mercredi 21 mai 2014

France : Cultiver la polémique de caniveau pour mieux exister dans la société






La France devient peu à peu la proie d'une nouvelle espèce d'individus, dont l'objectif majeur est de susciter la polémique à tout va, pour exister au sein de la société ou accroître sa notoriété.
Et pour ce faire, les moyens les plus fallacieux sont employés au détriment d'une morale qui, il est vrai, devient de plus en plus floue tant les repères s'estompent au fil du temps.
A l'affût de la moindre occasion pour provoquer la controverse, ces nouveaux inquisiteurs de la pensée, en mal permanent de reconnaissance, n'hésitent pas à placer leur niveau réflexion plus bas que terre, dans l'espoir que leur nom et leur visage soient projetés à la une des médias.
S'imposer à tout prix sur la scène médiatique, en véhiculant les plus grosses "conneries" qu'il soit possible d'imaginer devient un exercice courant.
Et pour ne rien arranger, ces braqueurs de la morale bénéficient de la complicité active d'une presse qui perd de plus en plus ses principes qui la différenciaient tant de certains médias anglo-saxons spécialistes des fosses septiques.

La dernière polémique au sujet de la Marseillaise que Christine Taubira n'a pas chanté lors de la cérémonie commémorant l'abolition de l'esclavage, en dit long sur les valeurs qui animent la prétendue élite intellectuelle française.
Elle est révélatrice d'une décadence morale de certains acteurs de notre société qui se complaisent dans la superficialité et la provocation, prouvant de fait qu'ils sont totalement coupés des intérêts et des réalités de la nation.
Je crois très honnêtement que le peuple de France se fiche éperdument que Christine Taubira ne chante pas la Marseillaise.
Elle n'est pas la seule dans ce cas puisque bon nombre de politiques font de même sans qu'il leur soit formulé le moindre reproche.
D'ailleurs, au moment où s'est jouée la Marseillaise, au cours de cette cérémonie, Monsieur Hollande et les personnages qui se trouvaient à ses côtés ne chantaient pas plus que Madame Taubira.
Chacun paraissait concentré sur le sujet du jour, à la limite du recueillement au regard de ce qu'ont représenté les souffrances irréparables de l'esclavage.
Aussi, sauf erreur de ma part, aucun texte de loi, aucune recommandation officielle n'obligent qui que ce soit à chanter l'hymne national.
Alors pourquoi s'en prendre spécialement au ministre de la Justice, particulièrement après cette cérémonie au contenu douloureux ?
Monsieur Copé, plus perfide que jamais et Madame Le Pen, dont on connait le sens poussé de la manipulation, nous ont concocté un bouillon infâme d'accusations gratuites, allant comme de coutume, jusqu'à demander la démission de Madame Taubira.
Le fait de trouver des arguments à la "mords-moi le nœud" pour attaquer et demander la démission de Madame Taubira, montre le peu de sérieux de certains responsables politiques dont on peut éprouver les plus grandes craintes à la perspective de les voir un jour tenir les rênes du pays.
Faut-il traduire dans les accusations perpétrées contre le ministre de la Justice un réel sentiment de xénophobie, comme certains l'affirment ou chercheraient à nous le faire croire ?
Je pense que Madame Taubira est avant tout victime de son comportement hautain envers l'opposition, même si elle a appris, au fil des mois, à contenir ses emportements fougueux qui l'ont desservie auprès des français.
Si Madame Taubira a représenté à mes yeux ce qui se fait de mieux en matière d'arrogance et d'intolérance, elle a parfaitement su tirer les leçons de ses erreurs de langage. 
Sa maîtrise comportementale actuelle est certainement contre nature mais se situe tout de même dans l'esprit républicain qu'on est en droit d'attendre d'un haut dignitaire de l'état, quelque soit sa sensibilité politique.

Dans l'art de tenter de provoquer la polémique pour mieux exister aux yeux des médias, le président du CRAN, Louis-George Tin, aurait sans doute des leçons à donner à tous ses congénères en mal d'existence et désireux de se montrer.
En essayant d'instrumentaliser l'histoire, il nous aura démontré que la "bêtise" n'avait décidément pas de limite et qu'en la matière, aucune frontière n'était infranchissable.
En se servant de la commémoration de l'abolition de l’esclavage pour demander réparation à des banques et à des familles bordelaises qui auraient joué un rôle central dans la traite négrière, le président du CRAN a quelque peu oublié que l'Afrique n'a pas attendu la France ou l'Europe pour pratiquer allègrement le commerce de l'esclavage.
Bien avant l'arrivée des occidentaux, des africains vivaient de ce commerce.
L'esclavage continue d'ailleurs de perdurer, en toute impunité, dans certains pays africains et ce, dans la plus totale indifférence du président du CRAN.
Ces faits n'exonèrent en rien les lourdes responsabilités historiques des occidentaux dans la traite négrière. 
Des entreprises, des familles ont sans aucun doute établi leur fortune dans ce commerce immonde.
Mais si nous commençons à demander des comptes aux descendants de ceux qui ont fait commerce de l'esclavage, il faudrait aussi rechercher sur tout le continent africain les familles issues de ces nombreux hommes, chefs de villages et autres roitelets qui, pour s’enrichir, n'ont pas hésité à vendre, aux négriers de passage, leurs propres frères, sœurs, fils et filles.
L'esclavage ne datant pas de la traite négrière mais de l'antiquité, voire au-delà, il faudrait également demander des comptes aux états et royaumes dominés par les divers pharaons, Césars et rois ayant jalonné l'histoire de l'humanité.
Il s'agirait alors de remettre en question la construction de la Rome éternelle et des pyramides égyptiennes, pour ne citer que ces 2 exemples.
Ceux qui ont œuvré dans l'élaboration des cités antiques et des innombrables monuments dédiés aux Dieux n'étaient pas tous des architectes ou des mathématiciens...
Combien d'esclaves sont morts pour entretenir la folie des grandeurs de puissants mégalomanes ?
Monsieur Tin, maniant le ridicule avec dextérité, aura donc profité de la célébration de l'abolition de l'esclavage pour montrer et rappeler qu'il existait dans la société.
Même les tartuffes ont voix au chapitre dans une démocratie !

En attendant, ce n'est pas avec des Copé et Le Pen, grands adeptes des Fourberie de Scapin, que la France retrouvera son prestige d'antan.
Nous vivons une bien triste époque dans un pays où l'honnêteté et la droiture d'esprit sont des valeurs de plus en plus désuètes.
Il y a des commémorations qui ne devraient souffrir d'aucune espèce de polémique mais au contraire susciter l'unanimité et la concorde, au-delà des antagonismes politiques.
Malheureusement, les ambitions des uns et des autres travestissent trop souvent les plus belles initiatives, même lorsqu'il s'agit d'entretenir le devoir de mémoire d'une nation.

17 commentaires:

  1. Tu ne t'exprimes plus beaucoup ces derniers temps mon vieux mais quand tu le fais, ça déménage.
    Je suis bien d'accord avec toi. On vit dans le monde de la manipulation des masses. C'est à celui qui sortira la plus belle connerie pour rester dans les mémoires. Il n'y a plus de respect pour rien. Chacun pour sa gueule et le monde va ainsi.

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  2. Bon je déteste Taubira mais quand même. Moi non plus je ne la chante pas la marseillaise et pourtant j'aime mon pays. On délire de plus en plus chez les politiques français. Copé et Marine Le Pen ne relèvent pas le niveau déjà très faible.

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    1. Phemga n'a parlé que de Copé et de Le Pen parmi les politiques mais la liste est bien plus longue.
      L'importance de l'abstention dans les votes prouve bien que les français n'ont plus confiance au monde de la politique. Ils sont fatigués par les mensonges et la désinformation. Pour faire le ménage il faudrait réintroduire la guillotine.

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  3. Voici la France qui m'indispose. Celle des politiciens à la morale vérolée qui tueraient père et mère pour parvenir à leurs ambitions. Quant au CRAN il est rempli d'individus qui n'ont pas plus d'éthique qu'un Copé ou une Le Pen. Tin fait plus de tort aux vrais opprimés qu'il ne les rassure.

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    1. L'important c'est de développer le plus possible sa capacité de nuisance pour faire parler de soi. Dans ce domaine Tin est un grand président.

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  4. Tin, il faudrait l'envoyer en RCA au nom de la France et des opprimés de la terre. Au moins il aurait un vrai job et il justifierait honnêtement son salaire.

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    1. Très bonne idée mais le gars serait bien inutile. Il passerait son temps à se cacher sous les jupes de Sangaris. Il est plus facile de s'attaquer à son pays que de protéger les opprimés là où ils sont vraiment opprimés, en zone de guerre.

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  5. On peut effectivement parler de décadence morale de ceux qui sont censés tenir les affaires du pays.
    Ce n'est pas très réjouissant et il n'y a pas de quoi se montrer optimiste pour l'avenir. La douce France de notre enfance est bien mal barrée avec ces sinistres personnages. On ne peut pas être étonné de voir cette France perdre son influence et son poids dans le monde lorsque la médiocrité est partout présente.

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  6. Tout ça est à pleurer. Tant de conneries porte vraiment atteinte à la dignité du pays. Ou sont passées nos valeurs républicaines ? J'ai parfois honte d'être français.

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    1. Je dirai qu'on peut avoir honte de certains français mais jamais d'être français. La nuance est importante. Tant que je ressentirai des frissons en entendant la Marseillaise que je ne chante jamais je serai toujours fier d'être français et tant pis si ça paraît ringard d'affirmer de telles choses.

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  7. Phemga, je vous salue. Vous vous faites trop rare...
    Quand on voit qu'un simple "allo quoi" peut faire d'une personne insignifiante une vraie star du petit écran on ne doit pas s'étonner de constater que ceux qui s'évertuent à cultiver la bêtise fassent la une des médias. On assiste à une dégénérescence de la société et à toutes ses formes de morale. Ce sont nos enfants et petits enfants qui seront les plus à plaindre.

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  8. Phemga si vous nous faisiez un article sur la traite de l'esclavage j'ai le sentiment que vous auriez beaucoup de choses à dire.
    Je pense que cultiver la polémique de caniveau n'est pas nouveau en France mais la méthode a tendance à se généraliser un peu partout. Cela nous montre bien que les politiques sont pourris. Plus on est pourri et mieux on est considéré. Le monde marche à l'envers.

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  9. Tous les procédés sont bons pour tenter de détruire l'adversaire politique. C'est aussi comme ça que ça se passe aux USA mais à un rythme encore plus élevé. Dans l'univers politique c'est souvent la loi du plus pourri qui l'emporte. C'est le système qui veut ça. On l'accepte et on tente de s'en sortir en employant les mêmes procédés, on le refuse et on fait un autre métier.

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  10. Si Tartuffe existait il prendrait surement conseil chez Tin. Quant aux fourberies de Scapin, Copé a depuis longtemps dépassé le maitre. Je n'aurais pas mis madame Le Pen dans le même lot. Avec elle c'est beaucoup moins drôle. Sa doctrine me fait plus penser à une éventuelle petite fille d'Adolphe, vous savez le type à la moustache ridicule.

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    1. La petite fille d'Adolphe a encore du chemin à faire, déjà pour rattraper son père. La dernière sortie du papa donne le frisson. D'après lui, "Monseigneur Ebola" pourrait régler l'explosion démographique en trois mois. Pour cultiver la polémique de caniveau afin de mieux exister dans la société, il n'y a pas mieux.

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  11. Ces histoires de gaulois fatiguent l'esprit. Il y a des choses plus importantes en France qu'un ministre qui ne chante pas l'hymne national. Si c'est seulement ça le problème de la France alors là-bas c'est le paradis.
    Pour ce qui est du type du Cran, celui-ci cherche à monter les gens les uns contre les autres. Il est aussi dangereux qu'une Marine Le Pen.

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  12. La politique c'est la loi de la jungle et tous les coups sont permis. Ceux qui ne supportent pas la pression ne durent pas. Nous savons bien que les politiciens tentent par tous les moyens de manipuler l'opinion publique pour s'attirer ses faveurs. Et pour cela, faire preuve de morale serait creuser sa tombe. Le président du CRAN n'est pas un homme méchant mais comme vous l'avez dit, il a besoin d'exister et donc de reconnaissance. Là encore tous les moyens sont employés pour parvenir à ses fins. La morale est une vertu dépassée depuis longtemps.

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