lundi 16 décembre 2013

La France dans le chaos centrafricain



Alors que la France est encore engagée au Mali, le "guerrier africain", François Hollande, avec l'accord de l'ONU, a décidé d'envoyer des troupes dans le bourbier centrafricain.
Les raisons humanitaires qui sont officiellement invoquées sont fondées et correspondent à la gravité de la situation sur le terrain.
Cependant, alors que François Hollande n'a jamais autant insisté sur le fait que la France ne voulait plus être le gendarme de l'Afrique, en moins de 12 mois, celle-ci est intervenue militairement au Mali et désormais en Centrafrique.
Si l'intervention au Mali était indispensable pour stopper l'avancée des islamistes, aucune puissance africaine n'ayant les capacités de s'en charger, l'action entreprise en Centrafrique, quoi qu'honorable, me semble beaucoup plus discutable.
Au Mali, la France a réalisé des opérations de guerre de grande envergure contre un ennemi bien identifié, qui menaçait d'envahir la totalité du pays pour propager son idéologie répugnante.
En Centrafrique, il n'y a aucun ennemi désigné.
La mission, extrêmement dangereuse, qui consiste avant tout à désarmer les nombreuses bandes sans foi ni loi qui terrorisent la population, est une tâche essentiellement policière.
L'état d'esprit de nombreux centrafricains est à la vengeance et à l'épuration religieuse.
Des musulmans ont massacré des chrétiens et désormais, profitant de l'arrivée des troupes françaises, des chrétiens, égarés par la haine, massacrent des musulmans.
Et les soldats français se trouvent au milieu d'une multitude de dégénérés, dont le seul but est de s'entretuer allégrement.
Déjà, un sentiment anti-français a vu le jour, certains reprochant aux soldats hexagonaux de les avoir désarmés en les abandonnant à la vindicte populaire et aux vengeances de toute sorte.
Or, ces accusations où la partialité des français est remise en cause, vont surement se multiplier.
Avec seulement 1 600 hommes sur le terrain, malgré toute leur bonne volonté, les troupes françaises auront bien du mal à éviter les horreurs en cours ou qui se préparent.
Elles ne pourront pas se trouver partout à la fois et l'accueil triomphal des premiers jours risque de se transformer en jets de pierres par une population qui sera passée de l'espoir à la désillusion.
Le bourbier centrafricain a toutes les chances de se transformer en "merdier".
Le climat de terreur qui règne en Centrafrique rappelle très fortement la situation qui prévalait au Rwanda en 1993.
La différence entre le Rwanda et la Centrafrique est que nous sommes passés d'un conflit ethnique à une guerre de religion.
Et, il est probable que bientôt surgira un Kagame centrafricain qui, pour cacher ses propres crimes, cherchera à détourner l'attention internationale sur une France interventionniste et colonialiste, en lui mettant sur le dos toutes les responsabilités des massacres enregistrés.
Les paroles de la musique sont déjà écrites et le refrain bien connu.
La manipulation des masses est une spécialité propre aux tyrans assoiffés de pouvoir.
Je ne cherche pas ici à remettre en cause les principes humanitaires de cette intervention militaire.
Mais en agissant SEULE, trop SEULE en Centrafrique, la France accusée de complicité de génocide au Rwanda, a ouvert toutes les portes pour permettre l'éclosion de ce même type d’accusation. 
J'ose espérer que le gouvernement français a su tirer quelques leçons de l'aventure rwandaise où, reconnaissons-le, des erreurs graves d'appréciation ont été commises en sous-estimant la sauvagerie innommable de ceux qui avaient planifié le génocide, mais aussi de ceux qui ont choisi, par la suite, le chemin de la vengeance.
Quant à l'opinion publique française, celle-ci reste très partagée sur le bien fondé de l'intervention militaire.
Contrairement au Mali où les français ont fini par approuver l'envoi de troupes, la périlleuse mission de police en Centrafrique ne fait pas l’unanimité.
La sécurité de la France n'étant pas directement menacée, ces derniers ont d'autres préoccupations.
Le chômage, la perte du pouvoir d'achat, la peur de la paupérisation et le "racket" fiscal monopolisent toutes les attentions.
Avec les difficultés économiques rencontrées par le pays, les français ont du mal à comprendre qu'il faille encore dépenser des sous pour une contrée lointaine, dont tout le monde se fiche éperdument.
Les africains ne sont d'ailleurs pas en reste.
Beaucoup d'entre eux, et non des moindres, se moquent royalement de ce qui se passe en Centrafrique.
Cela m'amène à m'interroger sur l'attitude de l'Afrique du Sud, seule grande puissance à l'échelle du continent avec le Nigeria.
Depuis des années, les 2 derniers présidents en fonction dans ce grand pays n'ont cessé de "brailler" en vilipendant la France colonialiste pour ses diverses interventions sur les terres africaines.
Mais les sud-africains ne proposent rien pour aider leurs "frères" du continent noir.
Excepté une critique anti-française systématique, ils n'agissent que très peu.
Ils avaient ici une occasion unique de s'inscrire comme un acteur important de la crise centrafricaine et d'accroître leur influence dans la région.
Il faut avouer que la récente raclée donnée aux troupes sud-africaines, par les forces de la Seleka, voici quelques mois à Bangui, n'engage pas le président Zuma à persévérer dans la recherche d'une solution au conflit centrafricain.
La dernière décision que monsieur Zuma ait prise, concernant la Centrafrique, est d'évacuer au plus vite ses soldats du pays.
Ceux-ci, la queue entre les jambes, ne se sont pas faits prier pour prendre la poudre d'escampette...sous le regard médusé des soldats français en charge de tenir l'aéroport de Bangui.
Jacob Zuma préfère sans doute que ce soient les français qui versent leur sang pour une république bananière qu'ils ont jadis colonisée.
Sur ce plan là, je ne lui jetterai pas la pierre.
En Centrafrique, la France est face à un énorme défi humanitaire.
Elle n'a que de mauvais coups à prendre en tentant de désarmer des gens qui n'ont aucunement l'intention de faire la paix et qu'elle gêne assurément dans leur soif d'exterminer leurs prochains.
Il reste à espérer que le piège centrafricain ne se referme pas sur elle comme cela a été le cas au Rwanda, avec toutes les conséquences qui en ont découlé pour sa réputation et son honneur.
Et je sais déjà que certains rétorqueront que, justement, son honneur était d'intervenir dans ce pays de perdition.

21 commentaires:

  1. Vous n'avez pas parlé des 2 soldats déjà tués. Les familles doivent se demander pourquoi ils sont morts.
    Hollande qui fait du sarkozysme dans le domaine militaire, je ne l'aurais jamais cru. Le Mali était pour moi un accident mais avec la Centrafrique, ça devient une habitude.
    Le va-t-en-guerre Sarko doit bien se marrer.

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  2. Hollande essaie de redorer son blason sur le continent africain pour faire oublier ses mauvais résultats économiques. Ce coup-ci les français n'ont pas l'air de suivre.
    La France est tellement riche qu'elle peut se permettre de balancer quelques millions d'euros supplémentaires dans une guerre qui ne la concerne pas.
    Il faudrait quand même qu'un jour on se décide à demander l'avis des contribuables avant de monter des opérations militaires. C'est quand même nous qui payons.

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  3. L'intervention pour des raisons humanitaires cache aussi des intérêts économiques avec Total et Areva.
    Ceci étant, heureusement que Hollande à décidé d'intervenir sinon le bain de sang allait se poursuivre pendant de longs mois.
    Merci Total et Areva ?

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  4. Phemga, je suis étonné par vos réserves sur cette intervention.
    Je vous croyais animé de plus de sentiments humanitaires.
    Votre analyse de la situation est correcte mais c'était le devoir de la France d'intervenir.
    On pourra toujours parler des risques de bavures et d'accusations diverses ou d'intérêts économiques comme le fait Vladifinger mais seule une armée très entraînée pouvait éviter des massacres de grandes ampleurs. Il fallait y aller et c'est très bien que François Hollande ait pris cette décision. Comme il l'a dit, c'est l'honneur de la France qui était en jeu.

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    1. Je trouve normal Edou qu'on émette des réserves sur cette intervention quand on a suivi de près celle du Rwanda en 1993. Il y a beaucoup de ressemblance entre les 2 interventions et quand on sait comment la réputation de la France a été salie avec ces accusations de complicité de génocide, on n'a pas envie de connaitre encore une telle mésaventure. Il aurait mieux valu une coalition internationale européenne pour essayer de régler ce problème. Une fois encore l'Europe a fait preuve de sa désunion et de sa lâcheté.

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  5. Et dire qu'en 2014 bientôt on se tue encore pour des raisons religieuses.
    Tout ça pour un type qui n'a jamais pu prouver son existence.
    Il est où Dieu, à part dans l'imagination débordante des hommes ?
    Moralité, l'imagination peut être génocidaire.

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  6. Oui, on peut parler de merdier centrafricain. Au Mali les français avaient une cible et c'était plus facile.
    Ici, les milices sont mélangées aux civiles et une mère n'y reconnaîtrait pas ses petits. Un sale boulot en perspective que ce désarmement des bandes armées.

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  7. Les français sont là mais les massacres continuent dans certaines provinces. Effectivement Phemga les soldats ne peuvent pas être partout. Pourtant ils ont déjà sauvé de nombreuses vies.
    Tout porte à croire que cette intervention militaire ne durera pas 6 mois comme annoncé mais au moins 1 an. Le bourbier ne fait que commencer.

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  8. Le problème dans cette sale guerre est que les haines attisées par la sauvagerie des diverses exactions sont trop fortes pour espérer arriver à une paix. La vengeance est une priorité pour une grande partie de la population. Pour séparer tout ce monde il faudrait plusieurs dizaines de milliers d'hommes. La France s'est aventurée dans un merdier comme dirait Phemga. A mon avis, elle n'est pas prête d'en sortir. Et oui, pour faire la paix il faut être deux. Ce n'est pas le cas en RCA.

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  9. J'aime bien votre expression, le guerrier africain, en parlant de Hollande. Jamais on aurait cru que ce mec puisse avoir le courage de prendre la responsabilité de 2 guerres en une seule année. L'intervention en Centrafrique n'est pas vraiment une guerre mais plutôt comme vous l'avez si bien dit une opération de police. Le gros problème est que l'opération de police est bien plus difficile que la guerre au Mali. Les occasions de prendre des mauvais coups sont nombreuses car l'ennemi est partout et nulle part à la fois.

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  10. Les Français ont déjà eu 2 morts. Mourir pour la RCA n’est pas évident à faire accepter à une opinion publique qui croyait que ses soldats après l’Afghanistan rentreraient tranquillement chez eux.
    Et bien non, ce n'est pas pour cette fois.
    Après le Mali, la RCA. Si ça continue, on va descendre jusque chez Mandela.
    Merci Flamby.

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  11. Phemga, vous n'osez pas le dire mais pour vous la Centrafrique ne vaut pas les risques encourus par la France. Pensez quand même aux matières premières. Elles ne sont pas négligeables dans ce pays pauvre. Je vous ai connu moins mesuré sur certains sujets d'actualité.
    Ayez le courage de vos opinions et ne tournez plus autour du pot.

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    1. Vous n'avez pas tort Seb. Je suis au bureau et je lis l'article. Article très intéressant mais au final on ne sait pas si Phemga est pour ou contre cette intervention. Il semble la regretter tout en la comprenant. Il nous embrouille grave et ne dit pas ce qu'il pense vraiment.
      Le gars là est malin. Il s'exprime comme les chinois. Ni oui ni non mais peut-être bien que oui et non, looooool.
      Phemga vous n'allez pas me censurer j’espère.

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    2. Vous lisez l'article au BUREAU, Vero333 ?
      Pendant les horaires de travail ?
      C'est très instructif !!
      Vous n'auriez pas le numéro de mobile de votre patron ?

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    3. Ah la basse vengeance.
      Oui, j'ai le numéro mais je ne vous le donnerai pas.

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    4. Ho mon Phemga, Seb t'a cassé grave. Il va falloir régler ça à la machette...centrafricaine.

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  12. Les chrétiens et les musulmans accusent déjà les français de prendre partie pour l'un ou pour l'autre.
    Le piège se referme doucement et dans 6 mois on nous accusera de génocide.
    A part ça la vie est belle.

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  13. Franchement on a d'autres chats à fouetter que de prendre des coups chez des sanguinaires.
    Se faire tuer pour la Centrafrique... il y a meilleur endroit pour mourir.
    On le sait bien, les gens qui ont acclamé les troupes françaises il y a quelques jours seront les mêmes qui les insulteront dans quelques semaines.

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  14. Plusieurs dizaines d'années d'indépendance pour en arriver à ce niveau là. Ces gens ne connaissent pas le sentiment de honte.

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  15. Moi je constate que ces histoires de guerres de religion se rapprochent de plus en plus du Gabon.

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  16. Je crois que l'honneur de la France était d'intervenir en RCA.
    Honneur qui pourrait peut-être se retourner contre elle mais il n'y avait pas d'autre choix pour éviter que les massacres se poursuivent. Il est très probable que des critiques sur l'action française verront le jour. Pour sauver des milliers de vie, ce risque en vaut largement la chandelle. Après, ce ne sera que du blabla de roitelets.

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