vendredi 20 juin 2014

Gabon : La pénurie de la honte !


Depuis deux semaines, le Gabon, grand producteur africain de pétrole, subit une pénurie d'essence sans précédent dans les annales.
Au départ, pour expliquer cette disette énergétique, tout le monde a pensé à une grève dans le secteur pétrolier.
Ce genre de grève que l'on observe dans des pays comme la France où, sous le moindre prétexte, on décide d'instaurer la pagaille en prenant en otage plus 60 millions de personnes.
Avec le temps qui est passé, on aurait souhaité qu'il en soit ainsi car au Gabon, au bout de quelques jours, les choses finissent toujours par s'arranger et tout serait rentré dans l'ordre.
Mais le mal est beaucoup plus important qu'un simple mouvement d'humeur.
Un mal que nous n'avons pas encore réussi à cerner véritablement, tant les mensonges et les rumeurs succèdent aux mensonges et aux rumeurs.
Il aura fallu une semaine après le début de la pénurie, à un haut responsable du gouvernement, pour daigner lever le derrière de son fauteuil et donner quelques explications aux médias.
Des explications foireuses et farfelues, qui ne nous ont nullement éclairés sur les véritables raisons pour lesquelles on se retrouve dans une situation aussi lamentable mais au contraire, qui nous ont plongés encore un peu plus dans la consternation.
Si ce haut responsable du gouvernement, comme tous ses collègues, ne brille pas par sa réactivité dans le feu de l'action, il manie sans complexe la langue de bois.
Les arguments évoqués pour expliquer la pénurie d'essence sont une véritable pantalonnade, une insulte à l'intelligence du peuple gabonais.
Selon son communiqué, les causes de cette pénurie seraient dues à l'ouverture simultanée de plusieurs chantiers de construction à travers le pays et à l'explosion soudaine du parc automobile.
Quand on sait que de nombreux chantiers sont à l'arrêt, faute de financements, on reste pour le moins dubitatif.
Aussi, ce brave Monsieur a sans doute oublié qu'en 2010 le pays avait lancé de vastes chantiers sur tout le territoire pour recevoir dignement la fameuse Can 2012.
Alors que l'honneur du pays était en jeu, à cette époque, aucune pénurie de carburant n'avait été enregistrée.
D'autre part, nous savons pertinemment que les entreprises en charge de la mise en œuvre des chantiers utilisent en priorité du gasoil, plus économique que l'essence.
Or, le gasoil ne manque pas encore dans les stations services, malgré la conjoncture du moment.
Quant à la prétendue explosion du parc automobile, une fois encore l'argument ne tient pas la route.
Il est bien évident que le nombre d'automobiles est en constante augmentation au Gabon, comme dans n'importe quel pays du monde, mais parler d'explosion du parc en l'espace de 4 années et rendre ce phénomène en partie responsable de la pénurie est d'une absurdité désarmante.
Devant tant de sottises débitées, on reste sans voix !
Si on se fie à la version d'un responsable de la seule raffinerie du pays, les vraies raisons de la pénurie seraient dues à une histoire de gros sous.
En effet, l'état gabonais devrait aux compagnies pétrolières des sommes colossales en matière de TVA.
Ces dernières auraient donc suspendu, ou considérablement ralenti, leurs livraisons de pétrole brut à la raffinerie.
Il convient naturellement de demeurer prudent quant à la crédibilité d'une telle information.
Cependant, lorsqu'un haut représentant du gouvernement se déshonore en racontant des bobards au peuple gabonais, tout porte à croire qu'il y a anguille sous roche et que l'état est sans doute directement responsable de cette pénurie qui pénalise les activités dans la capitale gabonaise.
En pendant ce temps, le gouvernement observe, sans broncher, le pays se débattre dans une pagaille gigantesque.
Les stations services de Libreville, ne sont plus approvisionnées en essence qu'au compte gouttes.
A chaque fois qu'un camion citerne se présente dans une station, celle-ci est systématiquement prise d'assaut par des centaines de véhicules.
Des bouchons énormes et des files d'attente interminables se créent à proximité immédiate des stations services. 
Dans ce capharnaüm indescriptible, où règnent l'incivilité et l'indiscipline, des bagarres régulières sont à déplorer et il faut parfois faire appel à l'armée pour ramener le calme.
Pour fournir du carburant à un maximum de personnes, la vente de l'essence est logiquement rationnée puisqu'il est livré entre 10 et 20 litres par véhicule, suivant les stations services.
Un marché parallèle s'est même créé, et comme d'habitude dans de telles circonstances, le malheur des uns fait le bonheur d'une minorité de petits combinards qu'on est parfois bien heureux de connaître pour se tirer d'affaire.
Et pendant ce temps là, certains dignitaires sont partis en villégiature au Brésil pour assister, sans aucune pudeur, à quelques matches de la coupe du monde de football.
Les coupures régulières d'électricité et le manque d'eau dans les foyers, associés à la pénurie actuelle d'essence, donnent une idée bien précise sur le sérieux et le niveau de compétence d'une prétendue élite à l'égo surdimensionné, dont l'inertie, l'improvisation et le "je-m'en-foutisme" sont une seconde nature.
Lorsqu'on accumule impunément de telles "vertus", comment ne pas désespérer de la nature humaine ?
A ce jour, personne ne sait combien de temps ce triste spectacle durera.
Le black out sur l'information est savamment entretenu depuis les insanités prononcées par ce haut représentant de l'état.
Même l'Union, le grand quotidien national à la botte du pouvoir, commence à s'émouvoir sérieusement du silence qui règne sur cette sinistre affaire, dont la durée est sans commune mesure avec ce que nous avons connu par le passé.
C'est là un signe qui ne trompe pas sur la gravité d'une situation insolite pour un pays producteur de pétrole.
" UN PAYS PRODUCTEUR DE PETROLE !! ".
Heureusement, la honte comme le ridicule ne tuent pas !

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28 commentaires:

  1. Il faudrait être maboule pour ne pas reconnaître que ce que vous dites est vrai. On ne peut pas lutter contre la réalité du pays et ceux qui le mettent dans cet état. Ca fait mal mais que faire ?
    Nous les petits nous sommes dans l'impuissance totale.

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  2. Un pays qui produit du pétrole en masse se retrouve en panne d'essence.
    C'est une histoire de fous. Quelle honte pour la nation.

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    1. Un moment de honte est vite passé et c'est heureux.
      La honte dure toujours moins que les impôts et comme l'écrit Phemga elle ne tue pas.

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  3. 54 ans d'indépendance pour en arriver là, c'est triste.

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    1. Résultat de la gabonitude.

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  4. D'un côté on construit des routes et quelques hôpitaux, donc le pays avance et de l'autre on pleure après l'électricité, l'eau et le carburant et le pays se met à reculer.
    Le Gabon est le pays du yoyo. Il vaut mieux en rire car on ne peut passer son temps à verser des larmes sur notre sort.

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  5. Cette situation est bien étonnante.
    Le Gabon produit du pétrole et n'a plus d'essence pour sa consommation locale.
    C'est un peu comme si en France, on annonçait qu'on n'avait plus de fromages à vendre.
    L'honneur du pays doit en prendre un coup.

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    1. L'honneur du pays ? De quel honneur vous parlez ?
      Ca se sont des mots d'occidentaux.

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  6. On dit que diriger c'est prévoir.
    Comme personne ne semble rien prévoir dans votre pays, le Gabon n'est pas pas dirigé.
    Ou alors très mal.

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  7. Phemga, les africains ne changeront jamais. Il ne sert à rien de se lamenter. C'est comme ça et il faut s'adapter et supporter. Vous savez comme moi que depuis plus de 50 années après l'indépendance, si ce pays avait été géré correctement et si d'autres ne s'en étaient pas mis plein les poches, le Gabon serait au niveau de Dubaï aujourd'hui. On ne refera pas le monde chez nous. On avance, on recule, on avance et on recule encore. Au final, on avance toujours un peu. Au rythme du Gabon, c'est tout.

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    1. Excellente réflexion cher Mabialjo. J'adhère totalement.
      Mais c'est quand même normal d'être désabusé par toutes ces négligences qui donnent une mauvaise image du pays. Derrière la façade, ô combien flatteuse, se cachent quelques casseroles dont on ne peut être fier. Oui, le pays avance toujours un peu, à son rythme.

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    2. La façade a de nombreuses brèches. Quand l'eau, la lumière et le carburant viennent à manquer, tout s'écroule. Face à la réalité qui s'impose à vous, mentir devient pathétique. Dans un gouvernement responsable, le ministre du pétrole valserait sans préavis. Il y a quelques pays qui l'enverraient même en taule.

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  8. Toute cette histoire est désolante pour un pays producteur de pétrole.
    Décidément il y a toujours quelque chose qui cloche dans le pays.
    Un jour c'est pas d'eau, un autre c'est pas électricité et maintenant il n'y a plus d'essence.
    L'émergence est semée d'embûches.

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  9. Le despérado Phemga a encore dégainé sa plume pour frapper le mauvais élève.
    Vu d'ailleurs, on a du mal à imaginer qu'un pays producteur de pétrole puisse connaitre une telle pénurie.
    C'est assez hallucinant et ça ne fait pas sérieux.
    Si les responsables politiques sont tous aussi peu performants, bon courage au Gabon.

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  10. Avec cette pénurie d'essence qui dure, le marché noir prolifère. C'est ce que vous appelez le marché parallèle Phemga. Des petits profiteurs sans scrupules essaient de nous racketter quelques milliers de francs pour nous servir quelques litres d'essence. Et comme nous n'avons pas toujours le choix, on rentre malgré nous dans un système de corruption qui risque de se généraliser si la crise perdure.

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  11. Je constate que vous avez omis d'indiquer la qualité de ce haut responsable du gouvernement qui prend les gabonais pour des imbéciles. C'est le ministre du pétrole. Il a surement été envoyé au front par son grand chef pour nous raconter des sornettes en attendant de trouver une solution au problème. Ce gars là, même bien mentir est au dessus de ses capacités.

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  12. Vous n'êtes pas tendre avec les responsables politiques du Gabon Phemga mais j'imagine que compte tenu des circonstances, il est difficile de vous jeter le pierre.
    Je trouve extraordinaire que le peuple gabonais soit capable de supporter les inconséquences de leurs dirigeants avec autant de calme. Chapeau !

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  13. Je vous souhaite bien du plaisir. Dans ce pays l'idéal serait de disposer d'une voiture à essence et d'une voiture au gasoil pour limiter les risques de panne sèche. A méditer à l'avenir. Si cela peut vous consoler, avec la grève de la SNCF en France, nous ne sommes pas toujours mieux lotis. Des millions de gens ont comme unique moyen de locomotion les petits trains de la SNCF. A chacun sa galère.

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    1. Solenza, au moins en France vous pouvez prendre le vélo pour vous rendre à votre travail. Ici à Libreville circuler en vélo serait comme vouloir se suicider. Les conducteurs fous et indisciplinés pullulent à chaque coin de rue. Et je ne vous parle pas de l'état de délabrement de certaines routes.

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    2. Ce sont les ministres du gouvernement gabonais à qui il faudrait donner un vélo pour les obliger à circuler en ville. Ils prendraient enfin conscience des réalités du pays. En tous cas ceux qui auraient survécu à l'expérience.

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    3. Vous avez raison mais il faudrait encore qu'ils sachent pédaler.

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  14. Je lisais un article dernièrement sur les problèmes de circulation à Libreville. Avec cette pénurie le trafic doit être devenu fluide et les gens qui circulent avec un carburant autre que l'essence doivent apprécier. Observation un peu égoïste mais bien réelle je pense.

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  15. Cette histoire fait vraiment désordre pour un pays qui a pour ambition principale l'émergence.
    Visiblement, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de prétendre à un tel statut.
    Patience donc et surtout, courage aux gabonais qui subissent cette pénible situation.

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  16. Se fiche de la tête des citoyens est aussi une seconde nature chez nos hommes politiques.
    Je ne sais pas si ce sont les tentatives de manipulation par le mensonge ou si c'est nous prendre pour des imbéciles heureux qui est le plus humiliant.

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  17. Le Gabon, c'est la vie de château.
    Peu d'eau, sans électricité et pas de carburant, c'est comme ça qu'on vivait au moyen âge.
    Pardon, je ne suis pas sympa de faire de l'humour pendant cette délicate période.

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    1. Nous allons bientôt devoir importer des bourricots et des dromadaires pour remplacer nos voitures garées à la maison.

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    2. Personnellement, le dromadaire conviendrait mieux à ma condition sociale.
      Le bourricot ce n'est pas très classe pour aller avec mon costume cravate, mon iphone et ma rolex.

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    3. Bande de pagailleurs, c'est en trottinette que vous allez bientôt rouler.

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