, est considérée comme douteuse, dangereuse, se rapprochant plus d'une secte que d'une alliance dite universelle.

Il y a donc deux cultures qui s'opposent : l’une fondée sur l’Evangile où la vérité est révélée à tous, et l’autre sur une tradition historique occulte, où la vérité est multiple et relative, dans un univers où secrets et discrétion se confondent. 
Ces différents courants de pensée, qui divisent l'Eglise et la Franc-maçonnerie, semblent donc inconciliables à l'heure où la pression imposée par la société exige une évolution permanente des diverses doctrines religieuses et associatives.
Le monde change et les hommes évoluent au fil de l'histoire et du temps.
En ce troisième millénaire, je pense que l'Eglise et la Franc-maçonnerie doivent impérativement avancer en tenant compte des aspirations de la société moderne.
Si leur enseignement respectif diverge profondément sur le rôle accordé à Dieu et à la Vérité, cela ne signifie pas que l'un doit rejeter l'autre et le traiter en ennemi.
Aussi, peu de personnes savent que dans ses loges, la Franc-maçonnerie utilise plusieurs références à la religion chrétienne.
Nombre de nouveaux maçons ont prêté serment sur la Bible qui, dans de nombreux travaux en loge reste ouverte à l’Evangile selon Saint-Jean. 
Saint-Jean, l'apôtre, l'évangéliste, que les francs-maçons considèrent comme leur Patron.

L'Eglise doit accepter qu'elle ne détient pas seule la vérité mais une vérité parmi d'autres.
Elle doit s'ouvrir aux idées différentes et nouvelles, en évitant de cultiver ce concept de la pensée unique qui impose des dogmes à ses fidèles.
Elle ne peut plus refuser indéfiniment le modernisme et les changements de mentalité de l'homme en restant en marge de son évolution.
Celle-ci doit intégrer avec plus de ferveur ces mots qui, souvent, lui sont difficiles à concevoir avec sérénité, la "différence" et la "tolérance".
Alors que les catholiques pratiquants sont de moins en moins nombreux, que le métier de prête se perd et n'attire plus, il serait temps enfin que l'Eglise ait la volonté et le courage de procéder à son auto-critique et de reconnaître, humblement, que le refus d'accepter les idées progressistes sont la cause principale du désintérêt certain d'une couche importante des diverses populations de par le monde.
Si l'Eglise veut continuer de traverser le temps, elle doit cesser d'imposer, coûte que coûte, un mode de pensée qui ne s'harmonise plus avec les réalités du présent et qui s'inscrit en total décalage avec l'avenir.
Elle doit être capable, avec l'aide des hommes plus ou moins jeunes qui sont aux responsabilités en son sein, de modeler ses traditions et sa vérité avec les exigences de notre époque.
Sans ce travail de remise en question, le déclin constaté de l'Eglise continuera de croître pour s'aggraver dangereusement au profit d'autres religions dont la partie extrémiste, chaque jour plus importante, prône la conquête du monde par la force.
Le jour où l'Eglise ne sera plus en mesure de contrebalancer ces puissances conquérantes et guerrières qui utilisent Dieu à tort et à travers pour imposer leur autorité, par la violence si nécessaire, alors il en sera fini du monde chrétien.
La responsabilité de l'Eglise est donc colossale pour sauvegarder des valeurs qui unissent des centaines de millions d'hommes et de femmes dont, et oui, fait partie une écrasante majorité de franc-maçons.

Quant à la Franc-maçonnerie du 21ème siècle, elle doit prendre conscience que l'époque où ses membres étaient impitoyablement pourchassés et martyrisés est révolue.
Celle-ci, en refusant de communiquer plus ouvertement avec le monde extérieur, encourage l'entretien de nombreux clichés qui lui sont défavorables.
Elle est directement responsable de ce côté obscur, donc négatif, qui demeure solidement attaché à son image.
En maintenant une discrétion qui confine, dans certaines parties du monde, à la paranoïa, elle donne à ses nombreux détracteurs toutes les armes pour la dénigrer.
Les incessantes dénégations dont elle est l'objet et le comportement scandaleux de certains de ses membres, nourrissent inévitablement cette réputation affairiste, voire mafiosiste que lui donnent de très nombreux profanes.
La Franc-maçonnerie doit s'attacher à communiquer au monde tous les principes et les valeurs qu'elle prétend véhiculer dans ses temples pour l'amélioration de l'humanité.
Il lui faut montrer, au citoyen lambda, qu'elle peut agir efficacement pour le bien de la société, dans le désintéressement le plus total.
Elle doit travailler à plus de transparence pour mieux se faire connaître et donc, forcément, pour être mieux acceptée et appréciée par l'opinion publique.
Tout ce qui est mystérieux a toujours suscité chez l'homme fantasmes et effroi.
Elle ne peut pas continuer indéfiniment, à notre époque moderne, de se contenter de regretter les médisances à son égard, tout en refusant un dialogue ouvert et sincère avec la société, alors qu'elle y est pleinement intégrée et qu'elle est souvent l'initiatrice des grandes décisions, bonnes ou mauvaises, prises dans le monde.
Et comme souvent, l'exemple à suivre provient des États-Unis où la Franc-maçonnerie, là-bas, a pignon sur rue et entretient de ce fait des relations plus apaisées avec la société.

Ce n'est sans doute pas demain, que l'Eglise et la Franc-maçonnerie trouveront les clés qui permettront l'ouverture d'un débat constructif entre ces deux philosophies de vie, le monde ecclésiastique n'étant pas encore disposé à œuvrer dans ce sens.
Mais il est du devoir des quelques millions de francs-maçons chrétiens dans le monde de toujours maintenir un lien étroit avec l'Eglise, malgré elle, même si cette attache prend souvent des chemins minés par l’incompréhension mutuelle.
Des dangers infiniment plus graves que la philosophie maçonnique menacent les fondements de la chrétienté.
Aussi, pour sa pérennité, il serait plus prudent que l'Eglise ne se trompe pas de cible et n'oublie jamais que les francs-maçons sont les descendants modernes des bâtisseurs de cathédrales dans lesquelles elle transmet la parole du Christ.

J'achèverai ce long article en évoquant l'avenir du père Vesin.
Même s'il a trouvé en Franc-maçonnerie l'essence même d'un renouveau philosophique qui interpelle l'esprit et l'imagination, il ne doit pas oublier que c'est l'Eglise qui a occupé entièrement sa vie quotidienne pendant de longues années.
Si la franc-maçonnerie peut, éventuellement, s'avérer d'une aide précieuse dans la vision philosophique de la vie, nul ne saurait lui sacrifier son emploi et les valeurs du travail dans la société.
Un grand homme disparu voici 5 ans et qui a œuvré énergiquement pour entretenir le dialogue entre l'Eglise et la Franc-maçonnerie disait ceci :
"L'homme est le point de départ de toute chose et de toute connaissance, il est sa propre référence. Seul aujourd'hui, il peut dire ce qui est bon pour l'homme".
Je ne crois pas un seul instant que sacrifier l'Eglise à la Franc-maçonnerie soit une décision lucide et avisée.
Le père Vesin doit comprendre que sa référence principale demeure et doit rester essentiellement à l'intérieur de la société dans laquelle il garde ses repères les plus importants pour poursuivre son cheminement individuel.
Le père Vesin sera bien plus utile aux fidèles de l'Eglise qu'à ses frères maçons. 
La "liberté absolue de conscience" ne doit jamais entraver la raison.

31 commentaires:

  1. Vous avez traité ce sujet très délicat avec beaucoup de tact même si, comme d'habitude, vous énoncez vos propres vérités que je partage entièrement sur cet article. Vérités tout de même très contenues dans l'esprit de ménager les 2 philosophies que vous décrivez. J'y vois un talent certain pour l'équilibrisme.

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  2. Et bien mon phemga, après cet exercice périlleux, je serai tenté de te demander quel âge as-tu.

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    1. L'âge de mes artères mon vieux Rogange, c'est certain.
      Un peu usé par le temps qui s'égrène.

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    2. Alors tu n'as pas encore complètement tué le vieil homme.
      Achève le, achève le que diable !!

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  3. Bel article Phemga. Du bon sens comme souvent. Il est clair que pour l'église la franc-maçonnerie est considérée comme un ennemi. La réciproque n'est pas vraie compte tenu des nombreux catholiques maçons. J'espère que le curé de Megève reviendra à de meilleurs sentiments car ce n'est pas son attachement à la maçonnerie qui le fera vivre. Certains engagements doivent pendre fin dès qu'ils constituent un danger matériel pour l'existence.

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  4. Sacré Phemga! Je ne me lasse pas de votre style. Comme beaucoup, je n'ai pas une très bonne opinion de la franc maçonnerie. Pour moi c'est plus une secte qu'une quelconque association et l'église a bien raison de s'en méfier. J'ai d'ailleurs beaucoup de mal à imaginer que de vrais catholiques soient membres de la franc maçonnerie. Il y a pour moi un non sens, une contradiction grave avec les valeurs de l'église. Je respecte pourtant les opinions de tout le monde mais comme vous l'avez dit, ce qui est secret fait peur. Et donc cela n'inspire pas confiance. Surtout qu'en général quand on parle des maçons ce n'est que pour en dire du mal. La preuve avec Cahuzac.

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  5. La réputation d'affairistes et de mafieux des francs maçons n'est certainement pas usurpée. Ces types entrent dans cette organisation secrète pour se constituer un carnet d'adresses et s'enrichir au détriment des autres. C'est quand même bizarre qu'on n'entende que de mauvaises choses sur ces gens et jamais de bonnes. Qu'on me cite un seul maçon qui a fait du bien à l'humanité. Et dire que la plupart d'entre eux s'estiment de bons chrétiens.

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  6. Voici un article qui risque d'exacerber les passions. L'église a toujours mené la vie dure à la franc maçonnerie tant les concepts sont opposés. Cela n'est pas une preuve de tolérance de l'église romaine. Elle n'a rien à gagner à s'en prendre à la franc maçonnerie qui comme vous le dites fort justement est composée de très nombreux chrétiens, souvent catholiques. Bref, en tapant sur les maçons l'église se mord la queue et s'automutile.

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  7. Et si demain les maçons décidaient de critiquer officiellement l'église que se passerait-il? Le buché comme du temps de l'inquisition? Les francs-maçons ne sont pas des anges mais eux au moins, malgré les magouilles dont on les accuse sans cesse, n'ont jamais massacré personne au nom de Dieu. L'église devrait donc balayer devant sa porte. Et puis les prêtres pédophiles devraient inviter le Vatican à faire montre de plus de mesure et à s'occuper de choses plus sérieuses qu'un curé qui a décidé de visiter d'autres temples.

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  8. Phemga, chez nous au Gabon les maçons on les accuse d'être responsable des crimes rituels qui endeuillent tout le pays. Il se passe des choses terribles dans leurs temples. Donc l'église a raison de les traiter en ennemi. Ils sont diaboliques et pervers et ont ruiné le pays. Ce sont de mauvais personnages dont il faut se méfier. Le problème est qu'on ne sait pas qui est franc maçon. C'est tout le monde et personne à la fois. Des diaboliques je vous dis.

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    1. Tout ça n'est que du fantasme primaire. Il n'est pas nécessaire d'être franc maçon pour s'adonner aux crimes rituels. Ces crimes sont avant tout le fait des hommes politiques qui n'ont pas besoin d'être dans la maçonnerie pour appliquer leurs croyances de débiles manteaux. Il faut arrêter de dire n'importe quoi sous prétexte qu'on ne sait pas ce qui se passe dans les temples maçonniques.

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    2. Vous avez dit Eyombi?

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  9. Votre article est très intéressant Phemga et met en lumière des divergences dont on parle rarement. Si l'église n'avait comme seul souci que la franc-maçonnerie, elle n'aurait pour ainsi dire aucun problème. La montée de l'intégrisme musulman dont vous faites très habilement allusion devrait l'inquiéter beaucoup plus. C'est là l'ennemi d'aujourd'hui et de demain de l'église qui tisse peu à peu sa toile. Ceci sans aucune animosité envers la religion musulmane que je respecte sincèrement.

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  10. Je suis de votre avis Phemga, la franc-maçonnerie gagnerait à se faire mieux connaître en s'ouvrant plus souvent aux non-initiés pour expliquer les buts et les objectifs qu'elle tente d'atteindre. Les mystères sont facteurs de mille rumeurs dont la plupart sont infondées. C'est la nature humaine qui veut cela et qui pousse certains à raconter des énormes bêtises. Je crois que les positions de l'église et celles de la franc-maçonnerie resteront pour longtemps inconciliables, le problème de Dieu vu par l'une et l'autre des parties ne pouvant trouver le moindre consensus. Et cela personne ne peut rien y faire sinon pour l'église de mettre un peu d'eau dans son vin.

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  11. Il faut espérer que ce prêtre finira par revenir à la raison car ce ne sont pas ses frères maçons qui vont le faire vivre. De toute manière il doit ressentir depuis longtemps quelques problèmes avec sa foi pour avoir préféré la franc-maçonnerie à l'Eglise. Sa soit disant liberté absolue de conscience a bon dos. Lorsqu'on perd la foi ou qu'elle est mise à rude épreuve il n'est pas impossible de se laisser embrigader dans des endroits par toujours reluisants.

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  12. Vous nous avez bien exposé les différences de points de vue entre l'église et la franc maçonnerie. Je crois que le père Vesin paye surement son manque de prudence. Lorsqu'on navigue entre l'église et la franc-maçonnerie, on doit se montrer très rigoureux en matière de discrétion, ce qui n'a peut-être pas été le cas. Mais qui dit que le père Vesin n'a pas été trahi par l'un de ses frères maçons?

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  13. Je lisais dernièrement que les francs maçons affirmaient souvent que la franc maçonnerie n'était pas une secte car dans une secte il est très facile d'y entrer et très difficile d'en sortir, contrairement à la franc maçonnerie où il est très difficile d'y entrer mais facile d'en sortir.
    L'argument est bien léger pour décréter qu'ils ne sont pas dans une secte.
    Si l'église considère la franc maçonnerie comme une secte, il est normal qu'elle se soit débarrassée de son curé. Un choix s'imposait. Je trouve incroyable que des catholiques pratiquants puisse choisir à la fois l'église et la franc maçonnerie tant les différences philosophiques sont criantes. Les 2 casquettes sont incompatibles.

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  14. Après le mariage gay, l'initiation des prêtes à la franc-maçonnerie. Ca ne serait pas mal comme titre principal du journal de 20h.
    A quand le mariage des prêtres par l'église?

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  15. L'église a toujours été dogmatique, c'est bien connu donc peu encline à se moderniser.
    Pour ce qui est de la franc-maçonnerie ce sont ses nombreux mystères qui la rendent suspecte. Les bavures de certains maçons n'arrangent pas ses affaires aux yeux des gens. Pourtant, il faut l'avouer, on dirait qu'elle radie ceux qui ne se sont pas bien comportés. Au moins elle fait le ménage dès qu'un scandale fait la une de l'actualité. Un brin de vertu peut-être?

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  16. Ces maçons là ne sont pas très catholiques. Ils font des choses bizarres dans leurs temples et s'habillent souvent comme les croques morts. Il y a quelque chose qui ne va pas chez eux mais comme ils ne disent rien, on ne sait rien. On ne peut que supposer. Et on ne sait jamais où nous mènent ces suppositions.

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    1. A force de suppositions nous disons tout et n'importe quoi. Phemga a raison, les maçons devraient plus communiquer pour nous dire ce qu'ils font vraiment dans leurs temples. Nous fantasmons avec les crimes rituels et autres choses sordides en mettant tout cela sur leur dos parce qu'il nous faut des coupables à tout prix. Mais eux aussi ils ne disent jamais rien, même pas un communiqué dans la presse. Le silence est total quoi qu'il se passe. C'est à croire qu'on leur a tous coupé la langue. Résultat, on finira par leur couper les couilles.

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    2. Les franc-maçons garantissent la sécurité de leur ordre par le silence sur leurs réunions. Moralité, tout le monde se fait des idées sur leurs activités. Idées qui sont la plupart du temps fausses. On retient les mauvais maçons car ils sont sous le feu de l'actualité et on dit : voyez comment se comporte la franc maçonnerie.
      L'église inculque de nombreuses valeurs mais des millions de chrétiens ne respectent jamais ces valeurs. On n'accuse pas pour autant l'église de tous les maux. Donc ce n'est pas parce que certains vivent dans le secret qu'ils doivent être obligatoirement mal considérés.

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  17. Sujet compliqué et sensible que les relations entre l'Eglise et la Franc-maçonnerie. Il y a de profondes divergences entre elles mais aussi des points communs que vous décrivez dans votre article Phemga. L'Eglise considère la Franc-maçonnerie comme dangereuse. Moi, je me demande qui est la plus dangereuse entre une doctrine dogmatique qui ne veut pas évoluer et qui prétend détenir LA vérité et une doctrine remplie de mille mystères qui travaille dans le monde de l'obscur sans jamais rien dévoiler. Je crois qu'il n'y aura jamais de vraie réponse à cette question.

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  18. L'église a toujours vu d'un mauvais œil le développement de la franc-maçonnerie, estimant qu'elle lui faisait de l'ombre avec ses idées. Elle devrait se demander quelles sont les raisons qui attirent des millions de chrétiens en franc-maçonnerie. C'est trop facile d'affirmer que ce sont des égarés alors que c'est peut-être l'église qui s'est perdue en chemin en refusant d'évoluer. Je ne défends pas ici la franc-maçonnerie car je n'y connais rien dans ce domaine mais il y a toujours une bonne raison à toute chose.

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  19. La "liberté absolue de conscience" ne doit jamais entraver la raison.
    Quel beau sujet de philosophie en perspective!
    Cela fait des siècles que l'Eglise et la Franc-Maçonnerie s'affrontent sur des philosophies différentes dont les contenus sont aux antipodes l'un de l'autre.
    Heureusement pour les maçons, l'Eglise n'a plus le pouvoir de les envoyer sur le bûcher. Il y a néanmoins quelques maçons qui mériteraient de s'y trouver.
    N'est-ce pas monsieur Cahuzac?

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  20. La franc maçonnerie prétend qu'elle n'est pas une secte. Comment expliquer alors que le père Vesin ait préféré la franc maçonnerie à l'Eglise ?
    Son choix est-il vraiment personnel ou dirigé par les maçons ?

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  21. L'église, la franc maçonnerie, on entre là dans les bavures de style pédophilie et magouilles en tout genre. On ne va pas généraliser mais il n'y a pas que chez les maçons que les choses sont obscures. L'église n'a de leçons à recevoir de personne quand il s'agit de cacher certaines vérités dérangeantes.
    Pour l'une comme pour l'autre, on prône des valeurs mais elles sont bafouées en fonction de la réputation et des intérêts de chacun.
    Je ne voudrais pas exagérer mais je serais tenter de penser: tous pourris.

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    1. Les clichés du tous pourris, c'est un peu trop facile comme raccourci.
      Il y a des gens remarquables partout, même chez les maçons.
      La minorité qui fait parler d'elle donne une idée exécrable de la franc-maçonnerie mais la très large majorité, toujours silencieuse, est composée de gens formidables.
      Et tant pis pour ceux à qui cela déplait.

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  22. Très intéressant travail de comparaison des deux philosophies.
    Vous avez très adroitement évité de prendre partie pour l'une ou l'autre.
    L'exercice était plus que délicat et on sent votre volonté de rester neutre tout en décrivant des différences effectivement difficilement conciliables mais néanmoins pas obligatoirement incompatibles, pour peu que l'Eglise s'ouvre plus à la lumière d'une époque en perpétuelle évolution.
    Qui n'avance pas recule.

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  23. Je crois que l'église est consciente qu'elle est gangrénée par la franc maçonnerie et qu'elle cherche une solution pour stopper le mal.
    En destituant ce curé, elle envoie un message limpide aux maçons du monde entier à savoir qu'il ne peut y avoir le moindre compromis, la moindre compromission.

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