samedi 17 août 2013

Jacques Vergès : Le salaud lumineux s'est éteint



Un proverbe bien connu dit que la valeur d'un homme se mesure au nombre de ses ennemis.
Si tel est le cas, il faut reconnaître que Jacques Vergès, l'avocat de la terreur, était un homme d'une très haute valeur comme il en existe très peu en France et sans doute dans le monde.
Le salaud lumineux, comme aimait se qualifier Jacques Vergès, a donc tiré sa révérence à 88 ans.
Je serai d'une hypocrisie éhontée si je formulais ici le moindre regret depuis que j'ai appris son décès.
La première réflexion qui m'est venue à l'esprit est que "ce sacré fils de garce a rejoint le monde de la putréfaction où l'attendaient ses défunts frères d'armes qui ont fait du crime et de l'extermination de leurs prochains un véritable art de vivre"
Cet avocat extrêmement controversé et très redouté du barreau,  spécialiste mondial de la défense des bourreaux, a toujours représenté à mes yeux ce qui se fait de mieux en matière d'infamie et de dégradation morale dans sa bassesse la plus absolue.
Je me garderai d'énumérer ici tous les salopards de la pire espèce que Jacques Vergès aura défendu avec un plaisir jouissif en tentant de faire croire, par tous les moyens, que les bourreaux étaient des victimes et les victimes des bourreaux, mais je retiendrai plus précisément 3 noms dont la seule prononciation inspire l'horreur : Le nazi Klaus Barbie, le Khmer rouge Khieu Samphân et le serbe Slobodan Milosevic.
On dit que la pire des bêtes humaines a le droit d'être défendue. Certes !
Mais lorsqu'on se fait le défenseur implacable de tous les déchets humains que la terre ait jamais portés, on éprouve forcément une fascination hors norme pour ces "sous merdes" de l'humanité.
D'ailleurs, Jacques Vergès n'aura jamais nié son attachement et sa sympathie pour les criminels dont il a pris la défense avec tant de détermination et de mauvaise foi.
Ce provocateur inné, adepte de la manipulation à outrance, disposait au moins d'une qualité morale indéniable : Il n'employait jamais l'hypocrisie dès lors qu'il parlait de lui et de ses idées.
Et j'imagine aisément aujourd'hui que toutes les victimes survivantes des tortionnaires qu'il aura défendus, éprouvent un certain soulagement en sachant que cet homme a enfin rejoint en enfer ses amis criminels et bourreaux.
Il serait cependant injuste d'évoquer le personnage de Jacques Verges sans reconnaître que l'homme était tout de même un avocat très talentueux, un ténor du barreau, sans doute l'un des plus doués et des plus brillants de sa génération, doté d'une grande culture.
Il avait la plaidoirie dans le sang et possédait une verve peu commune.
Tout le monde s'accorde à lui reconnaître, fort justement, de hautes qualités professionnelles.
Comment alors ne pas déplorer vivement que ses immenses talents, dans la très grande majorité des affaires qu'il a traitées, aient été placés au service du mal et de l'abjection ?
Et lorsqu'on pense que Jacques Verges a toujours regretté de n'avoir pas eu l'opportunité de défendre Hitler, je n'ose même pas imaginer les abominations qu'il aurait formulées pour justifier l'extermination, dans les chambres à gaz, des juifs, des tziganes ou des autres minorités ethniques qui portaient soi-disant atteinte à la prétendue pureté de la race aryenne.
Il est certain qu'en se suicidant, Hitler, qui a retrouvé un semblant d'honneur, a cruellement privé Jacques Vergès de l'immense plaisir de voir l'opinion publique internationale dégobiller ses tripes à longueur de journée.
Et je ne terminerai pas cet article dédié à Jacques Vergès par un "salut l'artiste" mais par un "adieu salaud".

18 commentaires:

  1. Ben mince mon Phemga qu'est-ce que tu lui as mis au Vergès. S'il te lit là où il est, il doit bien se marrer tant il adorait qu'on le fusille d'articles incendiaires.
    Une dernière petite jouissance pour lui avant de définitivement refroidir...

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    1. Rogange, Vergès n'a pas besoin de refroidir. Il était déjà froid comme un serpent. Un serpent impitoyable, très venimeux.

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  2. Phemga 2 articles en 48 heures?
    Quelle inspiration!
    Je crois qu'il y a beaucoup de gens qui auraient rêvé de passer quelques minutes seuls avec Vergès pour lui faire avaler son arrogance et ses mensonges. J'en suis.
    Il se trouvera peu de monde pour regretter la mort de ce personnage. Je dirai même qu'en reconnaissant ses qualités professionnelles, vous lui avez fait trop d'honneur. Rien que de voir son visage est une souffrance.
    Oui, un sacré fils de pute que cet ignoble individu.
    Pardon pour mon langage châtié qui n'est pas dans mes habitudes mais puisque vous avez employé ce terme je n'ai pas de raison de m'en priver car ça fait du bien.

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  3. Ce type s'est enrichi et a obtenu sa notoriété en défendant les plus grandes pourritures de l'espèce humaine mais c'était son choix de vie dans un cadre juridique totalement légal. L'absence de moralité de ce mec est déplorable mais ne retire rien à ses capacités professionnelles. Dommage qu'il n'ait pas mis ses aptitudes au service de ceux qui ont vraiment souffert. Aujourd'hui, on le comparerait à mère Térésa.

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  4. Il ne manquerait plus qu'on lui offre un hommage national et Phemga péterait une durite.

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  5. Il paraît que Jacques Vergès était un personnage très attachant quand on le connaissait bien, très cultivé aussi. Bon je pense que les victimes des bourreaux qu'il a défendu en ont rien à cirer.

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  6. Vergès adorait la provocation. Défendre les criminels était pour lui une sorte de croisade contre la société des bien pensants. C'était un salaud. Lumineux sans doute plus qu'il était brillant dans ses plaidoiries. Beaucoup de gens le détestaient mais il avait aussi son petit cercle d'amis qui comprenaient ses motivations.
    Le personnage m'a toujours fait froid dans le dos.

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  7. Jacques Vergès a rejoint le FLN pendant la guerre d'Algérie et a épousé une poseuse de bombes après l'avoir défendue.
    A cette époque, il se convertit à l’islam, prend la nationalité algérienne et se fait appeler Mansour.
    Il a été résistant pendant la seconde guerre mondiale et vouait une grande admiration pour De Gaulle malgré son adhésion au parti communiste.
    Tout ça donne une certaine idée de la complexité du personnage vraiment très difficile à calculer.

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  8. Le salaud lumineux a cassé sa pipe. Que le diable ait son âme car il n'y a que chez lui qu'elle puisse aller. Comme vous l'avez dit Phemga c'était un sacré fils de pute mais un monument du barreau, plus doué que la très grande majorité de ses confrères. Il ne se trouvera sans doute pas beaucoup de monde pour regretter sa disparition mais l'homme exerçait malgré tout une certaine fascination sur son entourage.

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  9. C'est étonnant que sa boulimie des cigares ne l'ait pas tué plus tôt ce sale type. On a toujours du mal à se débarrasser des mauvaises herbes.

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  10. Adieu salaud oui Phemga mais aussi salut l'artiste car à sa manière Vergès était un artiste, un comédien du barreau et des tribunaux.

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  11. Détesté, haï ou apprécié Jacques Vergès laissera une trace dans l'histoire des plaidoiries. Sa verve était hors du commun mais quel superbe enfoiré.
    Par respect pour sa défunte mère je n’emploierai pas vos termes mais je comprends que ça détende de se lâcher un peu.

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  12. Jacques Vergès ne devait pas avoir beaucoup d'amis. Ca devait être difficile de se lier d'amitié avec ce genre de type malgré son immense culture. En tous cas Phemaga vous ne l'avez pas ménagé ce salaud lumineux.

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  13. L'avocat du diable a rejoint l'enfer. Ca m'étonnerait que dans l'immédiat il se trouve quelqu'un pour lui succéder car ce rôle tant décrié devait être rudement lourd à porter et il faut des c....... pour l'assumer. On dira ce qu'on voudra mais Vergès en avait.

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  14. Ce monsieur aurait renié père et mère pour défendre les plus grands criminels de l'histoire, rien que pour sa publicité personnelle. Il avait du talent c'est vrai mais aucune moralité, aucun sens de l'honneur. Qu'il aille au diable là où est sa vraie place.

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  15. C'est rassurant de savoir que les prochains grands criminels ne pourront plus compter sur Jacques Vergès pour les défendre. Ils se trouveront un autre avocat mais sans vouloir faire une fleur à Vergès, bien moins talentueux.

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  16. 88 ans. Même le diable n'était pas pressé de le voir arriver.

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  17. Triste personnage que ce Jacques Vergès mais grand avocat quand même.
    Un ténor du barreau comme il y en a peu.

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