mardi 24 décembre 2013

Une boutade de François Hollande alimente la francophobie de la presse algérienne



François Hollande n'a jamais été très doué dans la formulation de ses plaisanteries, même les plus anodines.
Sa boutade sur la sécurité en Algérie a suscité un véritable séisme dans la presse algérienne dont la francophobie est légendaire.
Les divers gouvernements au pouvoir en France se sont toujours montrés déconcertés par la réaction disproportionnée des autorités algériennes et surtout de la presse locale, chaque fois qu'une réflexion négative ou une allusion, jugée tendancieuse, étaient portées à propos de ce pays.
Il est certain qu'il ne faut pas grand chose aux responsables et journalistes algériens pour prétendre que leur peuple a été humilié, bafoué, insulté et j'en passe, par cet "innommable" pays qu'est cette France dont on se fait l'honneur de détester dès qu'une occasion se présente.
Une simple boutade du président de l'ancienne puissance colonisatrice, qui passerait totalement inaperçue si elle provenait de n'importe quelle autre nation, prend ainsi des proportions démesurées.
Et c'est tout juste si les médias algériens n'ont pas appelé à la rupture des relations diplomatiques.
Ceci, pour donner une bonne leçon au "vilain ex-colonisateur" accusé de crimes contre le peuple algérien, pendant la période coloniale et la guerre d'Algérie, et qui refuse toujours de se repentir.
Cette animosité, savamment entretenue, multiplie les ventes de journaux et détourne temporairement le peuple algérien de ses vrais problèmes du moment.
Elle permet aux médias locaux de sortir de leur médiocrité et de se mettre ainsi en valeur aux yeux d'une opinion publique qui a perdu depuis longtemps ses illusions post-indépendance, dans un état gangréné par une corruption massive, où seule une poignée de privilégiés, pourrie jusqu’à la moelle, s'enrichit à foison.
Une petite phrase malheureuse d'un président, qui a essentiellement le tort d'être français, une "Hollânerie", comme l'écrit un journal algérien avec un bel humour dont il n'a même pas conscience, est donc à l'origine de ce déferlement "d'amabilités" envers la France.
Il est regrettable pour le peuple algérien que ses médias soient toujours plus enclins à déverser leur haine compulsive sur la France plutôt que de s'évertuer à dénoncer les innombrables magouilles locales et à établir le bilan lamentable et sanglant de plus de 5 décennies d'indépendance.
Tout ça pour ça, serait-on tenté de dire au sujet d'un pays qui, grâce à ses matières premières, devrait être le Dubaï de l'Afrique du Nord, s'il avait eu les hommes qu'il fallait, à la place qu'il fallait.
Au-delà de l'habituelle commedia dell'arte de la presse algérienne dont il faut lui reconnaître un talent inné de pleureuse invétérée, il serait bon que les politiques français comprennent qu'ils marcheront toujours sur des œufs chaque fois qu'ils prononceront le mot ALGERIE.
Lorsqu'on évoque un pays à la susceptibilité exacerbée et aux sentiments foncièrement anti-français, la prudence doit toujours prévaloir dans la réflexion et la parole.
A cet effet, Monsieur Hollande a donc commis une faute indéniable.
Contrairement à ce qu'on prétend, de manière hypocrite, la France et l'Algérie ne sont toujours pas des pays amis mais de simples partenaires commerciaux, géographiquement proches, qui font des affaires dans un monde où la mondialisation reste de rigueur, malgré les nombreux différents qui les séparent.
La France a besoin de l'Algérie pour maintenir un courant d'affaires qui lui rapporte des sous et si l'Algérie accepte d'entrer dans la danse c'est uniquement parce qu'elle y trouve, elle aussi, un intérêt commercial particulier.
Personne ne fait de cadeaux à personne !
Le seul grand élément fondamental que la France et l'Algérie possèdent en commun est un passé excessivement douloureux, fait de larmes et de sang.
La France détient une part de responsabilité importante dans l'horreur de ce passé mais les algériens ont également la leur.
Aussi, évoquer régulièrement la réconciliation franco-allemande comme exemple pour parvenir à une réconciliation franco-algérienne demeure bien présomptueux.
Ne nous égarons pas dans une litanie d'espoirs vains qui ne sert qu'à entretenir une hypocrisie de bas étage.
Une réconciliation appelle une volonté forte et sincère de deux parties opposées.
Cela exige une détermination de tous les instants.
Or, cette détermination n'est pas suffisamment affirmée, tant du côté français que du côté algérien, pour qu'elle puisse un jour aboutir à une réconciliation de type franco-allemande.
La France est en paix avec l'Algérie ; les deux pays entretiennent des relations commerciales non négligeables et, tout compte fait, c'est déjà très bien.
Le reste attendra 10 ans, 20 ans ou 1 siècle, peu importe.
Monsieur Hollande a donc fini par regretter que ses propos aient été mal interprétés et s'est fendu d'un appel téléphonique à son homologue algérien.
Alger a donc soi-disant pardonné à Hollande et l'incident serait prétendument clos.
L'Algérie, si "généreuse", si "tolérante", absout donc les bourdes de ses anciens ennemis qui ne sont pas encore devenus de vrais amis.
Et j'imagine déjà la réaction de ce pays, si "bon", si des médias français, pour quelque raison que ce soit, s'étaient risqués à affubler le président Bouteflika d'une paire d'oreilles d'âne.
Les moines de Tibhirine, s'ils avaient gardé leurs têtes, auraient bien du souci à se faire pour préserver leurs attributs masculins.

30 commentaires:

  1. Et bien mon Phemga tu termines bien l'année toi.
    Je suis sûr que tu n'as pas l'intention de passer des vacances en Algérie lol.
    Comme l'écrasante majorité des touristes français, tu dois préférer largement les beautés du Maroc et l'hospitalité de la population.

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    1. Tout à fait exact Rogange.
      Le Maroc fait rêver...

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    2. Et l'Algérie fait pleurer.
      Joyeux Noël à tous.

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    3. Vous avez raison Phemga, venez nous voir au Maroc vous serez bien accueillis.

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  2. Juste quelques heures avant le réveillon, vous auriez pu choisir un sujet moins sensible et plus doux.
    Votre réflexion reste la vôtre mais je trouve que vous auriez pu y mettre un peu plus de tolérance, de diplomatie.

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  3. C'est vrai que la presse algérienne n'est jamais tendre avec la France. Ce sont des critiques continues, parfois justes, d'autre fois injustes. Cette presse ne reflète pas le sentiment d'une grande partie de la population algérienne qui n'est pas dupe des tentatives de manipulation.
    La preuve, beaucoup d'algériens rêvent encore de venir travailler en France malgré tout ce que racontent les médias. La France exerce à la fois fascination et détestation. Cette histoire d'amour et de haine est la pierre angulaire des relations entre la France et l'Algérie.

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  4. L'allusion aux moines de Tibhirine résume à elle seule ce que vous pensez de l'Algérie.
    Vous êtes à l'extrême limite de la mesure, sans jamais la dépasser mais il s'en est fallu de peu n'est-ce pas ?

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    1. L'art est de savoir rester en équilibre sur la ligne jaune en ne franchissant jamais le mauvais côté.
      Phemga a de bonnes notions d’équilibre. On croit parfois qu'il va basculer comme dans cet article très sensible mais il garde le contrôle.

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  5. Les relations avec l'Algérie seront toujours compliquées. Trop de rancœurs et de frustration dues au passé freinent la réalisation d'une relation vraiment saine. Au moindre problème, on parle de néo colonialisme et de toutes ces choses qui ne permettent pas d'avancer dans le bon sens. Je crois qu'il ne faut pourtant pas désespérer. Dans 1 ou 2 autres générations, la jeunesse des 2 bords trouvera le moyen de se tendre vraiment la main.

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  6. Et bien Phemga, après la boutade de Hollande, vous en remettez une couche.
    Vous n'êtes pas pour la paix des braves vous.
    Je souhaite un joyeux Noël à tous les lecteurs de ce blog et à vous en particulier Phemga.

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  7. Phemga, vous savez sortir de vos gongs quand vous estimez cela nécessaire.
    Vous auriez fait un mauvais diplomate ou alors vous auriez été un adepte de la diplomatie de la canonnière. Heureusement que vous n'êtes pas journaliste dans un grand quotidien français.
    Aujourd’hui, vous seriez au chômage.
    Joyeux Noël à vous.

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    1. Oui au chômage pour satisfaire ce grand ami de la France qu'est l'Algérie.

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  8. Le problème entre l'Algérie et la France est un problème de complexes.
    D'un côté le complexe de l'ex colonisé, paranoïaque, et de l'autre celui de l'ex colonisateur qui ne sait pas comment se comporter avec l'ex colonisé dont il sait qu'il ne l'aime pas.
    Vous, en tous les cas, vous n'en n'avez que faire et mettez les pieds dans le plat.
    J'ai adoré votre dernière phrase.
    Est-ce une boutade ?

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    1. Une boutade non, mais peut-être une référence à la guerre d'Algérie...

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  9. Ce qui est certain est qu'on ne risque pas de demander à Phemga de prendre la tête d'une commission de réconciliation franco algérienne.
    Je suis d'origine marocaine et chez moi on n'apprécie pas vraiment l'Algérie.
    Les relations ne sont pas bonnes et on ne s'en porte pas plus mal.
    Dieu l'a voulu ainsi.

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  10. Je suis algérienne et je ne vais pas vous reprocher de vous comporter comme une partie de mes compatriotes journalistes et autres mais ce genre de réaction que vous montrez ne facilitera jamais ce que vous appelez une réconciliation franco-algérienne.
    En tous les cas, vu vos propos, vous ne souhaitez certainement pas cette réconciliation.

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  11. Je comprends un peu votre réaction car effectivement, la fameuse boutade de François Hollande ne méritait pas cette mini crise diplomatique. Les algériens ont toujours eu une sensibilité à fleure de peau dès qu'il s'agit de la France. Le contentieux historique entre les 2 pays y est pour beaucoup.
    Mais contrairement à ce que vous pensez, la France et l'Algérie sont bien des pays amis, malgré les différents. Je pense qu'il existe une attirance réciproque très importante. Je reste persuadé que le temps finira par gommer les rancunes mutuelles. Aux hommes de bonne volonté, tout est possible et il en sera ainsi.

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    1. Parler de sensibilité à fleur de peau n'est pas assez fort à mon avis.
      Ici, il s'agit d'une allergie grave et difficile à soigner.

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  12. J'espère que cette histoire d'orgueil mal placé et de fierté surdimensionnée servira de leçon à Hollande et à ses ministres. Il y a des choses bien plus importantes en France que d'être obligé de perdre son temps à régler ce genre d'affaire qui, c'est vrai, n'existe pas entre des pays vraiment amis.

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  13. C'est bien envoyé, les moines de Tibhirine.
    Faites quand même attention de ne pas perdre votre tête ou pire, vos attributs masculins.

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  14. Si je pouvais me permettre une petite plaisanterie qui ne risque pas de coûter un nouvel incident diplomatique, je dirai ceci à nos grands amis algériens :
    On vous a rendu Alger, rendez-nous Marseille et tout le monde sera content.

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    1. Alors Olivier83, on joue les pyromanes?

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    2. Surtout qu'on n'appelle pas les pompiers.

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    3. Pourquoi rêver ?
      On est trop bien en France : le RSA - la CMU - les Alloc. etc (pas besoin de citer tous les nombreux avantages que reçoivent ces "ennemis" de la France)

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  15. Je constate que cette affaire n'a pas fait beaucoup de bruit en France.
    On en a très peu parlé.
    La peur des médias français de dire un bêtise qui vexerait de nouveau les algériens ou tout simplement une républicaine indifférence ?

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    1. Royale indifférence conviendrait mieux.
      Quant à Hollande, il est bien fidèle à l'image que lui donnent les Guignols de Canal+.

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  16. Ce qui est formidable sur ce blog que je parcours depuis plusieurs jours, c'est qu'il y a toujours de la retenue dans les commentaires, même lorsque les sujets sont très délicats. On sent un certain niveau d'éducation et d'instruction qu'on ne voit pas dans les blogs traditionnels où insultes et mépris se succèdent devant de tels sujets. Cela est tout à l'honneur du propriétaire du blog qui doit veiller au grain. Je me permettrai donc de le féliciter ainsi que ses fidèles lecteurs. Merci de montrer un tel exemple. C'est si peu courant.

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  17. On a un peu l'impression qu'entre l'Algérie et la France, la guerre n'est pas totalement finie.
    Ca rend forcément le climat malsain. Je suis persuadée que de très nombreux algériens et français regrettent cette situation où tout peut dégénérer pour des broutilles.

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  18. Permettez moi un peu d'humour (noir) dans ce monde de dingues.
    Les moines de Tibhirine n'auraient pas perdu grand chose si on leur avait retiré ce que vous appelez leurs attributs masculins. Ils n'étaient pas censés s'en servir, contrairement à leurs têtes.

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    1. Les voies du sAIgneur [sic] sont impénétrables !

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